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15 pistes pour s’engager au-delà des gestes individuels

Cet article plonge ses racines dans la lecture des réactions à mon article sur les limites de la consommation éthique (dont il constitue une forme de suite) et dans de récurrents débats notamment sur Instagram, ainsi que dans les échanges que j’ai eus avec Justine, l’autrice du blog Les Mouvements zéro. Dans son article intitulé Mon illusion de militante zéro déchet, elle explique comment elle a pris conscience des risques qu’il y avait à s’enfermer dans une démarche individuelle tournée vers toujours plus de perfectionnement, et évoque l’articulation entre responsabilité individuelle et responsabilité collective. Enfin, elle partage les choix qu’elle a fait dans le but de donner une dimension plus collective à son engagement : descendre dans la rue pour soutenir d’autres luttes, partager son expérience, adhérer à des associations militantes, s’informer et débattre. Plus récemment, Béné du blog Sea and Seed a publié sa checklist pour passer des petits pas aux grand pas écologiques. Des initiatives bienvenues…

En effet à plusieurs reprise, des personnes qui me lisent m’ont confié leur désarroi devant les critiques visant l’action individuelle. Cela signifiait-il qu’elles n’en faisaient pas assez ? Qu’il fallait aller ENCORE plus loin, faire encore plus alors que la tâche paraissait déjà ardue ? La perspective n’est pas très enthousiasmante, et le risque est alors de baisser les bras d’emblée. Sans doute avons-nous une responsabilité, nous qui sommes prompts à appeler à « aller plus loin », à « dépasser » (ce que je reproduis encore dans le titre faute de mieux)… en omettant de  souligner qu’il ne s’agit pas tant de faire beaucoup plus que de faire différemment. Défocaliser le regard et l’action de la quête individuelle, c’est aussi être plus indulgent avec soi-même, c’est répartir différemment son énergie et son temps. Reste une question : agir plus collectivement, d’accord mais dans quel but ? Certes parce que ça « fonctionne mieux », que c’est la seule voie pour résister, pour imposer quelques changements aux entreprises, aux collectivités, aux États… Mais de ce constat à la volonté de militer contre le capitalisme, il y a un fossé qui ne se franchit pas d’une légère enjambée. 

Les suggestions que je fais ici dans cette perspective sont de nature diverses, aucune n’est LA bonne solution… elles ouvrent des pistes dont chacun•e se saisira différemment en fonction de sa sensibilité, de ses difficultés sociales, du lieu d’habitation, de ses moyens, de son degré de politisation, de son emploi du temps, etc. De plus, cela va de soi, elles n’attendent que d’être complétées, commentées, critiquées par vos soins !


De l’action individuelle aux mobilisations collectives

Nous voilà donc face à nos questions, après avoir lu une poignée de critiques acerbes vis-à vis « petits gestes » et parcouru diverses analyses pointant l’impasse de l’action individuelle fondée sur les pratiques de consommation (peut-être sur ce blog). Nous sommes à peu près convaincus : même si ces actions sont importantes pour moi, c’est vrai que je ne menace pas franchement le capitalisme en consommant bio et végétarien… Sauf que je ne me vois pas du jour au lendemain enfiler un gilet CGT ou brandir le drapeau rouge, en fait la politique ça me dépasse et ça m’effraie un peu je commence tout juste à m’y intéresser. Mais alors par où commencer, et comment ? Peut-être en cherchant des pistes dans les luttes mêmes qui fondent nos  »  gestes » quotidiens, en cherchant comment donner à notre soutien une dimension plus collective. On peut le concevoir comme un premier pas pour « désindividualiser » notre action : construire à partir de ce qu’on fait déjà, faire juste un pas plus loin, mais dans la même direction.

 

1- Soutenir financièrement des associations et collectifs et/ou adhérer lorsqu’on en a les moyens (il y a souvent la possibilité d’adhérer selon ses moyens par ailleurs). L’adhésion et les dons réguliers permettent aux collectifs militants de prévoir à moyen et long terme et leur confère une stabilité. Les boutiques militantes permettent aussi d’apporter un soutien tout en donnant de la visibilité aux actions (livres et livrets d’informations, autocollants…)

2 – Participer ponctuellement à des évènements, ce qui n’engage pas sur le long terme mais permet d’une part de se familiariser avec l’action collective (manifestations, actions de sensibilisation, affichages) et donc de le rendre moins « effrayant », et d’autre part offre une occasion de discuter avec des militant.es.

