Comprendre les Gilets Jaunes (et les enjeux politiques qui vont avec)

Mais pourquoi encore parler des gilets jaunes ?! C’est vrai quoi, on frise l’overdose non ? J’ai eu cette réaction il y a quelques jours, et j’avoue volontiers qu’au tout début du mouvement j’ai d’ailleurs pas mal grommelé. Il se trouve que le week-end du 17 je me trouvais dans un chef lieu de l’extrême droite en France, difficile de ne pas se dire que la plupart des personnes sur les ronds points faisaient partie du nombreux électorat FN local. Oui mais voila, parfois il faut savoir aller un peu au-delà de son premier réflexe.. Ce qui se passe est loin d’être anodin. On déplore la dépolitisation à longueur de temps, on appelle à se révolter, et voilà que ça bouge un peu : certes pas forcément comme on l’aurait voulu, pas sans comportements inacceptables, pas sans tensions, pas sans contradictions. Même si on en a un peu marre de voir des gilets jaunes sur tous nos écrans, que l’emballement médiatique nous fait lever les yeux au ciel, peut-être cela vaut-il le coup de creuser un peu la question.

En réalité, à travers ce débat d’actualité, on touche (comme souvent) à des questions politiques bien plus vastes, questions qui reviennent fréquemment dans mes remue-méninges… Cet article était initialement destiné à être une sous-partie des remue-méninges d’Octobre et Novembre, mais bien vite, le texte a enflé et après beaucoup d’hésitations, j’ai décidé d’en faire un article à part. Ma sélection n’est évidemment pas exhaustive, elle n’est pas « neutre » non plus : devant la déferlante de contenus sur le sujets, j’ai sélectionné ce qui me parlait le plus et me semblait le plus éclairant. Il y a BEAUCOUP de ressources, que j’ai disséminées au fil du propos. À vous d’y sélectionner ce qui vous interpelle le plus… ou de tout lire dans un formidable élan de motivation


Un mouvement populaire ?

On entend beaucoup le terme, dans les médias, mais aussi revendiqué par les gilets jaunes eux-même. Mais qu’entend-on par populaire ? Les classes populaires comprises comme les plus pauvres, ou bien plus largement le « peuple » par opposition aux plus riches ? Selon le sens qu’on met derrière les réponses diffèrent… Il est en tout cas un peu tôt pour faire une « sociologie des gilets jaunes » de manière précise, mais on peut dégager des tendances, sans perdre de vue que les choses peuvent pas mal changer selon les contextes locaux. Ainsi une tentative d’un début de sociologie a été publiée sur le site de Contretemps, même s’il s’agit en réalité plutôt d’un témoignage en milieu rural, avec le point de vue de sociologue de Benoît Coquard qui explique :

« Typiquement, il s’agissait de femmes employées et d’hommes ouvriers. Puisqu’on était samedi, c’était surtout des gens qui travaillent dans les grandes boites et qui étaient en weekend, il y avait aussi des chômeurs. D’autres salariés des petites entreprises les ont rejoints dans l’après-midi après le travail. »

Sur son récent (et fort intéressant) blog, Gérard Noiriel, auteur de l’ouvrage Une histoire populaire de la France, nous propose de son côté le point de vue d’un historien. D’après lui :

« La grande majorité des individus qui ont participé aux blocages de samedi dernier ne font pas partie des milieux les plus défavorisés de la société. Ils sont issus des milieux modestes et de la petite classe moyenne qui possèdent au moins une voiture. »

C’est ce que détaille aussi un article paru sur le site de La Vie des Idées, qui nous donne le point de vue d’un urbaniste sur le traitement médiatique de la mobilisation, mais évoque aussi la dimension sociale du mouvement :

« Le recueil des témoignages et les premières enquêtes de terrain tendent à montrer que la plupart des personnes engagées activement dans la protestation sont issues des classes moyennes et des fractions consolidées des classes populaires »

Le terme de classes moyennes comporte lui-même ses ambiguités mais en bref : pas mal de salariés entre 1200 et 2200 euros vraiment à la louche, de petits artisans et petits patrons (évidemment il y a aussi des gens beaucoup plus pauvres et précaires, et des personnes qui gagnent plus que ça).

Cela correspond aussi au profil des personnes les plus actives sur les réseaux sociaux dans ce mouvement, y compris les personnes qui l’ont initié et ceux qui s’en retrouvent porte-parole aujourd’hui (avec bien sûr des contre exemples, des salariés qui gagnent davantage, des petits patrons sans soucis financiers particuliers, et à l’inverse des chômeurs.euses qui gagent bien moins). Des reportages dans différentes zones, par exemple ici en Seine et Marne, ou encore là en Mayenne, montrent une vraie détresse, une vraie précarité et beaucoup d’inquiétude. Ce n’est pas vraiment un mouvement de « privilégiés ».

