La cause animale et moi

Cet article est pour moi l’occasion de partager l’évolution de mon rapport personnel à la cause animale et au véganisme. J’espère qu’il constituera une opportunité supplémentaire d’échanger sur ce sujet et de confronter nos parcours respectifs… Il aborde des questions qui devraient donner lieu à des articles spécifiques dans les mois à venir (ou les années, étant donné mon rythme de publication !). Il sera notamment suivi d’un article sur ma vision de l’articulation entre engagement pour les animaux et engagement politique.


L’enthousiasme des débuts…

Lorsque je suis devenue végétarienne il y a quatre ans et demi environ, j’ai connu une grande période de découverte et d’enthousiasme débordant. Un phénomène classique que vous avez peut-être connu vous aussi… J’ai consulté et partagé beaucoup de contenus sur la question animale dans cette phase en espérant toucher mon entourage et j’ai débattu avec passion. J’ai aussi commencé à militer à petite échelle : organisation de buffets végétariens, projections de documentaires, participation aux actions de l’AVF locale. Et puis, tout cela s’est un peu tassé. J’ai d’abord fini par développer un sentiment de redondance dans mes lectures et dans mes échanges, notamment sur les réseaux sociaux qui explique en partie une stagnation militante ces deux dernières années.

Mais je pense que ça n’explique pas tout : même en ayant fait le tour d’un sujet, on peut être toujours aussi déterminé à s’investir pour toucher le plus de monde possible ! Il se trouve que, d’une part, différents aspects du militantisme pour la cause animale ont fini par me gêner et que, d’autre part, ces deux années ont aussi été pour moi une phase de réflexion politique intense — j’entends par là aussi bien une réflexion sur les luttes égalitaristes et leurs rapports entre elles qu’une réflexion sur mes opinions politiques au sens plus « classique » du terme. J’ai eu besoin de temps pour cogiter là-dessus et tenter d’identifier les formes de militantisme qui me paraissaient les plus cohérents avec mes convictions.

 

 

Quand le monde militant me fait grincer des dents

La violence du monde militant

Je ne suis pas la première, très loin de là, à évoquer la violence que peut parfois générer le monde militant. Celle-ci n’est pas spécifique à la cause animale, et elle peut prendre différentes formes. Il peut s’agir d’interactions individuelles violentes. À titre d’exemple, je me suis déjà fait traiter de « collabo » sur un groupe Facebook parce que j’acceptais d’avoir des amis qui consomment de la viande… J’ai déjà assisté à des propos similaires sur différents réseaux sociaux (et on m’a rapporté l’équivalent IRL), cette fois les collabo avaient pour tort… de militer à L214. Même à une échelle plus locale, j’ai constaté dans une moindre mesure de tels phénomènes de leadership centré sur une seule personne, de ragots, de différends personnels qui s’immiscent partout.

Outre ces aspects, on peut citer des choix de communication problématiques.  Ainsi, la communication à base d’images sanglantes qui misent sur une ultra-culpabilisation et dans lesquels l’émotionnel prend clairement le pas sur la qualité de l’argumentaire. On peut considérer que c’est seulement une erreur stratégique regrettable, mais elle peut dégrader considérablement l’image du mouvement et être un frein au changement. Par ailleurs, quand ces processus de culpabilisation visent des personnes qui subissent eux-même des phénomènes de domination, qui plus est cumulés entre eux, je dois bien avouer que je désapprouve la façon de faire (que je considère de toute façon comme contre-productive).

Mais ce n’est pas le seul exemple de propos ou d’attitude déplacées et offensantes vis à vis de luttes égalitaristes. Je vous renvoie ici à d’autres articles qui en parlent mieux que moi sur le blog T-Punch Intersectionnel et sur le blog Fragments d’Hylfee. Parfois, des points sémantiques posent aussi problème (« végéphobie », »viol »). Au-delà des froids débats qu’on pourrait avoir en théorie sur l’usage de ceux-ci, je me demande souvent ce qui explique qu’on tienne tellement à les utiliser lorsqu’on sait la façon dont ils résonnent douloureusement pour bien des gens… (Sur ce point précis, voir ici et ici ). Voilà qui fait déjà quelques éléments susceptibles de mettre mal à l’aise…

 

