Les remue-méninges de Mai et Juin 2019

Après avoir allègrement zappé les remue-méninges de mars et avril initialement prévus, me voici de retour avec une belle récolte accumulée ces derniers mois… On y trouvera des remue-méninges écolo — avec notamment une réflexion sur l’existence d’une écologie de droite —,  un résumé de la bataille médiatique qui oppose de manière croissante la cause animale et ses détracteurs (un feuilleton loin d’être terminé si l’on en croit la parution toute récente de nouveaux livres d’Ariès et Porcher, mais aussi d’un Livre noir du véganisme), une poignée de réflexions féministes, un peu d’actualité des luttes sociales et des propositions politiques, et enfin une sélection de contenus antiracistes qu’il me tenait à cœur de partager .


Glanage écologiste du mois

Colibris et privilèges ♦ C’est une thématique qui revient souvent par ici : la place des petits gestes écolo, l’articulation entre échelle individuelle et collective. J’espère que vous n’avez pas manqué l’article de Pauline, Critique d’une écologie privilégiée ! Il est cité aux côtés d’autres ressources dans cet article du blog Qu’on se le dise, qui propose une synthèse de ce débat entre « colibrisme » et « politisme » (et je suis citée à la fin, ce qui me fait évidemment très plaisir). Pour enfoncer le clou, on pourra lire cette interview pertinente de la sociologue Sophie Dubuisson-Quellier, spécialiste de la consommation engagée.

Lénine et les montagnes ♦ Dans la revue Période, un texte aborde le rapport des bolcheviks à la nature. Il y est question de promenades solitaires ressourçantes, de gestion des forêts, de neige, et d’un renard chanceux. (Une jolie lecture, qui incarne bien ce que j’attends d’un « remue-méninges » : sans forcément partager toutes les analyses, on aborde une réalité — ici la révolution bolchevik — sous un angle inhabituel).

La neige est le temps révolutionnaire par excellence. Nul autre climat n’a la capacité de transformer en une nuit un paysage entier

 

Riz fumant ♦ On a bien en tête l’impact environnemental de la production de viande. Mais certaines productions végétales sont de fortes émettrices de gaz à effet de serre. C’est le cas des fleurs coupées, les roses en particulier, mais aussi… du riz. Les rizières sont en effet la cause d’émissions de méthane et de protoxyde d’azote, (article original et étude citée). Des pistes sont explorées pour stabiliser le niveau de l’eau et réduire cet impact.

Double peine ♦ Aux États-Unis, mais aussi en France, les prisonniers sont particulièrement exposés aux pollutions, aux problèmes sanitaires et sont frappés de plein fouets par les catastrophes dites naturelles (pour lesquelles on ne se préoccupe pas toujours de les mettre à l’abri, loin de là).

Les personnes incarcérées dans le sud-est des États-Unis redoutent la saison des ouragans, de début juin à fin novembre. Leurs conditions de vie se détériorent dramatiquement lors des inondations qui les accompagnent, et il est rare que leurs proches soient tenus informés de leur situation

Une droite écolo ? ♦ Le constat des accointances entre une certaine écologie et la droite réactionnaire n’est pas nouveau (pour la petite histoire, lorsque j’étais étudiante en sciences politiques, on avait organisé une conférence sur le thème L’écologie est-elle réactionnaire ? Nous avions invité Philippe Pelletier qui a commencé par souligner qu’il n’aurait pas fallu utiliser le terme écologie — mais plutôt écologisme — et peut-être pas le terme réactionnaire ! Il n’empêche, c’était intéressant).

Cet article de Libération met en garde vis à vis de ces droites dures qui s’emparent de « l’écologie intégrale ». C’est un sujet dont nous avons récemment parlé sur Twitter : il en est ressorti qu’il y avait une tendance à sous estimer l’existence d’une droite dure réellement anticapitaliste et écologiste… mais qui fonde son opposition sur des bases autoritaires voire fascistes, et teintées de paganisme réactionnaire (culte des ancêtres et compagnie). Je vous conseille vivement, si vous êtes sur ce réseau, d’y suivre le camarade Toinou qui a de super analyses sur ces questions : par ici par exemple !

Depuis la Revue Période

Carnistes déchaînés

Ariès partout, bonne foi nulle part ♦ Ces chers Paul Ariès et Jocelyne Porcher ne désarment pas… en fait, on les retrouve partout, à répéter toujours les mêmes arguments même lorsque des démentis factuels sont apportés. Mais il n’y a pas qu’eux ! La vigilance est de mise pour ne pas dépenser toute notre énergie à leur répondre dans le vide. Cela dit, des réponses argumentées, ça donne quand-même du grain à moudre et ça remue nos méninges !

On pourra ainsi lire (en français) sur le blog The Critical Vegan une réponse aux arguments concernant les liens entre véganisme, modification du vivant et capitalisme.

Elodie Vieille-Blanchard, présidente de l’AVF et autrice de l’ouvrage Révolution végane : inventer un autre monde, a répondu à Jocelyne Porcher sur la question de la viande in vitro.

La Revue Ballast a rebondi sur ces attaques pour défendre une vision de l’antispécisme comme politique d’émancipation.

Enfin, Thomas Lepeltier et Yves Bonnardel ont publié dans la revue L’Amorce une réponse détaillée aux critiques de l’antispécisme, rappelant aux passages quelques éléments pour comprendre la pensée antispéciste.

Et moi je me contente de râler sur Twitter avant de me rappeler d’aller bosser ma thèse, faute de quoi il y aura une sociologue en moins pour évoquer sérieusement le sujet. Sinon, j’ai publié en Mars une réponse à des arguments assez similaires (formulés par quelqu’un de moins obsessionnel qu’Ariès).

Zoopolis ♦ Miracle, au milieu de ce déchaînement, un article constructif ! À lire sur le site de la revue en ligne Terrestres (où l’on trouve décidément plein de bons articles) : Vivre avec les animaux : une proposition politique. Le texte est de Pierre Madelin, il est tiré de son ouvrage Après le capitalisme. Essai d’écologie politique. Il y défend l’idée que « la critique du spécisme doit devenir un élément indispensable de toute réflexion écologiste et anticapitaliste conséquente ». J’ai apprécié la nuance et la volonté de penser un projet concret de coexistence (avec des références à Zoopolis, comme souvent).

Libérer les animaux, ce n’est pas nécessairement les libérer de la société humaine, ce peut être aussi les libérer dans la société humaine

Sain rappel ♦ Enfin, un article bienvenu de Florence Dellerie qui appelle à cesser d’instrumentaliser les décès d’enfants dans le cadre de ces débats sur l’alimentation (d’un côté comme de l’autre).