De ce point de vue, on peut donc bien considérer ça comme un mouvement « populaire » dans le sens où il émane de travailleurs.euses révolté.es  non seulement par la hausse des taxes mais par bien d’autres aspects (colère attisée par le mépris qu’affichent dans leurs discours les membres du gouvernement), ce qui peut d’ailleurs donner au mouvement un aspect un peu fourre-tout, car beaucoup de colères s’y agrègent. Difficile de réduire entièrement cette contestation à une mobilisation de petits patrons sans aucun lien avec les travailleurs les plus pauvres et les plus précaire, entièrement « poujadiste« . Cependant, et c’est important, il y a effectivement une large composante de (petits) patrons locaux et autoentrepreneurs (pas toujours en difficulté), et il y a même des cadres (en particulier chez les porte-parole et figures médiatiques du mouvement, ainsi Thomas Miralles est courtier en assurance).

Cette dimension « interclassiste » (différentes classes sociales mêlées, aux intérêts divergents) n’est pas sans lien avec la nature des revendications, et pèse sur les évolutions possibles. C’est ce que défend un article du blog Agitation Autonome, qui pointe le rôle joué par des « entrepreneurs (TPE, PTE), indépendants, cadres, commerçants, artisans, professions libérales » dans l’initiation du mouvement dans sa première phase. Le texte considère que les classes populaires sont contraintes de s’aligner sur des revendications propres aux classes moyennes et supérieures (sur les « charges fiscales » par exemple). Il souligne assez joliment que « La « colère populaire » qui se fait entendre est un funambule sur une ligne de crête. » mais expose (tout en nuançant et considérant que les choses pourraient vite bouger à certains endroits) qu’au moment de l’écriture :

« En dehors des zones périurbaines encore ouvrières (bastions ouvriers comme par exemple au port du Havre) et du rural assez proche d’espaces périurbain, il n’y a rien qui « converge » réellement »

Enfin, beaucoup de personnes ont aussi  pointé l’absence des banlieues, des plus pauvres et en particulier des populations racisées dans un contexte où des actes et propos racistes sont rapportés… Ce qui nous amène au point suivant.

Source : Evènement parisien créé par le comité Justice et Vérite pour Adama

Un mouvement infiltré par l’extrême droite, raciste ?

Oui, il y a bien des composantes de droite et d’extrême droite dans ces mobilisations. On a vu dans les manifestations de la semaine dernière quelques groupes nationalistes, même si concernant la manifestation parisienne, il semblerait que la présence supposée de l' »ultra-droite » ne soit pas si massive que ce que beaucoup de médias ont pointé (j’ai discuté avec beaucoup de connaissances qui y étaient, et il ressort assez unanimement qu’il y avait bien des petits groupes qui défilaient avec pour mot d’ordre « La France est à nous » et autres joyeusetés. Quelques drapeaux royalistes aussi, peu nombreux mais qui ont attiré les photographes…). Parmi les personnes qui ont initié ces mouvements localement, certains profils nous rappellent d’ailleurs qu’il faut être sacrément vigilant et ne pas idéaliser la situation : un exemple à Toulouse avec un ancien élu UMP passé par le syndicat étudiant de droite UNI… Et un autre exemple avec l’initiateur de l’évènement parisien.

Des actes et propos inacceptables ont été rapportés (racistes, sexistes) pour lesquels on ne peut pas trouver la moindre excuse. Mais plus qu’une question d’infiltration, de noyautage, de tentatives de captation (réelles), c’est aussi et surtout le résultat visible d’une évolution sociale globale,  d’une crise syndicale et politique et d’une diffusion croissante des idées de l’extrême droite et du vote FN, après des décennies de politiques qui ont mis en place toutes les conditions pour que ces idées s’épanouissent. Il n’y a pas lieu de transiger, des condamnations fermes et des recadrages sont nécessaires. Mais peut-on affirmer que cela n’arrive jamais dans les mobilisations syndicales par exemple ? Certainement pas… Toutefois la différence majeure réside dans la capacité d’un mouvement organisé à ne pas laisser passer ça (et c’est déjà pas toujours évident dans les syndicats, comme le souligne Anasse Kazib, cheminot militant à Sud-Rail et au NPA dans un texte initialement publié sur sa page Facebook :

« Durant la grève de la SNCF des cheminots nous disaient que les étudiants n’avaient rien à faire dans une AG de cheminot, que Parcoursup c’était pas la reforme de la SNCF. Lorsque nous avions parlé de la loi pour l’avortement en Argentine, certains cheminots nous disaient « On a pas à parler de meuf qui écarte les cuisses dans un piquet de cheminot ». Fallait-il donc quitter la bataille du rail à cause des limites politiques et des visions réactionnaires de certains ? Non. Nous avons continué et en tant que militant notre devoir est de ne pas laisser ces visions perdurer, mais bien d’expliquer et convaincre les travailleurs à mener une politique de classe, contre une politique corporatiste »