Irrationalité et pseudo-sciences

Ce second aspect est moins grave dans l’absolu, et pourrait évoluer plus vite qu’on ne le pense. Pour autant, il n’est pas négligeable à mes yeux. Je suis convaincue que l’éthique animale n’a pas besoin de sophismes ni d’arguments fallacieux pour faire valoir ses arguments... On en croise cependant très fréquemment. Parfois popularisés par des orateurs (coucou Gary Yourofsky) ou des youtubeurs populaires, parfois diffusés sur les groupes de discussion, parfois soulevés spontanément. Le plus courant d’entre eux est sans doute l’appel à la nature, aussi appelé sophisme naturaliste, qui consiste à défendre une position, un choix, un produit, sur la base du fait qu’il serait « naturel », donc meilleur. Souvent dénoncé lorsqu’il est employé pour défendre la consommation de viande, on s’en accommode bien trop souvent lorsqu’il s’agit de défendre notre propre choix… par exemple en prétendant que l’homme est « fait » pour manger des plantes.

Or il faut déjà beaucoup de patience, de tact et de volonté pour dire gentiment à quelqu’un dont on partage les valeurs que ses arguments ne sont pas valides. Mais lorsque ce sont carrément des panneaux d’information, des pancartes de manifestation ou des pétitions qui comportent des informations fausses ou des arguments fallacieux, et que ceux-ci sont défendus par les militants présents, on ne se sent pas toujours de taille… J’ai ainsi un assez mauvais souvenir d’une mobilisation contre l’expérimentation animale à laquelle j’avais assisté sans vouloir y participer, pour ces raisons. Des images bien sanglantes souvent vieilles et jamais contextualisées, des légendes et des chiffres sortis du chapeau jamais sourcés. Tout cela se marie fort bien de manière plus informelle à une large promotion des « médecines alternatives » (homéopathie, fleurs de bach, kinésiologie etc) voire de tendances qui m’inquiètent davantage (comme le crudivorisme miracle à la Thierry Casasnova, donc heureusement pas mal de gens sont en train de revenir). Autant dire que pour une sceptique : Ôsscours.


Vers l’apaisement… et  le véganisme !

Après l’enthousiasme débordant et une phase de recul critique, je connais depuis un an environ une période d’apaisement des plus positives. En somme, je tente de garder le meilleur de ces quatre dernières années : la conviction du bien-fondé de ma démarche, la curiosité, mais aussi la volonté de débattre avec des contradicteurs qui m’apportent (parfois…) beaucoup en me poussant à affiner mes raisonnements. Et, tant que possible, un regard critique sur le végétarisme / véganisme et la cause animale de manière générale, car on n’a jamais tant besoin d’esprit critique que sur nos propres convictions. J’ai probablement atteint un point d’équilibre, thèse-antithèse-synthèse ! Je pense aussi que des tendances observées dans les mouvements animalistes ont contribué à cet apaisement. Des évolutions qui sont autant de réponses aux éléments problématiques évoqués ci dessus.

J’arrive à  présent davantage à faire la part des choses : oui il faut refuser certaines dérives absolument, mais  non ne peut pas attendre non plus de la cause animale, pas plus que des autres luttes, qu’elle évite d’emblée tous les écueils… et les problèmes observés ne retire pas à un combat sa légitimité. En revanche, c’est à nous d’impulser des dynamiques positives de l’intérieur. Qui d’autre pourrait s’en charger ? Et loin de renâcler devant la tâche, je constate que beaucoup prennent ces problèmes à bras le corps et mettent un point d’honneur à se positionner sur ces questions. On a donc une critique interne fournie et assez diversifiée, dont j’ai déjà cité des exemples en lien dans le paragraphe précédent (bien qu’il reste du chemin à parcourir, bien sûr). Celles-ci sont souvent écrites du point de vue de personnes engagées ou sensibles par ailleurs à d’autres combats, notamment des féministes et des militant.es antiracistes. À cet égard, les analyses comme celles de T-Punch intersectionnel qui prennent en compte l’intersectionnalité et soulèvent la question de l’inclusivité du véganisme devraient particulièrement retenir notre attention. Par ailleurs, nous sommes un certain nombre à noter que l’antispécisme rationaliste (ou sceptique, quel que soit le terme choisi) gagne en visibilité, ce dont je ne peux que me réjouir. J’essaierai d’ailleurs de consacrer un petit article à cette question en répertoriant le maximum de contenus concernés…