Kevin Horan (depuis l’article de la Revue Ballast)

Les remue-méninges féministes

Instagram face au féminisme ♦ J’ai sélectionné pour ces remue-méninges deux articles qui traitent de l’ambiguïté de la plateforme vis à vis des contenus féministes. Entre censure et contenus ultra lissés, Instagram voit malgré tout émerger des communautés féministes soudées et un certain nombre de femmes y trouvent un espace plus serein et bienveillant que sur FB ou Twitter.

Constance Daulon a publié un article sur ces évolutions dans Slate et sur la résistance féministe au fonctionnement d’Instagram (il y a un peu de T’as pensé à dedans !). Plus récemment, Sophie de Tout est politique a donné son point de vue sur le sujet et expliqué pourquoi elle avait investi Instagram (je partage ce ressenti).

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👉 Petit rappel pour tous ceux à qui l'ex-maire du Havre, Luc Lemonnier, aurait pu donner des idées : l’envoi non sollicité de dicks pics est un délit ! . . . 💛 Merci à @curiosarama pour l’infographie ! — Texte figurant sur le visuel : « Envoi non sollicité de médias à caractère sexuel. Qu’il s’agisse des tristement célèbres dick pics ou d’un autre type de médias, plus de la moitié (53%) des jeunes femmes entre 18 et 29 ans rapportent avoir reçu des images explicites sans y avoir consenti. Ces envois intempestifs peuvent relever de l’exhibition sexuelle et sont alors passibles d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende. Ces agissements peuvent être répétés : ils s’apparentent alors à du harcèlement sexuel et sont punissables de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende. Source : Pew Research Center, « Online Harassment », 2014. #cyberviolence #exhibitionnisme #cyberharcelement #infographie #luclemonnier #havre #balancetonporc #nudes #loi #violencesfaitesauxfemmes

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Femmes esclavagistes ♦ Le fait de partager une condition, de subir la domination masculine, est une chose, cela n’équivaut pas à considérer que toutes les femmes partageraient  les mêmes caractéristiques, la même situation (encore moins qu’elles seraient toujours solidaires). Et à ce titre l’Histoire donne tort à Renaud : les femmes peuvent aussi être haineuses et meurtrières… et elles peuvent aussi perpétuer des oppressions.

C’est ce que montre cet article sur les femmes esclavagistes des États-Unis. Tirons les leçons de ces explications historiques : oui l’indépendance des femmes blanches s’est faite parfois avec violence et souvent au détriment des femmes noires, et des femmes des pays colonisés en général.

Lorsque les esclavagistes séparaient les mères esclaves de leurs enfants, elles ne s’imaginaient pas dans une situation identique, soutient Jones-Rogers. Elles se considéraient comme très différentes des femmes à leur service et pensaient que les relations avec leurs enfants n’avaient absolument aucun point commun avec celles de leurs esclaves.

Qui peut cuisiner ? ♦ J’ai écouté récemment le dernier épisode du podcast Plan Culinaire intitulé Pourquoi devrait-on aimer cuisiner ? Il se penche notamment sur l’aspect genré de cette tâche particulière, sur les pressions qui peuvent exister là dessus et sur le retour en force ces dernières années du « fait-maison » et autres photos de plats alléchants sur les réseaux sociaux (sur des comptes et blogs souvent tenus par des femmes, encore une fois). Cette écoute m’a fait penser à un entretien avec des sociologues  lu il y a quelques semaines, qui explique pourquoi cuisiner maison n’est pas accessible à tout le monde.

Why Home Cooking Isn’t Possible for Everyone – And What We Can Do About It

 

Esprit critique et sciences

Médecine vétérinaire« Et l’homéopathie sur les animaux, tu en dis quoi hein ? Là l’effet placebo ne fonctionne pas ! » Qui n’a jamais lu, entendu, ou pensé soi-même cette réplique ? Il se trouve que, justement, des choses à dire il y en a. Le blog Boules de fourrures a publié en février un article récapitulant les connaissances établies jusqu’ici concernant l’effet placebo observable sur les animaux de compagnie.

Esprit critique à l’école ♦ J’avoue saturer pas mal de la notion de Fake-news, car il me semble qu’elle donne une vision très binaire : soit une info est vérifiée, soit elle est fausse… Quid de la mauvaise qualité des informations, des biais dans le traitement d’évènements bien réels ? C’est un peu comme le fact-checking : ce n’est pas tout de savoir si un fait a eu lieu, reste à savoir comment en faire une analyse ou au moins un compte rendu de qualité.

Cette parenthèse refermée, il n’empêche que j’ai apprécié  la réflexion de Rachid Zerrouki : Que peut l’école face aux fake news ? Il traite plus largement du rôle de l’école dans la formation de l’esprit critique, des liens entre pensée critique et éducation aux médias, et de la nécessité de former les élèves à investiguer eux-mêmes plutôt que d’être des « consommateurs de fact-checking ».

L’enseignante californienne Joanna Petrone regrette la volonté de transformer une activité de réflexion en une série de reflexes mécaniques : « Les étudiants doivent comprendre le fonctionnement d’Internet et former un cadre de réflexion sur la vérité et le pouvoir » prévient-elle.

Slow opinion ♦ Sur le blog Les questions décomposent, une traduction d’un article initialement paru en anglais sur The vegan strategist. Par analogie avec la « slow food » entre autres, la slow opinion désignerait la volonté de prendre son temps pour se forger un avis, de résister aux injonctions à avoir une opinion précise et tranchée immédiatement. À certaines conditions (ne pas prendre cette approche comme un prétexte pour ne pas prendre position et rester dans une « neutralité » confortable), l’auteur et le traducteur considèrent la suspension d’opinion et le fait de prendre son temps comme nécessaires à la maturation d’une opinion plus solide et nuancée.

Bien ancrés ♦ Une illustration du biais d’ancrage :   Des psychologues de l’Université de Genève ont confronté un échantillon de personnes à des chiffres différents concernant le nombre de migrants que la Suisse pourrait accueillir : 1000 dans un cas, 100 000 dans l’autre. Il leur était demandé chaque fois s’ils estimaient que le nombre de personnes accueillies devrait être plus bas ou plus haut. Résultat : les chiffres proposés sont systématiquement plus hauts que ceux proposés, que ce soit 1000 ou 100 000 (même chez les sympathisants de droite)…  mais ils dépendent grandement du premier chiffre, et sont donc plus bas si l’on propose en premier lieu un chiffre très bas (comme 1000). En clair : si les discours politiques proposent certains chiffres, ces chiffres là vont rester la référence, même s’il s’agit de revendiquer la possibilité d’accueillir plus de monde… En Suisse, il y a donc des enjeux politiques dans les chiffres à mettre en évidence lors des votations

Ce principe étant relativement connu, les partis politiques peuvent s’en servir pour tenter de manipuler l’opinion publique en étant les premiers à transmettre des chiffres allant dans leur sens, précise la chercheuse genevoise. À nous de prendre en compte ce biais et de ne pas nous laisser influencer, d’autant plus sur des sujets aussi délicats que l’immigration !