Il y a donc bien des sympathies d’extrême droite et des propos racistes, mais avec des variations locales importantes selon les contextes politiques. Dans certains endroits, il y a aussi une forte volonté de se démarquer de l’extrême droite, affichée dans des tracts, revendiquée fortement par les Gilets Jaunes locaux. Il me semble qu’on ne peut pas conclure à une « nature » raciste ou antiraciste du mouvement en réalité : outre les variations locales, c’est surtout un mouvement qui agrège des individus aux vécus et sensibilités politiques différentes, et qui est à l’image d’une société dans laquelle le vote FN/RN monte, où les politiciens leur font la cour… Félix Boggio Ewanjé-Epée, enseignant, docteur en philosophie et militant antiraciste revient à chaud sur ces aspects après le 17 novembre, soulignant les ambivalences du mouvement.

Dans un tel contexte, il est plus que compréhensible que des personnes racisées ne considèrent pas possible d’interagir avec ces personnes et ne se sentent pas en sécurité. Plusieurs réactions sont alors possibles : condamner le mouvement, reconnaître des revendications communes mais estimer que les conditions d’une alliance ne sont pas réunies, ou enfin essayer de leur couper l’herbe sous le pied en investissant le mouvement.

Il se trouve qu’à l’heure où j’écris, le collectif antiraciste Rosa Parks appelle à une mobilisation le 1er décembre, aux côtés des syndicats et organisations politiques, pour porter la voix des quartiers populaires et des descendant.es de l’immigration coloniale, avec des mots d’ordre spécifiques. Le collectif est prudent vis -à vis des Gilets jaunes cependant, reconnaissant des bases communes, sans que les conditions soient réunies pour un réel rapprochement, c’est ce qu’explique Omar Slaouti dans un entretien dans la revue Ballast :

« Les gilets jaunes sont un mouvement social d’une très grande ampleur. On les regarde avec beaucoup d’intérêt et on partage une partie de leurs revendications sociales. Mais on ne peut pas demander un peu d’égalité : l’égalité, c’est toutes les égalités. C’est pour cela que l’on manifestera de Nation à République ce 1er décembre. Il existe certes une base commune, qui est celle des revendications d’égalité, de justice et de dignité…mais pour nous cela doit se structurer autour des luttes anti-racistes et anti-impérialistes. Tout ceci est indissociable. Et c’est ce qu’on va rappeler ce samedi 1er. »

Le comité Justice pour Adama a en revanche appelé de son côté à rejoindre les gilets jaunes ce même 1er décembre, Youcek Brakni déclare ainsi dans cet entretien au Bondy Blog que malgré cette présence de l’extrême droite, ils ne considèrent pas qu’elle soit à la tête du mouvement, ni que des alliances soient impossibles. Leur position est d’y aller « dès le début » pour éviter de laisser le terrain à l’extrême droite :

« Ce n’est pas une alliance au prix d’un renoncement politique. Nous ne faisons pas des alliances avec des personnes qui sont ouvertement racistes. Je suis convaincu que c’est par l’expérience de la lutte en commun qu’on arrivera à changer les mentalités, à faire bouger les lignes. Cela ne se fera pas dans des textes théoriques de 50 pages ni sur les réseaux sociaux, mais bel est un bien par une démonstration acharnée contre ce traitement raciste qui est fait aux quartiers populaires. »

Ce 1er décembre s’annonce donc particulièrement intéressant : une mobilisation syndicale, probablement la majorité des gilets jaunes qui feront des actions et manifestations, et les quartiers populaires et mouvements antiracistes qui se mobilisent… Si tous ne viennent pas avec les mêmes revendications et les mêmes grilles de lecture politique, et n’appellent pas aux mêmes manifestations, ça vaut le coup de le souligner. Même si ce n’est pas sans poser  « quelques questions » comme le formule cet article du blog Carbure.

Source : Le Parisien

Et le féminisme, et le mouvement #Noustoutes du 24 novembre ?

La journaliste Titiou Lecoq, comme beaucoup d’autres féministes, a exprimé la colère de se voir  invisibilisées une fois de plus  : en effet les gilets jaunes ont appelé à une mobilisation le 24 novembre, soit à la même date qu’une manifestation féministe prévue depuis des mois et dont l’objectif était de rassembler toutes les tendances pour marcher contre les violences faites aux femmes. Qu’ils l’aient su ou pas, la date de mobilisation n’a pas été déplacée pour autant une fois mis au courant… Et la focalisation médiatique a de fait contribué à occulter cette mobilisation, certes relayée mais de manière assez marginale au vu de l’omniprésence des gilets jaunes sur nos écrans.