                                                                                                                                                                                               Même si aucun collectif ni aucun individu n’est à l’abri d’erreurs, je trouve que des associations comme L214 incarnent un modèle intéressant, qui évite pas mal d’écueils (il y a certes eu la polémique Rémi Gaillard, il ne s’agit pas d’en faire un tableau idyllique, mais je trouve leurs infos dans l’ensemble fiables et rigoureuses, et leurs campagnes sobres et efficaces). Du côté des blogueuses et auteur.e.s influentes, je ne peux que citer Ophélie Véron [Antigone XXI] qui propose dans ses réflexions à la fois des message politiques et une approche par la consommation quotidienne (miam), sans considérer cela comme contradictoire. Il s’agit d’un aspect que j’espère aussi traiter un jour sur ce blog un peu trop délaissé.

Une envie s’est faite sentir depuis quelques temps de me plonger de nouveau dans des ouvrages, des blogs, des études. Plus seulement pour découvrir mais pour affiner, pour confronter, pour vérifier.  Finalement, la lecture du dernier livre de la même Ophélie Véron (en quelques mots un ouvrage à la fois complet, bienveillant et rigoureux) est tombé à pic, couronnant cette période bien plus sereine qui a finalement conduit à un regain de volonté de ma part.  Et voilà que presque sans l’avoir vu venir, je ne mange plus ni oeufs ni produits laitiers, en bref je commence à dire « je suis végane » alors que je n’y aurais pas cru une seconde il y a deux ou trois ans !

 

En revanche, je pense pouvoir dire que je ne deviendrai pas une « activiste » de la cause animale. Non pas que je ne reconnaisse aucun intérêt à militer dans des collectifs pour défendre les animaux, bien au contraire. Ma carte d’adhésion à L214 est d’ailleurs récemment arrivée dans ma boite aux lettres, un petit geste que je tenais à faire puisque je peux me le permettre. Mais devant la multitude de causes qui me touchent, le tiraillement est trop grand :  je pourrais m’engager avec la même sincérité dans une association féministe, militer à plein temps pour venir en aide aux migrants et dénoncer leur traitement en France aujourd’hui, bien d’autres choses encore. En bref, je ne me vois pas investir la majeure partie de mon temps et de mon énergie dans cette cause là, ce ne sera pas mon engagement premier, l’engagement d’une vie, mon identité. Mais alors quoi ? Je ne peux pas non plus rester les bras croisés, pas plus sur cette question que sur tant d’autres d’une urgence dramatique. La réflexion est encore en cours, mais elle devrait prendre la forme d’un engagement politique, un engagement susceptible de porter toutes ces valeurs, et la perspective (lointaine il est vrai, mais qu’importe) d’une société différente sur tous ces plans. Il est temps de songer sérieusement à sauter le pas…

 

 

 

25 réflexions sur “La cause animale et moi

  1. meme sans happening l activisme se fait par l ‘exemple 🙂
    Pour les formes que prennent les actions militantes il faut aussi savoir qui est la cible

    Une personne qui arrive au véganisme par son sens critique devient en général un activiste de qualité ( j’entends par là qu il est capable d argumenter et de défendre ses positions , là ou un militant suiveur peut créer l’effet inverse de par un discours peut assuré ou faux 🙂

    De plus je pense qu il ne faut pas projeter sur tous sa façon de fonctionner, ne serait ce qu avec les profils mbti , le zèbrage ou que sais je d autre , il y a des personnes qui ne sont juste pas sensible à un raisonnement intellectuel et meme si cela me surprend à chaque fois , je l ai déjà croisé

    je te rejoins complètement sur les happening visuellement violent , les vulgarisations qui deviennent de la manipulation type gary etc
    aprés tout dépends l objectif que l on se fixe , mais dans toute guerre ( quelque soit la forme qu elle prend: armée , intellectuel , politique etc ) l aboutissement est multifactoriel
    C’est comme pour les grandes luttes politique, meme s ils ne cautionnent pas , toute les formes d activismes s entraident dans un sens commun , il faut juste composé avec
    C’est juste pas réaliste de voir émerger un activisme non multiformes 🙂