Sciences sociales en péril ♦ On n’a plus à présenter la catastrophe que représente l’arrivée au pouvoir de Bolsonaro au Brésil : pour les droits humains, pour les luttes sociales, pour les femmes, pour les peuples autochtones… Mais ce gouvernement autoritaire fait aussi planer une menace sur les science sociales, manifestement gênantes.

Weleda, pas si doux ♦ Weleda, c’est cette marque de produits bio (en fait issus de la biodynamie) qui sentent bons et paraissent bien inoffensifs. On sait moins que cette entreprise de cosmétiques et produits pharmaceutiques est liée à l’anthroposophie… et qu’elle déploie parfois des procédés aussi peu éthiques que scientifiques. Comme commercialiser des produits inefficaces prétendant guérir le cancer.

Depuis Sciences et Avenir, article de Olivier Hertel

 

Luttes sociales

Mouvement de grève aux USA ♦ Une grève victorieuse, ne boudons pas notre plaisir ! Ce serait dommage de ne partager que des contenus sombres, quand-bien même la situation globale ne donne pas vraiment de quoi sourire. C’est à Los Angeles que les enseignant·es en lutte contre la privatisation de l’éducation, largement soutenus par les parents d’élèves, ont obtenu gain de cause sur leurs revendications.

Nouvelles exploitations ♦ En février dernier, le premier ministre avait évoqué la possibilité de demander des « contreparties » en échanges de certaines aides sociales. Rebondissant sur cette récente déclaration, la Revue Ballast a publié un entretien avec Maud Simonet, sociologue du travail. Elle étudie les formes de travail gratuit, non rémunéré ou non reconnu et leurs évolutions contemporaines : travail domestique, stages, bénévolats, etc.

Dans le monde associatif, bénévole ou volontaire, on retrouve cette idée que ce n’est pas du travail mais de l’engagement. On pourrait appliquer ça aux stagiaires — ce n’est pas du travail, c’est de la formation —, mais aussi à toute une série d’activités qu’on regarde comme des loisirs, des passions : c’est l’enjeu du travail sur Internet, où on dit qu’untel écrit un blog parce qu’il est passionné.

Exactions ♦ On entend un peu plus parler des violences policières, mais force est de constater que ça ne fait pas souvent les unes des grands médias… Le 1er mai a encore donné lieu a des violences proprement hallucinantes, même lorsqu’on ne se fait pas d’illusions sur l’institution répressive qu’est la police : un étudiant a été frappé à l’intérieur même de sa résidence CROUS, dans la Pitié-Salpêtrière ! Si ce sont surtout les violences en manifestation qui ont été médiatisées ces derniers temps, notamment grâce au travail de recension de David Dufresne, n’oublions pas cependant que les quartiers populaires sont malheureusement confrontés aux violences policières depuis longtemps, sans que ça n’ait beaucoup ému…

Et tandis que les membres du gouvernement ne ratent pas une occasion d’affirmer qu’il y a eu peu de violences et surtout « aucun mort », n’oublions pas non plus que Zineb Redouane est morte après avoir été touchée à sa fenêtre par un tir de grenade lacrymogène : à lire, un entretien avec sa fille paru dans Ballast.

Pas égaux devant la mort ♦ Cela vous paraîtra peut-être évident, néanmoins cela ne fait pas si longtemps que des enquêtes sont sérieusement menées sur le sujet : les pauvres vivent moins longtemps et sont exposées davantage à certaines morts violentes, pour bien des raisons. Insalubrité, exposition aux pollutions, accidents de la route, moindre prise en charge des infarctus, suicides… Cet article de France Culture analyse les conséquences des inégalités sociales sur l’espérance de vie et balaie au passage quelques préjugés de classe. J’ai lu ça avec une petite boule au ventre, je dois dire.

Mais les inégalités ne se bornent pas à la mort qui survient. Ce que pointent les chiffres de l’INSEE dépasse la seule espérance de vie, pour intégrer désormais un autre paramètre : l’espérance de vie en bonne santé. Or ces chiffres-là révèlent davantage d’inégalités encore.

Que faire ? ♦ Théo Roumier, syndicaliste et membre d’Alternative libertaire, a publié sur son blog Mediapart une synthèse d’une belle clarté après les élections européennes. Il y appelle à ne pas rendre responsable les abstentionnistes de la montée de l’extrême droite, un discours récurrent qui constitue une impasse toujours plus grande, et à ne pas s’embourber dans une quête illusoire d’une « union de la gauche » électoraliste qui nous sauverait. Il s’agit bien plutôt de prendre en compte un « contexte réactionnaire entretenu par des politiques autoritaires, racistes, islamophobes depuis des dizaines d’années » et de mettre en œuvre urgemment des solidarités « tangibles, immédiates, concrètes« . Je vous laisse lire ça.

Antiracisme : apprendre, remettre en cause

Pas mieux avant ♦  Les années 70 et 80, et mêmes les années 90 en France nous sont parfois présentées par nos parents et grand-parents comme idylliques… « Ah en ce temps là on savait vivre ensemble, il n’y avait pas de communautarisme ! »  Vraiment ?  Pourtant les années 70, c’est aussi les « ratonnades de 73« , une série d’agressions et meurtres racistes qui a duré en fait bien plus d’années, sur lesquelles revient cet article qui m’a vraiment bouleversée… On pourra aussi visionner ce reportage.  Le racisme de ces décennies était au moins aussi décomplexé qu’aujourd’hui, voire plus si l’on en croit les clips ultra racistes qui pouvaient être diffusés dans le Top au début des années 1990 (je ne poste pas ce que j’ai trouvé, faut mieux pas).

Durant les années 70, les immigrés nord-africains installés en France subirent une série de crimes dans un climat de rejet mis en œuvre à leur encontre. Érigé en politique d’État, ce rejet trouva un écho dans la police, la justice, les entreprises et les médias. Ouvriers pour l’écrasante majorité d’entre eux, les « nord-africains » ripostèrent par l’organisation de grèves et de mouvements de contestation qui nous éclairent sur la situation politique actuelle.

Blanchité ♦ Parce que le fait d’être blanc constitue dans nos pays la norme par défaut, l’universel, on ne l’interroge pas. Pourtant, la « blanchité » a une histoire. C’est cette histoire qu’a écrite l’historienne états-unienne Nell Irvin Painter. En France, c’est un des sujets de recherche de Maxime Cervulle.