J’ai largement partagé cette frustration, soulagée cependant de voir que les organisations politiques qui soutenaient la manifestation depuis le début y ont participé sans concession possible (quitte pour certains militant.es à aller voir ce qui se passait côté gilets jaunes le matin et après la manif féministe). C’est forcément un peu rageant de voir des mois d’organisation en partie rendus invisibles, mais ces manifestations ont quand-même été un succès, réunissant de nombreuses femmes dont certaines manifestent très rarement. De belles images, fortes, qui font du bien.

Selon les endroits, il y a eu quelques cas de frictions avec les Gilets jaunes semble-t-il, mais aussi des convergences et des gestes symboliques appréciables, comme des GJ qui rejoignent des manifs ou font des haies d’honneur (je n’ai pas réussi à savoir si ça avait eu lieu de manière très anecdotique ou plus fréquemment… On a eu des haies d’honneur mais aussi des sifflets, parfois aux mêmes endroits).

Enfin sur le sujet j’ai trouvé ce thread Twitter vraiment intéressant, son autrice essaie de tirer des enseignements de cette situation, notamment sur l’accessibilité du féminisme :

Au vu de tout ça, comment réagir en tant que militant.e (ou sympathisant.e) anticapitaliste ?

Au départ, les organisations politiques de gauche et révolutionnaires, les syndicats et autres militant.es des luttes sociales ont eu des réactions variées face au mouvement des gilets jaunes. Il y a un tiraillement entre la volonté de marquer une forme de solidarité face à une colère compréhensible et des revendications communes ; et celle de se démarquer nettement de revendications ambiguës politiquement, compatibles avec des discours de droite et d’extrême droite comme on l’a vu précédemment, qui ne cherchent pas ou peu à faire le lien avec la défense des services publics et avec les politiques libérales à l’œuvre.

Dès lors, quelle attitude adopter ? La difficulté est de ne pas projeter ses fantasmes de révolte sur ce mouvement, tout en essayant d’évaluer quand-même les possibilités d’alliances, ne serait-ce que locales. On oscille donc entre des mises en garde du fait des caractéristiques sociales du mouvement (considérant souvent que la droite sera plus facilement en mesure de récupérer le mouvement)…

…et des appels à ne pas juger trop durement les personnes peu politisées qui se mobilisent avec les Gilets jaunes parfois pour la première fois. Ainsi Franck Lepage poste sur sa page un texte soulignant que

« Se construire une conscience politique, c’est long. Moi ça m’a pris une vie, alors soyons respectueux de ce qui se joue sur les ronds points. »

Cependant, au fur et à mesure, les organisations politiques anticapitalistes et les syndicats ont tenté (chacune à leur manière, mais avec des constantes) de proposer des (re)cadrages politiques, refusant tout à la fois de condamner les Gilets jaunes et de les soutenir inconditionnellement. Certains syndicats, notamment la CGT qui était très critique initialement, commencent à changer de discours, en tout cas dans certaines branches professionnelles. La CGT Info-Com a lancé une campagne appelant à un rapprochement entre gilets jaunes et gilets rouges :

Car c’est bien de cela qu’il faut discuter, des conditions auxquelles il est envisageable de faire cause commune… Quelles possibilités y-a-t-il de construire sur ce mouvement en combattant en son sein les tendances d’extrême droite ? Voici un aperçu non exhaustif des analyses produites par ces organisations et collectifs politiques et syndicaux :

  • Lutte Ouvrière pointe dans un premier éditorial la nécessité de se battre pour la hausse des salaires et souligne les limites d’un mouvement qui, se cantonnant à la seule opposition à ce gouvernement, reçoit le soutien de politiciens jusqu’à Dupont-Aignan. Dans un éditorial plus récent, cette position est confirmée, avec un appel à la grève et aux manifestations du 1er décembre.

 

  • Alternative Libertaire dénonce les dérives sexistes, racistes et plus largement la présence de l’extrême droite (tout en considérant que le mouvement ne s’y limite pas) et pointe aussi la question des salaires, des services publics à défendre, et de la nécessité d’une politique écologique cohérente.

 

  • Le NPA a adopté une position assez proche  : une colère légitime à reconnaître, une nécessité de construire sur des revendications communes sans faire de concessions à l’extrême droite, et sans opposer écologie et social.

 

  • L’union syndicale Solidaires lance un appel à l’ensemble des syndicats pour construire un mouvement plus vaste et solide, sans transiger avec la lutte contre le racisme et le sexisme ainsi que contre l’extrême droite.

 

  • Le groupe anarchiste Salvador Segui a publié dans Le Monde Libertaire un article pointant la légitimité des colères qui s’expriment mais la perte des repères de classe (reprenant en fait, comme les positions précédentes, pas mal d’aspects que j’ai essayé de résumer ici).

Et donc, quelle est ma position à ce stade ?