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    1. Je pense que je vais essayer par la suite de définir un peu mieux comment j’appréhende la notion d’activisme ou de militantisme. Pour moi ça désigne vraiment le fait de s’investir activement au quotidien dans quelque chose, d’essayer de convaincre explicitement etc. Donc quelqu’un qui est végétarien ou végane, qui en discute parfois, mais qui ne va pas en faire un objectif en soi, pour moi ce n’est pas un militant ou un activiste. Il est engagé, mais d’une autre manière. Cela dit je vois ce que tu veux dire, c’est clair que là dans ce texte je souligne que je ne vais pas arrêter entièrement de militer, mais je vais le faire de manière plus diffuse, en portant ce message à travers d’autres engagements (et notamment auprès des militants que je rencontrerais). Mais je me considèrerais pas comme autant comme « activiste de la cause animale » car je serais assez peu présente par rapport à d’autres personnes. Sur les aspects liés aux raisonnements intellectuels, c’est vrai, tout le monde ne réagit pas de la même manière. Mais on peut en revanche porter attention au fait de ne pas dire de trucs faux. Je ne pense pas que se priver de la partie émotionnelle soit un objectif en soi, la compassion, l’empathie, ça n’a rien de négligeable, parler aux gens en ces termes ça me convient très bien si c’est fait un peu sobrement, sans étalage… Et en tout cas je pense aussi que ce sera multifactoriel, il faut juste essayer de tirer chacun de ces axes vers le plus positif et le plus rigoureux ! Merci de ton retour, j’espère que tout va bien de ton côté 🙂

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  2. Bonjour :o)
    Merci pour ce bel article inspirant ! Je pense en être arrivée aussi au stade ou je ressens le trop plein d’avoir lu trop de blogs Vge, trop de livres (j’en ai encore quelques uns à lire !), vu trop de vidéos … Ma conviction personnelle est suffisamment solide pour rester végane même avec un mari mangeur de viande et de produits laitiers à la maison, et même si il est difficile quelquefois de faire des plats avec du gruyère (par exemple) et de ne pas le manger par « habitude » (et gourmandise !! désolée) mais ça va le faire :o)
    Une phrase cependant me turlupine un peu : « cette fois les collabo avaient pour tort… de militer à L214 » Quel tort peut on avoir de militer pour L214 ?
    Je réfléchis en ce moment sur le pour et le contre d’aller à la manif de la nuit contre les abattoirs … Difficile décision de se lancer ou non dans l’activisme, d’autant plus que je suis plutôt pacifiste ! Mais qui le fera si personne n’y va ? ;o)
    Belle fin de semaine à toi.

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    1. C’est justement ce qui me parait absurde et violent… Mais certains considèrent que L214 n’est pas assez clairement abolitionniste, et prétendent qu’ils seraient complices de l’exploitation animale ! Merci pour ton commentaire, passe toi aussi un bon week end 🙂

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  3. C’est toujours un plaisir pour moi de lire les parcours des autres vers une vie qui leur ressemble et ton article ne fait pas exception. Je partage tes interrogations sur comment agir dans le monde, où poser son regard et diriger son énergie alors que notre monde semble toujours plus souffrant. Evidemment je n’ai pas de réponse et cela reste un « work in progress ». Au quotidien je me consacre à faire de mon mieux, animée par la force de ma foi en la vie. Pour ma part je ne crois pas que je serai un jour une activiste (la violence me paralyse complètement, mon cerveau et mon intelligence s’éteignent), mais qui sait, peut être que je n’ai pas encore rencontré ce qui me fera bifurquer. Je ne connaissais pas l’ambiance de l’activisme vegan et même si je comprends la souffrance et l’urgence de ceux qui prônent les actions à grand impact, je crois que beaucoup de personnes sont comme moi, paralysées par la violence, et qu’un message gagne en puissance lorsqu’il arrive à l’autre par le coeur, non par la peur.

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  4. Merci pour ton article et pour ton blog en règle générale. Tu m’as permis de découvrir plein de choses, notamment le blog de T-punch intersectionnel et la zététique. Très franchement, c’est une excellente découverte, tu m’as ouverte à plein de sujets. Je me suis dit que ça valait la peine de te le dire !

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    1. Je te remercie tout autant pour ton commentaire ! Lorsqu’on commence un blog, qui plus est lorsque comme moi on publie trop peu dessus, c’est très touchant et encourageant

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  5. coucou !!
    comme je suis contente de lire ton article qui reflète exactement ce que je ressens (on en est à peu près au mm nb d’années de vg ceci explique peut être cela … )
    personne n’est parfait, on fait comme on peut, comme on peut et comme je dis toujours dans mon groupe, chaque petit pas compte ♥
    merci pour ce billet ♥♥
    ps : je ne sais pas si tu connais Mélanie? elle a fait un joli billet là-dessus elle aussi en début de mois 😉
    https://leculdepoule.co/2017/10/09/militante-activiste-ou-discret-colibri/
    bises !