Nell Irvin Painter

 

Masculinités asiatiques ♦ Pour tout vous dire, je ne l’ai pas encore écouté au moment où j’écris mais nul doute que je le ferai prochainement : le dernier épisode des Couilles sur la table se penche sur les masculinités asiatiques et notamment sur les stéréotypes racistes qui concernent les hommes asiatiques.

Autodéfense contre l’antisémitisme ♦ Dans les articles parus en mai sur le site de la Revue Ballast, on trouve cet entretien avec le collectif Juives et Juifs révolutionnaires, que j’ai trouvé vraiment éclairant. Il est absolument nécessaire de se former un minimum à ces questions pour lutter contre l’antisémitisme et sa banalisation, la lecture de cet entretien en est une porte d’entrée.

Pour nous, l’antisémitisme est un des avatars du système raciste, une des formes que prend le racisme, et il n’a rien de résiduel. C’est une forme qui possède bien sûr des particularités spécifiques, qui expliquent notamment que certains et certaines peinent à l’identifier aujourd’hui : il se fonde sur la racialisation d’une identité religieuse (comme l’islamophobie) mais, à la différence des autres minorités racisées, les Juifs et Juives sont présenté·e·s comme détenant le pouvoir et l’argent, donc comme pseudo-classe dominante

 


Et vous, avec quoi avez-vous remué vos méninges ? 

 

 

 

29 réflexions sur “Les remue-méninges de Mai et Juin 2019

  1. Salut 😊. Je vie seulement en pacificateur. Donc je laisse de côté les causes divisées. Un jour peut-être saurons nous vivre dans l’entraide sans mettre une étiquette sur tout.
    Concernant la souffrance animale, ma thèse m’a fait rencontrer une femme extraordinaire. Si les destinées animales te préoccupent, je conseille la lecture de son livre.
    Cette personne s’appelle Anne-Yvette Peyrard, préface de péma Wangyal Rinpoché. Les droits d’auteur sont reversés à Rinpoché Foundation pour la protection et la libération des animaux. Tu trouveras tous les liens sur mon blog (article esprit des fleurs).
    Je reste particulièrement à l’écart des réseaux sociaux deshumanisants. Du coup, pour discuter, je suis toujours en face à face.
    L’autre fois tu étais sceptique sur les 80% de communication non verbale. Alors en fait c’est largement étudié depuis de nombreuses années, surtout dans les grandes écoles de commerce et en politique.
    Je suis sur 2 thèses dont une en médecine naturelle en collaboration avec la faculté de westbrook et le constat vétérinaire sur l’utilisation des plantes médicinales par les animaux mérite réflexion.
    Je

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    1. Je t’avoue que la qualité de ce qui est enseigné dans les grandes écoles de commerce, je suis méfiante… (cf cet article par exemple https://www.monde-diplomatique.fr/2018/12/MIDENA/59326 )

      Mais si tu as des données plus précises sur le non verbal je l’examine volontiers, ce n’est pas ma spécialité donc jusqu’à présent j’ai fait confiance à des personnes qui sont dans le domaine de la recherche en communication, et dont je connais la rigueur scientifique. Je peux changer d’avis si je lis autre chose (même s’il me semble qu’au mieux on parle de toute façon de moyennes, car la nature des échanges est tellement variable que je serais très surprise qu’il y ait invariablement un pourcentage donné de l’un ou l’autre !). Bref n’hésite pas à me partager ce que tu as lu sur le sujet, mais je peux difficilement changer d’avis sans source scientifique 🙂

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      1. Merci beaucoup pour cet article très intéressant. Je vais piocher.
        En fait, je ne souhaite pas te faire changer d’avis. C’est simplement une réflexion sur la communication et pour moi, le partage est enrichissant.
        J’aime beaucoup le travail de Linda Kohanov et elle a longuement étudié ce langage non verbal dans son livre « comme les chevaux, ensemble et puissants ».
        C’est d’ailleurs la communication animale qui nous oblige à revoir notre prétendu savoir. Sur le terrain c’est vraiment bluffant, une expérience à vivre.
        Tu peux aussi te faire une idée sur les recherches de Pierre Roubertoux : existe-t-il des gènes du comportement ?
        J’ai longuement étudié la psychologie des violences collectives (Françoise Sironi) ainsi que le harcèlement parental qui montre comment ces parents donnent verbalement une information accompagnée d’une contre information gestuelle. Il y a des études écrites mais j’ai suivi ces enfants en thérapie et il me fallait être blindée pour recevoir parallèlement le parent manipulateur. C’est épuisant de toujours rester très concentré sur ce double langage.
        Aujourd’hui je m’y interesse surtout pour la communication animale. C’est subtile et je fais donc des vidéos si tu as du temps à passer sur le sujet.
        Disons que ça me permet d’aider un peu la cause animale tout en enrichissant ma thèse.
        J’ai aussi rencontré un Japonais qui étudie notre langage physique avec les arbres
        Au Japon, le bain de nature fait tomber le stress, participe à une meilleure santé et son travail est suivi par des médecins qui donnent des résultats scientifiques vraiment passionnants. Parce-que faire chuter le taux de cholestérol avec des promenades en forêt, ça peut surprendre quand-même.
        Il est venu samedi pour une sortie/conférence orientée sur les troubles cardiovasculaires. J’étais malheureusement indisponible. Je te retrouverai son nom.
        Au fait, quel est le sujet de ta thèse ?
        Allez je file. L’éthologie, c’est dehors et je n’ai aucun réseau dans la montagne. Je te souhaite une bonne journée.

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      2. Merci de ta réponse ! J’irai voir tout ça (je précise que je trouve la question du langage non verbal très intéressante, et l’éthologie n’en parlons pas c’est passionnant ! c’est juste sur cette histoire des 80% que je suis sceptique)

        Moi je suis en thèse de sociologie, je travaille sur la cause animale et ses différentes pratiques 🙂

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      3. Ah mais c’est super ça. Nous pouvons donc être complémentaires avec des approches différentes pour une cause. Oui le pourcentage du non verbal, je n’ai jamais trouvé comment il a été calculé…
        J’ai retrouvé l’immunologiste du département d’hygiène et de santé publique de l’Université de médecine de Tokyo.
        C’est le Dr QING LI et son art de la science du bain de forêt s’appelle SHINRIN YOKU.
        Si un jour tu veux observer les animaux dans leur environnement, tu seras la bienvenue. Ils ont tellement à nous apprendre 😉.