Je dirais qu’elle est assez proche de ce qu’exprime Anasse Kazib mais avec davantage de prudence pour ma part ; je pense qu’il faut rester lucide, on reste dans une période où les mobilisations sont difficile et font souvent feu de paille. Je retiens de ces lectures  qu’il faut se méfier des essentialisations multiples, cherchant une « nature » de la mobilisation, et surtout des discours qui brandissent « le peuple » comme une entité qui aurait du sens en elle-même, au-delà des catégories ou classes sociales (que ce soit pour faire preuve de mépris de classe ou au contraire pour fantasmer la communion populaire dans une même rébellion). Se pencher sur les racines, la composition sociale et les ancrages politiques du mouvement reste donc important pour conserver sa lucidité, ne pas se lancer tête baissée dans la mobilisation

En bref il faudrait éviter de sauter un peu vite du dédain complet à l’enthousiasme béat, s’il peut y avoir une évolution éventuelle de ce mouvement, cela ne sera pas facile, et demandera un travail militant intense et patient… C’est toujours plus facile à dire qu’à faire, mais les solidarités se construisent dans l’action, en vivant des luttes commune. Peut être que cela donnera quelque chose seulement dans quelques endroits, mais est-ce que ça ne vaut pas le coup de le tenter ne serait-ce que pour ça ?

 


Voilà où j’en suis pour ma part. Et vous ?

 

 

 

37 réflexions sur “Comprendre les Gilets Jaunes (et les enjeux politiques qui vont avec)

  1. Ah l’emballement et ses conséquences néfastes! J’avoue avoir eu envie de râler au début de ma lecture pour me rendre compte de l’extrême bien-fondé de ce que vous disiez par la suite…
    Bravo pour cet article extrêmement bien documenté…
    Espérant une bataille (nécessaire) et proprement organisée, bonne soirée.

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  2. Vu de loin (je suis au Mexique), je suis très mal placée pour avoir une véritable idée et surtout comprendre clairement les enjeux et les revendications des gilets jaunes et des autres. J’apprécie donc d’autant plus lire ton article qui balaie un large éventail de références et qui me permet d’y réfléchir autrement.

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  3. Hé ben, moi qui avait voté pour l’overdose sur ta story Insta, me voilà plongée dans tout plein des articles que tu as partagés ! 🙂

    J’aime beaucoup ce que dit Franck Lepage : « Se construire une conscience politique, c’est long. Moi ça m’a pris une vie, alors soyons respectueux de ce qui se joue sur les ronds points. ». C’est tout à fait vrai et cela me fait penser aux antispécistes qui crachent sur les personnes mangeant des POA comme si cela avait été inné pour eux.
    Bref.

    Je n’ai pas encore lu toutes tes sources mais j’ai trouvé une grande intelligence du collectif Justice pour Adama qui ne veut pas laisser l’extrême-droite se greffer au mouvement en allant eux-mêmes au front (ahah). C’est une posture que l’on voit rarement j’ai l’impression, à savoir au lieu de boycotter un mouvement, y aller à pied joint justement pour l’occuper … C’est chouette !

    J’ai également lu ceux de Asssoeunomia et de Agitation Autonome. Passionnant également, bien plus poussés que le peu de réflexions que j’en avais moi-même jusqu’à là. Merci pour le partage !

    Si tu le permets, je vais disserter un peu sur mon point de vue, en sachant qu’il n’est pas abouti.
    Sur le racisme et le sexisme présent, je ne vois pas en quoi c’est étonnant. En France, beaucoup de gens le sont. Je viens d’un milieu riche, bourgeois et éduqué, j’ai côtoyé l’ultra-richesse, la jet-set et je suis désormais ouvrière agricole à fréquenter que des ouvrière pauvres … bah ces deux -ismes sont présents absolument partout (moins dans le milieu d’où je viens j’ai l’impression mais c’est peut-être une impression faussée par mon vécu). Donc en retrouver en GJ me parait naturel. (Par contre le fait qu’ils n’aient même pas été au courant de #NousToutes prouve bien qu’ils ne sont pas dans la convergence des luttes (pas bieeeeen), mais que c’est aussi probablement la première fois qu’ils s’intéressent à une lutte (plutôt bien !).)

    Je comprends bien leur colère sans pour autant soutenir le mouvement. Je ne parle même pas des débordements comme les conneries où ils crament des pneus ou roulent à fond entre deux rond-points, pour moi cela reste des anecdotes sur lesquelles notre attention ne doit pas se focaliser. D’autant qu’on a aussi vu des GJ nettoyer les rues après le passage des casseurs, bref.

    Ecologiste dans l’âme, oui ça me fait mal au coeur de voir qu’on se mobilise plus pour une surtaxe de l’essence plutôt que pour les cadeaux aux GAFAM, l’importation de l’huile de palme pour Total etc. Mais en tant que ouvrière assez pauvre ayant viscéralement besoin de sa voiture – je vis à 20 bornes de la première gare et je ne parle pas des marchés, superettes ^^ – je le comprends. Moi-même je me suis demandée comment j’allais faire pour boucler mes fins de mois déjà difficiles avec cette augmentation. Du coup je cherche à changer de travail pour me rapprocher de mon domicile (mais je suis jeune, diplômée, blanche donc c’est facile pour moi de pouvoir prendre cette décision, un.e racisé.e de cinquante ans aura beaucoup de difficultés à faire la même).