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    1. Oh merci pour ton retour ! Oui j’aime beaucoup ce qu’elle écrit, j’essaie de suivre du mieux possible la blogosphère végane qui propose ce type de réflexion en plus des recettes qu’on apprécie toujours, bien sûr

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  6. Merci pour ce texte passionnant et sensible. Je me retrouve dans ce que tu dis. Malgré les dérives que tu cites, je me retrouve dans cette cause, même si je ne suis pas une vraie militante (j’ai fait un happening, le reste du temps je signe des pétitions). J’ai beaucoup de respect pour L214 et suis adhérente. Je suis végétarienne en voyage, végétalienne chez moi – aucun mal à être végétalienne chez moi pendant des semaines et des semaines, c’est devenu naturel et facile, en voyage je suis obligée de mettre de l’eau dans mon vin car sinon il y a vraiment des situations où je ne mangerais rien, et c’est souvent too much pour mes interlocuteurs (végé ils comprennent, vegan non), je ne veux pas les braquer. Je suis convaincue de la justesse de la cause. Je chemine doucement. Merci pour ce blog que je découvre avec bonheur.

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    1. Je ne te cache pas que j’ai du faire des entorses à mon tout récent végétalisme à Madagascar, comme tu dis c’est délicat dans certaines situations, notamment des fois où j’étais hébergée chez l’habitant… Les produits laitiers ça va, les oeufs par contre, chaud patate. Cela me fait d’ailleurs parfois douter, est-ce que je dois continuer à dire « végane »… Mais je pense que notre choix n’a pas le même sens politique non plus dans des pays peu développés donc je ne pense pas que faire face à des « échecs » à l’étrange remette en cause le bien fondé de la démarche ici. Je vais essayer d’en toucher deux mots dans un prochain article entre autres sujets 🙂 Merci beaucoup pour ton commentaire en tout cas, j’aime toujours échanger là dessus

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  7. Merci pour cet article intéressant et bienveillant 🙂
    Je ne suis pas végétarienne et encore moins végane, mais je m’intéresse à la cause depuis que j’ai été sensibilisée par deux amies. Au début, elle était un peu violente (pas avec moi, mais avec d’autres ou sur des articles avec des vidéos scandales) ce qui m’avait fait fermé les yeux et les oreilles. Mais lorsqu’on se retrouvait face à face, on pouvait en parler calmement, sans jugement. Je comprends totalement la position des vegans, mais pour l’instant, je n’ai pas l’intention de le devenir, et mes amies ont très bien compris mes raisons.

    J’ai un handicap qui apporte des soucis de santé indirect. Je suis extrêmement pénible au niveau alimentation, et déjà supprimé tous les produits tout prêt et les fastfood ont été un vrai challenge pour moi. J’ai du diminué le gluten aussi car il a des effets négatifs sur ma santé. Je peine à manger une quantité suffisante de fruits et légumes, parce que je n’aime pas une grande partie d’entre-eux et, surtout en hiver, j’ai l’impression de manger tout le temps la même chose… Alors évidemment, de manière surement égoïste, j’ai fais le choix de ne pas retirer la viande et les produits laitiers qui sont mes vrais plaisir alimentaires (avec les lentilles, ça aussi c’est trop bon).
    Par contre, ce n’est pas parce que je continue d’en manger que j’y suis insensible. Lorsque l’on voit comment son gavé les animaux, et que l’on constate que le lait de vache est fait pour le veau et non pas pour l’humain, obligée de revoir un peu son alimentation tout de même !

    Depuis une année, je mange une à deux fois par semaine du poulet bio, non gavé de cochonnerie (et surprise, ça a diminué des problèmes hormonaux !). De temps en temps, je rajoute une portion de poisson dans la semaine, mais c’est plutôt rare. Pour le fromage, là encore c’est une ou deux fois par semaine maximum. Et le reste du temps, les légumineuses associées aux féculents font largement l’affaire. Lorsque ma santé se rétablira (ça fait 8 ans que j’attends mais bon l’espoir fait vivre), j’ai pour objectif de diminuer encore, petit à petit. Pour l’instant, au vu des difficultés du quotidien, c’est un trop gros sacrifice, et mes amies l’ont bien compris. Et c’est très enrichissement de discuter, lire, s’informer sur le sujet, notre esprit-critique en a cruellement besoin comme tu le dis. J’ai suivi des cours de nutrition l’année dernière, et là aussi, on a démenti certaines idées reçues comme quoi on ne mangeait que des fruits et légumes à la préhistoire, argument souvent entendu mais peu réaliste. Finalement, au vu de toutes les dérives, mon objectif est de manger un maximum bio et local, un peu de tout mais pas trop. L’excès est dangereux pour l’homme, c’est bien connu !