        Tu auras même l’occasion de sauver des vies. Moui, j’aime bien embêter les chasseurs.
        Encore merci pour l’article sur les écoles de commerce. Je l’ai offert à mon père pour la fête des pères (HEC psychorigide). A bientôt.

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  2. Oups…. Sabrina Krief, primatologue et vétérinaire a découvert que les chimpanzés utilisent une plante amère mêlée à de l’argile rouge pour faire des pansements gastrique. Il a ainsi développer une immunité, limitant la charge du parasite du paludisme dans leur sang.
    Les travaux sont passionnants.
    De même que mon étude sur le rituel alimentaire du cheval sauvage dont l’espérance de vie dépasse 35 ans (à peine 20 ans pour un cheval en captivité….).
    Je laisse les deux chevaux dont je m’occupe en liberté deux fois par semaine. Je découvre de nombreuses plantes aux vertus oubliés. Mais la consommation de ces plantes explique l’absence de maladie chez ces chevaux alors que ceux des Paddock voisins ont des traitements chimiques à longueur d’année.
    Mais comme il y a toujours un intérêt financier, un cheval en pleine forme, ce n’est pas intéressant (en réalité, ils sont 15, sachant qu’il n’y a aucune intervention humaine sur les 13 autres en dehors des périodes de chasse. Parce-que bien sûr, si je les vois, je fais mon possible pour acheter le cheval visé au poids de la viande).
    Autre sujet écologique, les déchets dans la nature….tout le monde parle écologie mais quand nous faisons du ramassage, ben on se retrouve à 5 personnes maximum….
    En ce moment je travaille aussi sur la protection des sols, le sur-paturage et je fais du foin manuellement. Ben pareil, pas de volonté de réduire l’utilisation du tracteur.
    Je suis d’accord avec Aurélien Barrau quand il dit que nous avons les gouvernements que nous méritons.
    Personne n’est prêt à sortir du petit confort qui pourtant, fait le malheur de tous ceux qui se plaignent.
    Bonne continuation. Si tu souhaites approfondir ta bibliographie, j’ai une bibliothèque variée. Bon weekend à toi.

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    1. Ah oui je me souviens être allée voir une expo au Muséum il y a deux ou trois ans, sur les grands singes, et il y avait une série de plantes exposées avec des explications sur leurs usages par les chimpanzés et bonobo ! et elle avait participé à l’organisation de l’exposition, c’était passionnant.

      Merci à toi d’avoir pris le temps de commenter par ici, passe une belle fin de soirée

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    2. 35 ans pour le cheval en liberté ? C’est plutôt 15 à 20 ans, moins qu’un cheval en captivité bien soigné.
      Le fait que la moyenne ‘âge des chevaux en captivité est basse est due à l’abattage qui fait baisser sérieusement la moyenne, surtout les 4/5 ans chez les trotteurs qu’on envoie au couteau.

      Sinon, nos chevaux, même exploités jusqu’à leur 18/20 ans vivent plus vieux que ceux dans la nature … !

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      1. J’imagine que ça dépend aussi comment est défini « en liberté », est-ce que ça prend en compte les populations en semi-liberté mais avec un suivi vétérinaire par exemple… Ce serait intéressant de se pencher là dessus (de manière générale les troupeaux d’animaux sauvages semblent vivre moins longtemps, j’y ai pensé aussi… ça dépend vraiment de ce qu’on compare, est-ce qu’on compare avec l’élevage, avec des animaux bichonnés à fond…!)

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      2. Moi je n’ai trouvé que des études qui datent des années 90, étonnamment j’ai du mal à en trouver d’autres, et les résultats sont pas si évidents vu que ça dépend de quelle « captivité » ou « domesticité » on parle (et pareil de quelles conditions de vie « libres »)… donc si l’une de vous a d’autres sources ça m’intéresse

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      3. J’ai des observations faites par différents ethologues dans le monde. Les chevaux à l’état sauvage sont situés majoritairement aux USA pour les Mustangs, en Australie, dans les steppes pour le seul cheval réellement sauvage, le Prévalski (orthographe à vérifier) et quelques rares troupeaux en France.
        Ces observations montrent des chevaux de plus de 35ans, parfois même plus vieux. Sur le troupeau que j’étudie, la plus vieille avait 35ans à plus ou moins 2ans. Ces chevaux ne sont pas pucés. Pourtant, ils sont tirés au fusil par l’équipe de chasseurs local, mais le cheval sait se cacher.
        Les Mustangs sont particulièrement résistants. C’est d’ailleurs pour ça que le gouvernement Américain les extermine actuellement avec du matériel militaire. Ces Mustangs vivent soit disant sur des sols qui devraient être exploités pour le pétrole….. Je n’ai pas d’études précise pour l’Australie.
        Pour les chevaux de club, donc au foin toute l’année, souvent en box ou en Paddock, les conditions de vie sont déplorables. Ils sortent de leur boîte pour sauter des barres et aller en compétition. C’est très loin des besoins fondamentaux du cheval et ils vivent rarement plus de 20 ans. Les coliques foudroyantes, torsions de l’estomac et blessures liées aux activités…. chaque année les dermites, pourritures de fourchettes et n’oublions pas les fers posés à chaud.. c’est ignoble et finalement, peut être est-ce préférable pour eux de mourir. J’ai fait une année de stages un peu partout pour observations : c’est un enfer. Il y a quelques exceptions mais bon.
        Donc il y a longévité et conditions…. voudrait on végéter dans un mouroir ?
        En ce moment, je suis en milieu agricole. De ce que je peux voir, les chevaux ont des prés immenses, ont une alimentation d’herbivores et travaillent au rythme de l’homme qui les accompagnent. En traction animale, l’homme travaille plus en équipe avec l’animal. Le plus vieux cheval a 35ans et il vit au pré toute l’année. Il continue à buter les patates une fois par an. Je suis allée le voir, il est en forme pour son âge.
        Difficile d’avoir des données fiables. L’IFCE n’est pas capable de recenser la population équipe (heureusement pour les troupeaux sauvages) et donne les infos avec frilosité.
        Effectivement, les chevaux de course sont complètement épuisés et cassés à 4ans et partent donc en boucherie quand ils ne rapportent plus de fric. Ce milieu ne devrait même pas exister tellement ces pauvres chevaux, dopés à l’avoine vivent dans un stress inacceptable. Côté exploitation….bon c’est vraiment attroce.
        De toute façon, on parle des conditions de détention du cheval, tout est dans le terme.
        Pour la domestication, le cheval se rapproche de l’homme s’il y trouve un confort et un peu de sécurité. Tout dépend ensuite des conditions de vie.
        D’un côté, les chevaux élevés pour la compétition ne sont que des marchandises.
        Et puis tu as un autre monde : les randonneurs. Ils marchent avec leur cheval et sont rarement dessus.
        Les chevaux sont faits pour marcher 10 à 20km par jour. Difficile quand il est enfermé dans un box.
        Je vais essayer d’obtenir des études récentes par mon Directeur de thèse. Si j’arrive à avoir quelque chose de fiable, je le publierai pour info.
        En fait, il faudrait plusieurs études et plusieurs organismes à mon avis.