    Une chose qui me gêne vraiment dans ce mouvement, comme beaucoup d’autres mouvements d’ailleurs, c’est le fait qu’on bloque les mauvaises personnes. Évidemment j’ai compris l’enjeu à bloquer les routes, ouvrir les péages : ne pas faire rentrer d’argent dans les caisses de l’État. Soit. Mais dans la même semaine, y’avait le Black Friday qui a encore attiré des millions (milliards même, non ?) d’euros. Cela me fait penser soit à un manque de cohérence, soit à un je-men-foutisme de beaucoup de gens qui s’en fiche de filer de la thune à l’État.
    Ce que je veux dire, c’est qu’il serait tellement facile de bloquer les abords de l’Elysée … ! Je travaille rue de l’Elysée parfois – un très joli jardin ^^ – chaque semaine et je me dis qu’avec juste CINQ bagnoles, on bloque tout : on en met deux place Beauvau, une rue des Saussaies devant l’Intérieur, une rue de Duras et une rue de l’Elysée, juste avant la barrière et voilà ! On fait pareil à Matignon et là on les fait vraiment chier nos dirigeants. Qu’est-ce qu’ils s’en fichent du périph bloqué …
    Mon libraire – un chouette révolutionnaire ahah – a une autre idée que j’aime beaucoup : c’est faire une chaîne humaine, en mode sitting, autour des lieux de pouvoir. On arrive à plusieurs centaines gentiment autour de l’Elysée et au signal, pouf on s’assoit tous. Taper sur des gens sagement assis qui bloquent tout, ça risque de donner une image terrible de la France si elle s’y risque et les flics/CRS auront alors bien du mal à débloquer les accès du Palais …

    Bref, c’est un peu en vrac, j’espère ne pas dit trop de bêtises car je ne me focalise pas non plus beaucoup sur ce mouvement mais voilà ce que j’en pense 🙂

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    1. Ohlala merci beaucoup pour ces réflexions ! Je te rejoins assez, mais pour les formes de vlocagb et manifestations, je pense que c’est un peu comme le reste, c’est une première expérience donc ça varie et ça tâtonne un peu…mais y’a eu beaucoup de barrages filtrants. l’Elysée ou le Luxembourg c’est pas si facile, ils envoient les CRS super vite. Je me souviens de rassemblements purement symboliques avec peu de monde l’an dernier, et y’avait un tel déploiement ! Mais y’a quand-même eu un truc aux Champs-Elysées, ce qui déjà n’est pas commun, c’est jamais autorisé pour les manifestations declarees. Mais en tout cas c’est justement le propos des syndicats et organisations de gauche, défendre l’idée de grèves qui réellement la pression 🙂

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  4. Merci pour cet article très intéressant, qui m’aide à changer (un peu !) ma vision des choses. J’avoue que jusqu’ici, ma position se résumait à : « ras le bol des gilets jaunes ». Et l’invisibilisation de la manif Nous Toutes du 24 novembre n’a fait qu’accentuer mon agacement. Mais je me sens plus « nuancée » après avoir lu ton article et celui de la Croix que tu as mis en lien. Quelle que soit la forme que prend cette colère (légitime), il faut l’entendre et l’écouter. Tout en condamnant les (nombreux ?) abus, évidemment.

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  5. Je retiens deux choses :
    1) Je vais devoir changer mon trajet ce samedi – smh –
    2) Je n’ai toujours rien compris :/

    Mais il faut dire que je réagis « à chaud » (je n’ai pas encore eu le temps de lire toutes les références mais ça ne saurait tarder).
    Dans les grandes lignes, il me semble que les Gilets Jaunes c’est avant tout une protestation contre la taxe sur le carburant (c’est ça?). Je n’ai pas de voiture, je ne compte pas en avoir donc je ne me sens pas du tout concernée pour être sincère. J’avoue aussi que c’est un peu un comportement de passager clandestin (pardonnez-moi mais il fallait que sois honnête).
    Ensuite tu as parlé de mouvement anti-racisme et féministe et là tu m’as complètement perdu (ahahah). Si j’ai bien compris, le point soulevé c’est une convergence des luttes? Parce que je ne vois absolument pas le lien entre carburant et racisme (tu me contrediras si je me trompe).
    De ce que j’ai pu rassembler comme idées, j’ai l’impression que pour chaque « lutte » c’est finalement la même chose : une seule perspective, un seul point de vue…
    Qu’en est-il de la question économique? De la question écologique? Y’a pas si longtemps un certain ministre démissionnait et tout le monde s’est indigné que l’Etat n’en faisait pas assez pour la planète…
    En tout cas, il faut que je creuse encore.