3 – Proposer un soutien logistique, matériel.

Exemple : se proposer comme personne ressource pour prêter un moyen de transport (voiture, vélo), imprimer des affiches ou des tracts, mettre à disposition un lieu de réunion

4 – Sauter le pas et militer plus régulièrement dans un collectif

Exemple : Si vous faites particulièrement attention à vos achats de vêtements, si l’impact social et environnemental de la mode vous tient à coeur : le collectif Ethique sur l’étiquette organise des campagnes d’information, des boycott, et un soutien aux travailleurs.euses en lutte de l’industrie textile

Les possibilités varient grandement selon l’endroit où l’on habite : il y a des quasi déserts militants…  Si on peut soutenir financièrement à distance et relayer des informations, tout le monde n’a donc pas les mêmes opportunités de s’engager régulièrement. Toutefois, si c’est particulièrement vrai pour les organisations politiques (encore plus lorsqu’on parle d’organisations politiques révolutionnaires) il est en revanche plus rare de n’avoir autour de soi aucune association, aucun type de collectif portant des revendications mêmes très locales (bon, parfois ça arrive qu’aucun ne nous soit sympathique en revanche…). Ces « petites actions collectives locales » ont aussi leur intérêt.

5 – Identifier les associations et collectifs au niveau local, voire très local : à l’échelle de la commune, du quartier, peut-être même de sa résidence ! Être présent dans ces petites structures, c’est aussi apprendre à connaître les personnes qui vivent près de nous, apprendre à faire ensemble malgré les éventuelles tensions et obstacles. Et participer à resserrer le tissu local et les solidarités qui se construisent dans ce quotidien et dans les « petits » enjeux de la vie collective. Quand il y a mobilisation, ce sont aussi ces solidarités là qui permettent que ça tienne…

6 – Soutenir des mesures qui ont du sens autant du point de vue écologique que social, à partir desquelles on peut parler à tout le monde et pas seulement à celles et ceux qui consomment le plus facilement. Pas besoin de savoir se positionner précisément d’un point de vue politique, on peut venir avec ses incertitudes : souvent, à défaut, on sait au moins ce dont on ne veut pas !

Exemple : collectifs pour la gratuité des transports en commun, luttes pour les conditions de logement, pour des services publics accessibles à tous, …

Ces quelques pistes peuvent être mises en œuvre pour toute cause qui vous tient à cœur. Cependant, il peut subsister ce sentiment d’insuffisance devant la globalité des enjeux politiques, devant la multiplicité des luttes toutes aussi importantes… De mon côté, c’est ce qui m’a conduit à adhérer à une organisation politique. J’avais le sentiment que je ne pourrai pas être partout : aux rassemblements de soutien, aux manifestations, aux conférences-débats, aux journées de sensibilisation, aux festivals militants…? Dans les luttes féministes, dans les luttes environnementales, dans la cause animale, dans les luttes sociales ? (J’aurais pu citer bien d’autres luttes, cependant gardons en tête que pour les oppressions que nous ne vivons pas, il faut penser à garder une position d’allié·es actifs plutôt que de vouloir s’investir à fond dans les mouvements de luttes en question). Je percevais que ces enjeux étaient liés entre eux, et plus le temps passait, plus il me semblait incontournable de m’investir dans un mouvement politique dont la lutte porte sur l’ensemble du système politique et économique (en l’occurrence, un mouvement communiste libertaire, l’UCL). Bien sûr, toutes ces luttes ne doivent pas être abandonnées, et nombre de militant·es conjuguent (plus ou moins facilement) un engagement dans une lutte donnée et leur militantisme politique. Si ces questionnements vous parlent,

 

Premiers pas politiques !