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      4. Merci c’est très intéressant. Pour les observations sur les chevaux sauvages, on a donc l’âge des chevaux observés, mais des infos sur le taux de mortalité seraient peut-être nécessaire ? (je pense à ça car on entend parfois de tels arguments pour les humains, regardez ils étaient plutôt en bonne santé à telle époque sans médicaments… mais faut voir combien n’arrivent pas jusque là). Merci beaucoup pour ta réponse en tout cas !!

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  3. Merci pour toutes ses sources ! J’ai quand même passé plus de 4h sur ton article et les liens (même si j’ai pas tout lu), ton article porte donc bien son nom !

    Déjà, merci pour ton article sur les prisonniers plus vulnérables face au changement climatique. Que les administrations puissent l’utiliser aussi comme moyen punitif… C’est d’un cynisme absolu.

    Quand Philippe Pelletier dit que si on est surpris qu’il soit anarchique, c’est qu’on l’a mal lu… C’est tout à fait possible ! Ceci dit, les deux livres que j’ai lu de lui sont loin d’être majeurs dans sa bibliographie sur le Japon, je pense, donc je ne me sens pas coupable. Son interview (très intéressante au passage) et un autre des articles que tu as linké m’interroge sur un terme : pourquoi, dès qu’une personne dit qu’elle mange de la viande, où qu’on désigne une personne qui en mange, on dit qu’elle est carnivore ? Ca me paraît n’avoir aucun sens, vu que nous sommes tous omnivores… Et pour la différence de choix alimentaire, il y a végétarien/vegan et carniste (même si ce terme ne fait pas l’unanimité apparemment). J’ai loupé un truc ?

    Et je trouve ça assez gonflé des mangeurs de viande de nous accuser de tous les maux pour la viande in vitro… alors que c’est des mangeurs de viande qui l’ont probablement inventé, non ? Les végé/vegans n’ont pas besoin de ça pour s’alimenter… J’espère ne pas avoir l’air sévère :/

    Pour les femmes esclavagistes, je ne suis pas étonnée. Je ne l’ai pas encore lu, mais le livre « Penser la violence des femmes » aux éditions La Découverte traite de la violence des femmes, donc hein…

    Je suis toujours mitigée sur l’homéopathie, mais je pense aussi que je suis influencée par une vision positive de ça dans ma famille… Pour ce que dit ton article, il me semble que Martin Winckler l’avait exprimé brièvement dans un article de son blog qui date du début des années 2000 (hum).

    Je ne connaissais pas Weleda, vraiment des gros connards, merci pour l’article.

    Et merci aussi pour l’article sur le travail gratuit… et bien d’autres… J’ai un peu le cerveau à l’envers mais ça ira mieux dans quelques minutes.

    Tu as rajouté le livre sur l’histoire des blancs à ma wish-list… Bref, super travail ! Ca doit te prendre un temps fou de faire un tel article 😮

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    1. Merci beaucoup, ça me fait super plaisir que tu aies pris le temps de piocher dedans ! Je me retiens de ne pas en mettre encore davantage aha, en fait ça ne me prend pas tant de temps que ça (un peu à la fin pour mettre en page le tout), j’essaie de garder le réflexe de rajouter un lien au brouillon de l’article quand un article m’a paru à la fois intéressant et accessible pour un public large (pas des articles de sociologie ultra pointus par exemple)… ensuite à la fin je fais un tri si certaines thématiques sont redondantes ou si j’ai changé d’avis sur des contenus par exemple.

      Pour Pelleter, c’est moi qui ait fait l’interview pour Ballast, il est très sympa mais clairement on a des désaccords importants sur le cause animale ! (et je suis d’accord sur l’usage du terme carnivore, surtout que personne ne mange seulement de la viande… mais récemment quelqu’un sur twitter me faisait remarquer que cela dépendait de l’interprétation : est-ce qu’on considère que « carnivore » c’est un régime dans un contexte donné, ou est-ce que ça désigne une catégorie d’animaux…? Par ex lui considérait qu’un chat qui mange végétalien et végétalien de fait, qu’il soit carnivore ou non dans la nature. J’ai pas tranché la question mais c’est intéressant)

      Sur l’homéopathie, pour moi ça pose surtout la question de la place qu’on veut donner aux effets contextuels/placebo, et de la transparence… le problème de l’homéopathie c’est pas dans l’absolu le fait que ça fasse appel à ce genre de mécanismes, c’est que les labo fassent croire que ça repose sur des recherches scientifiques sérieuses !! (et que ce soit vendu ultra cher pour ce que c’est, dans du plastique, en se faisant passer pour autre chose). Donc ça enrichit un labo privé, Boiron en l’occurrence, sur des pseudo théories fumeuses, c’est ça qui est assez insupportable. Autant rembourser des accompagnements qui ont recours à la méditation, hypnothérapie etc, je serais largement davantage pour en fait…

      Merci encore, belle soirée !

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      1. Ah oui ? Il est vachement long ton article, du coup je me posais la question…

        C’est possible un chat qui mange végétarien ? De par sa nature de carnivore, ce n’est pas dangereux pour lui ? :/ En tout cas, je t’envie de lui avoir parlé, héhé. Tu bosses pour Ballast ?

        Oui, pour l’homéopathie, je suis assez d’accord avec ton raisonnement. J’aimerais juste qu’on arrête de se moquer de nous… Je me suis majoritairement soignée avec de l’allopathie, mais les quelques fois où j’ai utilisé de l’homéopathie, ça m’avait bien aidée… et c’était un peu le but d’ailleurs ! Je me souviens que tu avais parlé de recettes maison au lieu d’enrichir les labos, je sais pas si ça se fait, mais je vais aller voir ! Comment ça se fait que l’effet placebo soit aussi fréquent avec l’homéopathie ? A chercher aussi, ça…

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      2. Je « bénévole » pour Ballast aha mais je n’ai pas énormément de temps à y consacrer en ce moment malheureusement…