    P.s : ça m’a fait pensé au TED de Chimamanda N’Gozie Adichie sur la « single story » ou le danger d’une histoire unique (quand je parle du fait qu’un seul point de vue soit défendu).

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    1. Coucou ! Alors en fait il est vrai que j’ai rédigé l’article sans présenter les bases de la contestation, car beaucoup de media en parlent, mais c’est effectivement utile de l’avoir en tête. C’est bien la hausse de la taxe sur l’essence qui a déclenché ça mais beaucoup d’autres revendications s’y sont agrégées. J’ai essayé de donner des pistes de réponses aux questions autour de la composition du mouvement, et de ses objectifs mais il y a d’autres questions à se poser probablement 🙂

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  6. Déjà, essayer de discuter avec des personnes avec des fondamentaux moraux différents est juste illogique. Donc je ne vois pas comment on peut espérer une union qui mène quelque part.

    Pour moi, le point crucial de départ, c’est l’éducation, ce qui implique une éducation au scepticisme et aux médias.
    Mais même avec ça et une politisation progressiste des gens en général, je n’arrive pas à imaginer ce que l’on est supposé faire ensuite : qu’es-ce qui rendrait la manifestation plus efficace dans ces conditions ?
    Il faudrait cibler correctement ce que l’on veut attaquer, mais il y a un problème : certain.es se revendiqueront de la révolution française, d’autres de mai 68… mais le monde s’est bien complexifié, aujourd’hui ! ! Es-ce que ce genre de luttes n’est pas devenu has been à l’heure d’un monde où un peu tous les pays sont liés entre eux sur plusieurs plans ?

    C’est d’ailleurs assez rigolo qu’à ce que je sache, les Gilets jaunes soient un mouvement franco-centré…
    (après, d’autres pays ou parties de pays ont un référendum d’initiative populaire, ce qui est déjà un plus…)

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    1. Je ne peux qu’être d’accord pour l’éducation au scepticisme et aux médias ! Mais je pense que les gens peuvent changer, beaucoup de personnes ont des opinions xénophobes ou anti fonctionnaires par exemple, mais qui ne sont pas forcément des opinions très ancrées ou très importantes dans leur vie. Il y a régulièrement des personnes qui racontent avoir abandonné ces idées après avoir vécu une grève aux côtés d’autres personnes (notamment syndicalistes) qui avaient des idées différentes. Donc je pense qu’il ne faut pas condamner d’emblée quelqu’un et se dire que ça ne sert à rien d’échanger. Entre deux militants oui ça je comprends, je vais pas aller m’amuser à discuter avec des élus FN !! Mais pour beaucoup de gens, ces opinions ne sont pas aussi fortes.

      Sinon tu as raison, on ne pourra pas changer les choses à l’échelle d’un seul pays, c’est pour ça que les organisations de gauche qui se réclament encore du socialisme/communisme (pas celui du PS, et a priori pas celui de la FI non plus) sont internationalistes… Dans le sens où elles considèrent que les travailleurs.euses sont exploitées partout et qu’il faut un mouvement plus large, dans différents pays, pour espérer un changement de système radical. On ne verras pas ça à l’échelle de notre vie c’est clair, mais en attendant il y a des « petites » batailles à mener. Une augmentation du SMIC ce serait inédit depuis des décennies par exemple, et ça contribuerait à redonner confiance dans l’action collective, ce qui n’est quand-même pas rien

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  7. Je suis d’accord avec toi quand tu dis qu’il ne faut pas sombrer dans le dédain complet de ce qui se passe aujourd’hui.

    Trop vite j’ai vu les cris de ceux qui hurlaient à la récupération de l’extrême droite et j’ai eu peur que cette suspicion fracture le mouvement des GJ en deux. alors que la réalité est plus complexe.

    Mais il ne faut pas non plus être dans l’enthousiasme béat car aujourd’hui j’avoue ne pas savoir dans quelle direction on va.

    Une partie du peuple se relève et se dresse face à un système profondément injuste, mais ce peuple puise sa force dans l’énergie du désespoir et du coup la situation me parait assez bloqué pour le moment :/
    I

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    1. C’est toujours comme ça quand la colère explose… C’est un travail de longue haleine de construire des mobilisations collective, il faut aller à la fois contre la contestation spontanée sans forcément de boussole politique, contre la bureaucratisation des partis… Mais bon, on a pas vraiment d’autre choix que d’essayer !

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  8. Merci pour cette explication claire et nuancée. N’étant pas en France je ne vis pas vraiment la situation, et malheureusement à l’Extérieur on voit surtout les débordements. C’est passionnant pour moi d’y réfléchir sous un autre angle et de voir l’espoir que cela peu apporter. C’est vrai que si déjà cela pousse ces gens à se renseigner et à se bouger, c’est un pas énorme.