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    1. Merci beaucoup de ton commentaire, ça me touche que tu aies pris le temps de parler de tout ça ! Les troubles alimentaires sont trop peu pris en compte dans la communication végé j’en ai peur. Mais je pense que les choses changent… Je te conseille la lecture du blog Fragments d’Hylfee qui est très bienveillant, et il y a aussi des réflexions intéressantes sur le blog « connasse extrémiste », notamment sur la prise de conscience de l’impasse d’une communication agressive. https://connasseextremiste.wordpress.com/2017/03/10/veganisme-tca-et-ecarts-il-faut-urgemment-mettre-fin-au-lynchage-pourquoi-je-suis-vegane-mais-vegetarienne/

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  8. Hello,

    L’association presque naturelle entre vegan et activiste est quand même étrange. C’est vrai, à part vegan, on est plein d’autres choses dans la vie et le fait que ce choix en particulier doive se traduire automatiquement en militantisme, ce n’est pas d’une logique implacable.
    D’autant que comme tu le dis, et si militer c’est entrer dans une organisation bien installée, on se heurte vite à des contradictions ou des points qu’on ne suit pas forcément. Sans parler du fait qu’il y a 1000 raisons d’être vegan et qu’il y a des dimensions dont on ne parle que très peu.

    En ce qui me concerne je distille quelques arguments au détour des conversations, sans « militer ». Mais ce que je fais en ce moment et que je vais développer, c’est réfléchir pleinement à toutes les dimensions des questions que je me pose, sans m’allier à des groupes qui sont déjà bien installés, qui ont leurs codes, leurs méthodes et leurs identités que je ne partage pas toujours.

    En gros, ce que je pense c’est qui si on n’est pas content de ce qui existe, rien ne nous empêche de créer autre chose !

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    1. Merci beaucoup pour ta contribution à la discussion ! C’est vrai qu’on fait un peu rapidement le lien entre « antispéciste militant » et végane alors que beaucoup de personnes deviennent certes véganes après des lectures et discussions autour de la cause animale, mais sans forcément avoir beaucoup approfondi cette question, et sans se sentir à l’aise avec le fait de militer dans des organisations dédiées par exemple. Est-ce que tu penses à des aspects en particulier sur les dimensions du véganisme dont on parlerait moins ?

      Je fais un peu ça aussi, j’en parle autour de moi, j’en débats, je suis très claire sur ma position, mais je ne suis pas une activiste végane. De mon côté c’est surtout parce que j’aimerais à l’avenir militer de façon différente, dans un autre contexte plus général (plus politique en fait) et on ne peut pas multiplier les causes pour lesquelles militer de façon très régulière. Donc je vois mon apport de façon différentes pour ces deux combats on va dire ! (C’est vrai aussi qu’on peut créer autre chose, après il y a toujours le risque de se disperser, donc parfois il est important de savoir sur quoi on est prêt à faire des compromis ou non, et si on est d’accord avec l’essentiel de l’approche d’un groupe, il peut être plus efficace de les rejoindre. Ca dépend !)

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      1. Hello,

        Au sujet des dimensions que l’on aborde moi : en fait là, je pensais par exemple à un ami que se plaît à parler de protection de l’environnement mais qui consomme de la viande absolument tous les jours.

        Le véganisme c’est certes pour le bien-être animal, mais aussi, c’est un énorme geste pour la planète, contre la déforestation, contre le réchauffement climatique, pour la santé, contre la malnutrition de quelques 800M d’humains… Le véganisme c’est un tas de choses.

        Quant au militantisme, je ne sais pas si j’ai été claire quand j’ai parlé de « créer autre chose ». Je parlais de l’éventualité où les approches existantes ne correspondraient pas aux valeurs d’une personne : dans ce cas je pense qu’il ne faut pas avoir peur de dire les choses à sa manière, quitte à devoir opter pour un autre moyen. Pour ce qui est de l’efficacité, tout dépend du moyen, mais de manière générale, la légitimité n’est pas acquise automatiquement par les organisations qui ont un nom… En tout cas je ne me ferme pas de porte et ces derniers temps je réfléchis beaucoup à mes possibilités.