        Sur les chats : peu d’études sont disponibles sur les conséquences à long terme, on a des exemples de chats véganes qui après une dizaine d’années ont l’air d’aller bien (avec des préparations supplémentées en vitamines et nutriments essentiels), mais on sait aussi qu’un tel régime (tout comme de mauvaises croquettes carnées par ailleurs) favorise par exemple les calculs rhénaux chez les chats castrés… Donc c’est tâtonnant on va dire. C’est pas l’alimentation optimale du chat, mais certaines personnes vont considérer que c’est le meilleur compromis éthique dans l’état actuel des choses. Moi j’ai pas d’avis vraiment tranché à ce sujet je dois dire, mais j’essaie de lire les études qui sortent pour y voir plus clair

        Pour l’homéopathie, je pense pas que l’effet soit plus fréquent ou plus fort qu’avec autre chose, c’est surtout que c’est davantage vendu et prescrit, et présenté par les pharmaciens et parfois les médecins comme efficace.. donc y’a des chances qu’on se tourne vers ça en leur faisant confiance. Ceci dit, y’a même une partie des cas où ce n’est même pas exactement ce qu’on appelle « effet placebo », quand des personnes par exemple disent que c’est allée mieux « en deux ou trois jours » alors qu’elles avaient chopé un truc bénin… ben en général c’est le temps moyen pour se sentir mieux, donc on attribue aussi facilement à l’homéopathie (ou autre) un processus qui est juste le processus naturel de guérison. Mais tout ça se mélange donc séparer les différents effets contextuels qui soulagent de l’amélioration spontanée, pas évident… je sais plus si tu l’avais lu mais j’ai publié ici un article sur l’effet placebo y’a quelques années, avec différentes ressources là dessus (quant au fait d’arrêter de se moquer ben je suis bien d’accord, mieux vaut se pencher sur ces mécanismes, les comprendre et les expliquer)

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      3. D’acc !

        J’ai pas d’avis tranché non plus sur l’alimentation végane des chats, je m’en méfie mais sans la condamner non plus. J’attends de voir… (comprendre : je ne la testerai pas sur mon chat 😀 )

        Merci pour tes explications ! J’avais lu ton article, je sais pas si j’ai cliqué sur les ressources par contre… Oui, je veux bien qu’on arrête de se moquer (dans un sens comme dans l’autre), ça ne fait rien avancer à part braquer les gens.

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  4. Plein d’articles passionnants à lire ! Celui sur la double peine des prisonniers est édifiant. C’est déplorable de contraindre des individus à vivre dans ces conditions. La contamination de l’eau dans certaines prisons m’a rappelé un passage de Captive, où Margaret Atwood décrit un « asile » du début du XIXe dans lequel les constructeurs n’avaient pas prévu de système d’évacuation des eaux usées, qui de ce fait s’accumulait dans le sous-sol et contaminait l’eau potable, entrainant des maladies et donnant un gout immonde à l’eau. C’est génial de voir que rien n’a changé en 200 ans ! Celui sur l’antispécisme (Ballast) est aussi super chouette ! Très instructif. Ce site à l’air d’être une mine d’or ! Merci : )

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    1. Merci de ton commentaire, et d’avoir pris le temps de piocher ! Je partage beaucoup d’articles de Ballast car je participe (modestement) au fonctionnement de la revue, je relis des articles surtout (d’ailleurs on cherche des relecteurs.trices ^^)… et oui y’a souvent des sujets comme ça qui sont moins traités dans la presse d’actualité !

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  5. Mais Irène, quel boulot ! C’est une revue ultra intéressante que nous propose, merci !

    J’ai sélectionné la majorité des articles que tu cites, ils sont tous super chouettes … Du coup j’ai même planté mon ordi en ouvrant une vingtaine d’onglets, je me calme et les ouvre un par un du coup :p

    J’ai commencé par l’interview de Usbek et Rica et j’ai beaucoup apprécié le propos de Sophie Dubuisson-Quellier. Le point sur l’effet de loupe m’intéresse car il est vrai que cela rejoint un peu les réflexions que nous nous faisons parfois, à savoir qu’à force de fréquenter des gens agissant/pensant comme nous, on a l’impression que la société change vitesse grand V alors que ce n’est pas la réalité. Le focus des médias sur les personnes qui décident d’envoyer bouler la société de consommation peut être « dangereux » en ce sens où on peut croire que tout est gagné. Sortir de sa bulle n’est jamais agréable mais pourtant nécessaire …

    Je ne connaissais pas le site Revue-période qui publie ce texte sur l’attachement de Lénine à la nature. Je ne m’attendais pas à découvrir cette façette du personnage mais j’approuve le fait qu’il y accorde une « importance primordiale » 🙂

    Wooh, l’article de la Revue Ballast sur le sort des prisonniers est vraiment choquant, encore un truc auquel je n’avais jamais songé … Bien sur, on pense à la surpopulation, aux maladies, à l’infernale promiscuité mais je n’avais jamais pensé aux catastrophes naturelles – ou même « juste » les pics de chaleurs comme ont témoigné les quatre détenus de Villepinte – et leur gestion (ou absence de) dans l’environnement carcéral. Quelle honte la construction des prisons en zones inondables !! Outre en plus le coût monstrueux et l’impact écologique, c’est vraiment désavouer que les prisonniers que de se permettre cela …

    L’article de Libé est à la fois ultra intéressant et carrément flippant. Je l’ai conservé en favori car je souhaite me pencher plus en avant sur les nombreux groupuscules, revues et partis mentionnés là-dedans. Pour être honnête, ayant un peu décroché de la politique ces derniers mois, je n’avais pas prêter attention à cette écologie intégrale portée par le RN et d’autres mouvements d’extrême-droite. Bien sur, depuis le « scandale » Pierre Rahbi, je crois que nous sommes pas mal à nous méfier de cette récupération mais c’est usant de constater qu’il faut se méfier de tout en permanence je trouve. Je pense à la fin de l’article où le lien indirect mais présent entre Urgence Ecologie et l’extrême-droite est démontré …. ça craint franchement, c’est dépitant.

    Je n’ai pas eu le courage de lire en entier l’excellent argumentaire de The Critical Vegan, non pas à cause de la longueur mais tout simplement à cause des citations de Paul Ariès. Je n’en peux plus de ce type et de sa clique, qui déblatèrent sans cesse les mêmes pseudo-arguments sans JAMAIS se remettre en question. C’est usant en effet comme tu le dis toi-même et je m’énerve rien qu’à lire une de ses phrases imbéciles. Le type ne connait même pas son sujet, je me souviens d’un tweet où il avait orthographié de trois manières différentes le mot « végane », on hallucine !
    Malgré tout, j’ai conservé l’article sous le coude au cas-où, il est vraiment très bon !

    Dans la même veine, j’ai dévoré la réponse de Ballast également même si encore une fois, les citations de Ariès (surtout rapport au nazisme) m’ont fait grincer les dents … En tout cas, un super article qui retrace à merveille l’historique et surtout les motivations essentielles des antispécistes.