La politique ça fait peur, mais refonder du collectif, participer à son échelle, ça peut commencer par des petits gestes plus modestes. Et oui, on reparle de petits gestes ! Tout aussi ancrés dans la vie quotidienne, mais dans ses dimensions collectives : lieux de travail, lieux de rencontre et de sociabilité

7 – Vous avez peut-être, des ami•es plus politisé•es que vous (et avec qui vous n’avez pas toujours le courage d’entamer le débat…). Si ce sont des personnes que vous appréciez et avec qui vous avez des relations sereines, prenez quelques conseils de lecture ou de films à regarder, posez des questions.  Demandez des formats accessibles et pas trop indigestes, sur le mode « introduction », ou bien des contenus qui collent à une question centrale pour vous, quelque chose qui vous anime en particulier. Vous pouvez ainsi prendre cette lecture/ce visionnage comme point de départ : quelles références plus anciennes ou « classiques » sont citées éventuellement dedans ? Qu’est-ce qui a été produit d’autre sur le sujet avant ou après ? (Vous pouvez me demander des conseils si vous voulez^^)

8 – Repérez les conférences et autres débats près de chez vous, après avoir identifié les sites qui proposent des agenda militants. C’est l’occasion d’en apprendre plus sur un sujet particulier, et de venir discuter directement lorsqu’il s’agit d’un évènement local avec peu de participants (sur le mode apéro-débat). Vous pouvez aussi y traîner des potes qui en sont à peu près au même stade que vous (ou pas d’ailleurs), ce qui sera l’occasion…

 9 – … d’essayer à votre tour de parler politique avec vos amis. Pas seulement en mode « pour qui tu veux voter? » (encore que ça peut être intéressant comme point de départ), mais si vous vous questionnez, confiez leur. Dites ce qui vous révolte, ce que vous avez lu, quelles réflexions vous avez dessus… Mettez de côté les articles, vidéos youtube et autres ressources qui ont été importantes pour vous, qui vous ont fait avancer dans vos réflexion et qui vous semblent faciles d’accès, proposez d’en discuter

Attention cependant : on a vite tendance à le faire sous forme de partage Facebook ou Twitter, or ne nous leurrons pas… D’une part nous touchons surtout des personnes avec des sensibilités similaires, d’autre part, c’est davantage dans le cadre d’une interaction personnelle qu’on a l’occasion de creuser des questions, de se faire réfléchir mutuellement. En d’autres termes, une discussion suivie, régulière avec un copain / une copine d’enfance que vous aimez beaucoup mais qui n’a pas toujours les mêmes avis que vous est probablement plus pertinente que des partages automatiques qui nous donnent trop souvent l’impression d’avoir agi (alors qu’en fait, ben pas trop hein. Le clictivisme a ses limites).

Exemple : Vous pouvez piocher par exemple dans les revues de presse du site Convergences, et, j’espère, dans la rubrique Remue-méninges de ce blog

10 – Syndiquez-vous si vous le pouvez ! Peut-être que vous ne pouvez pas piffer votre représentant·e syndicale ? L’enjeu ne se limite cependant pas à sa personne… au pire, prenez vos infos ailleurs. Adhérer à un syndicat, c’est un moindre engagement, et ce n’est pourtant pas anodin. Parfois on ne sera pas d’accord avec tout, mais combien d’adhérents de la CGT n’ont jamais émis de critiques vis à vis de leur bureaucratie ? Ce sont aussi les adhérents, les militants qui font un syndicat, qui lui donnent du sens.

Pas de syndicats et pas la possibilité d’en avoir ? Essayer de favoriser des moments communs avec les autres travailleurs.euses, peut être mailing liste, whatsapp… si vous vous entendez bien, l’occasion d’envoyer de temps en temps des articles, infos, dates de mobilisation si vous vous sentez à l’aise de le faire. Et ça peut aussi être de petits enjeux, de petites revendications à votre échelle

11 – Dans la rue, vous évitez comme la peste les militants syndicaux et les groupes militants de gauche qui tentent de vendre leurs journaux hebdomadaires ou distribuent des bulletins d’entreprise ? Tentez de les voir autrement : si on s’accorde sur la nécessité de se mobiliser ensemble, d’aller plus loin que les actions individuelles, pourquoi rejeter d’emblée l’échange avec celles et ceux qui finalement se battent pour ça, même si on ne partage pas toutes leurs convictions ? Prenez donc les tracts d’information et bulletins et lisez-les : qu’est-ce qui vous gêne, qu’est-ce qui soulève des questions ? A contrario, que partagez-vous ? Achetez leur aussi un journal de temps en temps, ils sont généralement peu chers et si vous n’êtes pas entièrement convaincus, ils permettent en tout cas de se tenir au courant de l’actualité des luttes en France en particulier dans les entreprises (des infos qu’on aura peu autrement).