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  9. Je profite d’être de passage sur ton blog pour te remercier pour cet article… même si je ne l’ai pas encore lu. Je pense que ça devra malheureusement attendre mon trajet en train du 20 décembre ! Je serai en tout cas contente de pouvoir prendre le temps de me plonger dans ton article et ceux que tu as sélectionnés (avec soin, je n’en doute) sur le sujet !

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  10. Merci beaucoup pour cet article Irène !! Je dois dire que ça reflète absolument ce que je pense de ce mouvement : ???
    Je ne sais absolument comment me positionner par rapport aux gilets jaunes. Le fait de revenir en plein dedans et d’avoir loupé le début de la mobilisation ne facilite pas les choses, mais je trouve tout de même cela extrêmement complexe.
    Il y a des récupérations de TOUS les côtés et j’ai un peu la sensation d’être face à un mouvement où il y a clairement à boire et à manger. Je trouve les revendications floues et j’ai du mal, en tant que militante écolo, à me projetter dans le rassemblement des Gilets Jaunes. J’essaie cependant de nuancer et pas plus tard qu’hier, nous sommes tombés sur le 19/45 d’M6 qui était si incroyablement partisan (cf. anti gilets jaunes) que j’en étais totalement estomaquée. ça faisait très ORTF !
    Après, il y a une MONTAGNE de sensibilités différentes. J’ai l’impression d’être face à un gloubi boulga idéologique et…je bloque 🙂
    Il faut leur accorder au moins une chose: ils ont réussi à fédérer vite (trop ?), beaucoup et à convertir cette fédération en actions concrètes (même si beaucoup sont, à mon sens, condamnables).
    Donc, j’y vois plus clair sans y voir plus clair – Mais je m’y attendais ^^
    Merci encore pour cet article salutaire et bonne journée à toi !

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    1. Oui c’est un peu ça, un gloubi boulga idéologique, avec des intérêts pas toujours convergents loin de là ! C’est toute la difficulté… La question ensuite c’est qui sera en mesure de peser, et est-ce qu’il y a des chances de construire quelque chose de plus large plus ambitieux et plus cadré ou est-ce que la nature même des revendications initiales l’empêchent… Aucun consensus là dessus évidemment. Perso je ne me fais pas d’illusions la révolution n’est pas pour demain, donc je crois qu’il faut porter notre regard sur les dynamiques locales, qui n’impliquent pas forcément les mêmes réponses (petit instant propagande mais : le mag d’Alternative libertaire est en kiosque pour trois euros, il y a des témoignages sur les situations en Province et ça parle aussi d’écologie et de féminisme 😉 http://www.alternativelibertaire.org/?-AL-de-decembre-est-disponible- )

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  11. Les dérives, la « récupération », les violences défocalisent l’impact et détournent l’attention alors quelle devrait être constamment braquée les iniquités d’un gouvernement juste là pour s’en mettre plein les poches en se moquant du sort du peuple !

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  12. Bonjour,
    un article très documenté. concernant les gilets jaunes, il me semble qu’il faut différencier plusieurs aspects.
    les revendications qui ont comme socle commun le mieux vivre, mais le mieux vivre est-ce vraiment pouvoir consommer plus ou aspirer à une société différente ?
    Les modalités d’action, par contre, se trompent pour moi, totalement de cible. Viser à bloquer les autres citoyens, n’amènent rien, et au final ce sont les citoyens qui paieront la note.
    Combien de gilets jaunes ont participé aux dernières élections ? Combien poussent leur caddie dans les grandes surfaces ?

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    1. Bonjour et merci d’avoir pris le temps de lire mon article ! D’autres analyses ont été publiées depuis qui confirment dans l’ensemble que la composition des gilets jaunes et leurs revendications sont plus complexes que ne le laissaient penser les premières réactions. A priori, dans pas mal d’endroits différents modes d’actions sont proposés car ce n’est pas agréable non plus pour les GJ de bloquer les personnes qui habitent dans les mêmes endroits qu’eux… Donc il y a par exemple des opérations péages gratuits, des occupations de rond points mais sous forme de barrage filtrants, etc. Parfois il y a quand-même des blocages, mais je pense du coup que vous ne déplorerez pas le blocage de grandes surfaces 🙂 ?

      Je ne suis pas sûre de comprendre votre dernier point : est-ce que cela voudrait dire qu’on serait moins légitime à se mobiliser et à produire des discours politiques, sous prétextes qu’on l’a peu fait par le passé (sachant que le vote n’est pas l’apha et l’omega de la participation politique)… ? Ou parce qu’on va faire ses courses comme tout le monde dans les endroits adaptés à notre budget (souvent restreint dans le cas des GJ) ? (Mais je comprends peut-être de travers, si c’est le cas désolée)

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