        Déso pour le roman-fleuve, je ne sais pas faire court ! Haha

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      2. Aucun problème on a la place pour s’exprimer, profitons-en 😀 ! Je comprends ce que tu veux dire, y’a des luttes de cadrage on va dire entre militants sur la façon dont le véganisme devrait être défini, est-ce qu’on doit mettre les aspects de santé dans le « pack argumentatif » ou non… Pour l’environnement je suis d’avis qu’il faut en parler aussi car y’ a une dimension éthique, et préserver l’environnement c’est aussi de toute façon protéger en partie les animaux qui y vivent (dont les humains^^). Mais ça implique de reconnaître que l’antispécisme n’est pas le seul élément recouvert pas le véganisme, c’est là qu’il y a des désaccords. Enfin je comprends aussi ta vision des organisations militantes, si vraiment on n’est pas satisfaits, c’est sûr qu’on ne va pas se forcer !

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  9. Merci pour ton article ! Je suis vegan depuis un an maintenant. Non pas à cause des documentaires horribles (à part me dégouter de l’être humain ça n’a pas eu l’effet escompté), mais grâce à la conférence de Gary. Je suis totalement d’accord avec toi concernant l’activisme. J’ai l’impression qu’à part braquer les gens ça ne sert à rien. Et j’ai l’impression de toucher beaucoup plus en ne promouvant pas le mouvement qu’en le mettant en avant. Par exemple, lors d’un repas équipe au travail, j’ai commandé un burger vegan. Interloqué (parce que je ne crie pas à tout vas mes préférences alimentaires), mes collègues ont demandé pourquoi, comment j’en suis arrivée là, et finalement, sur une table de 17, 16 (moi comprise) ont pris ce burger vegan. J’ai amené également (sans le demandé) des amis, et collègues à faire un mois sans viande. En fait, ils se sont lancé le défis eux-même ! Et pour moi, c’est la meilleure manière de faire 🙂

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    1. Merci à toi pour ton retour 🙂 En fait je ne condamne pas du tout le militantisme, c’est juste que je ne m’y retrouve pas pour cette cause là en particulier, mais je pense que différents choix peuvent se défendre… Et tout dépend bien sûr ce qu’on met derrière le terme activisme, mais si tu entends par là aborder le sujet en permanence pour argumenter dessus, effectivement ta façon de faire me semble bien plus stratégique et a d’ailleurs l’air de payer ! J’ai regardé la conférence de Gary il y a quelques années, c’est un très bon orateur mais je me suis aperçue plus récemment qu’il y a des soucis avec certains des arguments qu’il utilise. Cela m’intéresserait d’ailleurs d’avoir ton retour sur le sujet… Je te mets ici deux liens en rapport avec la question : le premier est clairement à charge mais revient assez bien sur les points problématiques je trouve (http://menace-theoriste.fr/gary-yourofsky-analyse-dune-imposture/), le second est un article récent du blog La Carotte masquée qui parle des biais de confirmation et des arguments un peu bancals qu’on peut utiliser sans s’en rendre compte dans l’argumentaire pro véganisme (http://www.la-carotte-masquee.com/veganisme-biais-de-confirmation/)… Je trouve cela vraiment important. Et bien sûr ça ne remet absolument pas en cause notre choix 🙂 A bientôt et merci encore d’avoir pris le temps de laisser un petit mot

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  10. Merci pour votre témoignage, Nébuleuse.
    En complément à votre article, nous conseillons à ceux qui souhaitent une entrée en matière sur l’antispécisme (définition, différents mouvements, naissance et évolution, réponses aux arguments typiques qui lui sont oppposés, …) la lecture de « Antispéciste » d’Aymeric Caron, qui aborde de nombreux aspects de la question qui poussent à la réflexion. Nous avouons pour notre part avoir été entièrement d’accord sur certains points et tout à fait en désaccord sur d’autres, tant les aspects abordés sont vastes.
    Il s’agit d’une lecture qui donne envie d’ouvrir d’autres ouvrages et d’approfondir sa documentation !
    Au delà de sa lutte pour la défense des droits des animaux, Aymeric Caron propose un projet de vie personnel et une orientation à donner à la société également intéressants.

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