    Ouf comme tu dis avec l’article de Zoopolis ! Une réponse calme, argumentée, portant des bases solides et claires … Un peu de bon sens et une bonne dose d’empathie, cela fait du bien !
    Je suis heureuse aussi de constater que l’auteur reconnait une convergence au début avec Jocelyne Porcher qui en effet le mérite de s’élever contre les usines d’animaux, avant évidemment de se détourner de son fameux contrat passé avec les animaux. Cela est agréable de ne pas lire une gueguerre entre personnes normalement intelligentes …

    Ouille, j’ai lu le billet de Florence Dellerie et j’ai appris à cette occasion que certain.e.s véganes s’étaient permis de se moquer de la mort/du handicap de plusieurs enfants omni … Je suis sur le Q et sacrément choquée je l’avoue, je ne m’attendais pas à découvrir cela ! Il est évident que jamais, ô grand jamais la mort, surtout de gamins, ne doit être instrumentalisée, je trouve ça extrêmement grave et j’espère vraiment que ce n’était une partie vraiment ultra minoritaire de la communauté végane qui s’est permis cela.

    Très chouette celui de Slate sur le féminisme et Instagram ! C’est vrai que Insta m’a beaucoup éveillée à la culture du féminisme et m’apprend au quotidien de nombreuses choses. Si je n’ai pas encore remarqué de harcèlement envers les féministes, c’est aussi parce que je suis un nombre très réduit de gens (déjà parce que les story se partagent beaucoup et se recoupent) car je ne souhaite ni louper une publication ni passer plus de quelques minutes par jour sur le réseau. Il me faut faire des choix et comme je ne suis pas encore très, très impliquée dans le féminisme, je progresse gentiment.
    Le constat que 54% des gens utilisant Insta soit des utilisatrices ET que les thèmes les plus communs soient la beauté, le bien-être, la cuisine tout en affirmant pourtant que ce réseau est féminisme peut être paradoxal en effet. Néanmoins, puisqu’on nous a assigné à certains rôles, pourquoi ne pas s’y engouffrer et s’y épanouir, tout en refusant pour autant de s’y cantonner ? Je ne pense pas que ce soit si paradoxal que cela au final, d’autant qu’on voit des femmes toutes pimpées, maquillées, épilées qui soutiennent férocement d’autres femmes qui refusent l’épilation par exemple. Beaucoup de bienveillance en effet !

    J’ai également parcouru l’article sur les femmes esclavagistes blanches et je suis assez perplexe : en fait je ne comprends pas pourquoi on aurait pu croire qu’elles allaient être moins dures que leurs homologues masculins ? ça me parait assez logique qu’elles soient aussi esclavagistes et sans pitié, je ne m’attendais pas à autre chose. Pire même, puisqu’elles-mêmes sont dominées par leur époux, il apparaît quasi normal qu’elle se venge de leur infériorité sur des êtres qu’elles considéraient comme inférieurs …

    Génial le billet sur l’homéopathie et l’effet placebo sur … les soignants, j’adore ! Je le conserve, il me sera très utile dans l’avenir lors d’inévitables débats ^^

    Je ne savais pas que le gouvernement de Pompidou était méga xénophobe, je l’apprends grâce à l’article de Agitation Autonome … Article assez minant et plombant en effet. Je retiens surtout une chose, c’est après une promulgation de lois restreignant l’entrée des immigrés que le racisme a fait un bond : comme quoi … !!

    Ta revue était encore une fois très riche et j’ai pris beaucoup de plaisir à la parcourir, comme chaque fois ! Merci et à bientôt 🙂

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    1. Quelle réponse, merci !!

      Je ne peux pas rebondir sur tout mais c’est un plaisir de te lire.

      Sur les femmes esclavagistes, y’a eu une tendance à essentialiser des qualités féminines pour défendre l’idée que les atrocités dans l’histoire ont été commises essentiellement par les hommes, les femmes suivant car elles n’avaient pas d’autres choix… C’est commode surtout pour les mouvements féministes blancs, ça dédouane en partie. Mais malheureusement c’est pas la réalité, le fait que les femmes aient peu été en situation de pouvoir c’est une chose, mais elles pouvaient fort bien approuver les pires atrocités depuis leur position subalterne, de fait.

      Encore merci et à très bientôt !

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  6. Bonjour,

    Je lis toujours tes revues en plusieurs fois et je voulais te remercier pour leur richesse, j’en apprends toujours beaucoup. Et comme je lis peu de blogs, tu me permets d’avoir accès à beaucoup de réflexions en un clic, alors doublement merci !

    C’est un travail formidable que tu fais là,

    Mélanie

    Aimé par 1 personne

  7. Merci pour cette sélection toujours éclectique et intéressante Irène ! (J’avoue, j’ai même créé un slot « Remue-Méninges » dans mon tout nouvel emploi du temps pour être tranquille et pouvoir lire tout ce qui m’intéressait. J’ai beaucoup aimé celui sur les fake news et sur l’importance d’une éducation très globale qui donne les bons outils psychiques pour analyser correctement ce que l’on peut lire sur Internet – sans se reposer en permanence sur des outils toujours faillibles (et l’auteur m’a complètement confortée dans l’idée d’inscrire mon gamin en couvaison dans une école Freinet – que j’ai l’immense chance d’avoir à côté de chez moi !).
    Big-up pour la slow opinion aussi. C’est une vraie bouffée d’air frais en ces temps où la suranalyse immédiate est constante – phénomène que je trouve usant à la longue. J’essaie moi-même de prendre de plus en plus le temps de répondre quand je ne me sens pas prête face à une question que l’on me pose – et ça désarçonne bien souvent l’interlocuteur.rice…on voit les traces que laissent cette société productiviste et obsédée par l’efficacité qui exige tout, tout de suite. Prenons le temps de penser, bordel 🙂
    Sinon, je trouve que ce qui se passe au Brésil est tout simplement terrifiant, je me rappelle être tombée sur un article du même ordre il y a quelques mois et j’étais restée bloquée en mode « mais comment ça ?? » devant mon écran – tellement ce totalitarisme éhonté m’effraie. En espérant que ça nous serve de leçon, mais je n’en suis malheureusement pas sûre.
    Quant au court article sur les rizières, je crois que je vais le conseiller dans ma prochaine newsletter.
    Merci pour ton travail, passe une chouette journée !

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    1. J’en profite pour t’envoyer toutes mes pensées pour cette couvaison comme tu dis ! Merci beaucoup de prendre le temps de lire mes sélections, c’est toujours un plaisir de pouvoir échanger autour de ces articles !

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