12 – Dans la même veine : acheter, mieux, s’abonner à la presse militante. Les médias engagés (dont je reparlerai sur le blog : abonnements en ligne mais aussi à des magazines et revues papier) mais aussi les revues et journaux des organisations politiques dont vous vous sentez le plus proche, même si vous ne partagez pas tout. On les trouve parfois en kiosque : en ce qui concerne les organisations révolutionnaires, c’est le cas du mensuel Lutte de classe (Lutte ouvrière), du mensuel Alternative libertaire ou encore du Monde Libertaire (Fédération anarchiste). On peut généralement s’abonner en ligne, ou en envoyant un bon d’abonnement (en lien).

13- Faites-vous le relais des militants : achetez deux journaux au lieu d’un et filez en un à quelqu’un d’autre, laissez traîner le vôtre après lecture, parlez des prochains évènements autour de vous (manifestations, grèves, réunions syndicales, conférences-débat…)

14 – Si une organisation politique ou un syndicat vous est sympathique, si vous êtes convaincu.e de l’importance des luttes portées… se reporter aux conseils de la première partie !

15- Faites grève le cas échéant si vous en avez la possibilité, et relayez les caisses de grève. C’est un engagement difficile, à la fois matériellement du fait des pertes de salaire, mais aussi parce que ce choix peut créer des tensions avec d’autres collègues… et bénéficie malheureusement d’une très mauvaise presse (on se souvient de tous les reportages uniquement focalisés sur la soi disant « prise d’otage » par les  grévistes !). Néanmoins, c’est une expérience formatrice et c’est un outil de lutte qui reste fondamental aujourd’hui. Et contrairement à ce qu’on entend parfois, la lutte paie souvent.


Que vous inspirent ces pistes ?

35 réflexions sur “15 pistes pour s’engager au-delà des gestes individuels

  1. Bonjour, tu n’as aucune pitié pour moi. J’ai pris des notes car ton article est très pertinent. Tu parles d’échanges et je vais y ajouter le partage entre générations. Trop souvent, les âges de la vie s’affrontent alors qu’ils sont complémentaires.
    Je me suis bien reconnue dans le parcours politique d’ailleurs et je suis heureuse de lire que les jeunes prennent le « relais ».
    Chaque petit geste est important mais c’est vrai, il doit être partagé et envisagé sur du long terme.
    Alors si tu le permets, je vais reprendre le thème que tu abordes et y ajouter un témoignage afin, je l’espère, d’ouvrir d’autres pistes ou plus simplement, d’autres manières de les aborder.
    Je te souhaite une bonne fin de journée.

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    1. Je me réjouis que ça te donne envie de témoigner ! La question générationnelle et plus généralement celle de la transmission dans le militantisme m’intéressent (surtout du fait de cette impression récurrente qu’on a la mémoire courte et qu’on reproduit perpétuellement des erreurs passées). Merci à toi

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  2. Super article comme d’habitude ! Très constructif et juste. S’investir dans les petits collectifs de quartier c’est une chouette idée, je n’y avais pas pensé 🙂 Et merci pour les liens (de lien en lien, j’ai découvert un article sur la futur réforme des retraites sur Paris-luttes.info qui était très instructif !)

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  3. Cet article invite, entre autres choses, d’acheter voir de s’abonner à la presse militante. L’occasion pour faire de la publicité pour lePeuple breton , mensuel de qualité trop méconnu, traitant defédéralisme et d’autonomie régionale, des thématiques liées à la gauche, d’écologie politique, de solidarité entre les peuples…

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  4. Je m’appuie sur mon métier…certes je m’engage dans un petit collectif. 😉 je transmets dans ma classe et au sein de mon école. En un an de présence dans ma nouvelle école, je trouve que des lignes (petites) ont bougé.

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  5. Quand tu dis d’éviter les mouvements d’extrême gauche dans la rue, ça me fait penser à ma réaction lors des deux seuls rassemblements où je suis allée. Les marches du climat des jeunes (youth for climate) et celle pour les droits des femmes. A chaque fois, les Jeunesses Communistes ou le PCF étaient là, pancartes brandies. J’ai trouvé ça hyper dommage qu’ils fassent de la récupération comme ça, surtout que dans l’esprit des gens qui n’adhèrent pas aux idées de l’extrême gauche, quand ils voient des féministes et de l’extrême gauche, ou des gens se battant pour que le monde soit respecté (écologie), ils peuvent se dire : ces combats = militants d’extrême gauche. Alors que pas du tout. Le féminisme ne devrait pas avoir à faire avec les partis.
    J’ai aussi parlé brièvement avec des gens qui refilaient des prospectus de tous petits mouvements communistes… Toutes les occasions sont bonnes ! (ironie)

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    1. Je suis en partie d’accord : oui effectivement brandir direct ses panneaux et ses symboles c’est pas le truc à faire je pense, d’un autre côté ce n’est pas forcément de la « récupération » dans le sens où ce sont des luttes déjà présentes dans ces mouvements politiques donc souvent les groupes de jeunes concernés ont pas le sentiment de récupérer mais juste d’être « à leur place ». Ceci étant dit c’est mieux si ça se fait avec discrétion, et si on privilégie l’action concrète au côté des mouvements féministes ou écologistes en l’occurrence, plutôt que la visibilité symbolique avec panneaux et pancartes ultra visibles. Idem pour les gilets jaunes d’ailleurs, de mon point de vue c’était absolument nécessaire que les militants se mouillent et aillent y défendre leurs idées… Mais pas en cherchant à tout prix à ramener la couverture à soi !

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    2. Bon par contre pour moi ce sont des mouvements d’extrême gauche ou ca devrait l’être donc la dessus je suis probablement pas d’accord avec toi… Dans le sens où pour moi un féminisme ou un écologisme libéral sont forcément des impasses. Donc j’ai pas particulièrement envie que ça « transcende » les tendances politiques, j’ai plutôt envie que ça soit investi par les mouvements révolutionnaires, et que ça prenne massivement une orientation révolutionnaire

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      1. Oui je comprends. L’écologie est au coeur du débat politique mais ça devrait concerner tout le monde. Je ne nie pas le fait que les mouvements d’extrême gauche laissent plus place à l’écologie. Mais je ne suis pas d’accord avec leur manière de faire, leur propositions de financement (car la question du financement est cruciale) : c’est souvent assez simpliste, pour mon avis. Mais oui, on ne peut pas continuer dans le libéralisme, je suis d’accord !

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      2. Tu imaginerais quoi de ton côté alors ? (Je précise que je parle de mouvements révolutionnaires de mon côté, je n’inclus pas la gauche type FI. Donc la question des financements ne s’applique pas vraiment dans la mesure où ces mouvements là ne cherchent pas à prendre le pouvoir dans ce système électoraliste là)

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      3. Ah oui je comprends, ils veulent un autre système ! Comment cela fonctionnerait-il ? Je ne sais pas exactement, pour le moment je me renseigne, mais les mouvements type anarchistes ne me paraissent personnellement pas réalistes. Ni les extrêmes, je n’aime pas les extrêmes.
        Ne plus chercher à tout prix la croissance, s’éloigner des chiffres en ayant une population « heureuse mais pas selon le PIB », je ne sais pas si tu vois ce que je veux dire. Après je ne sais pas tellement encore. Je sais plus ce que je ne veux pas XD mais je ne veux pas tomber dans le piège de tout refuser sans rien proposer 🙂

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      4. De mon point de vue, la notion de réalisme est à interroger, de même que celle d’extrémisme 🙂 par rapport à quoi veut-on être réaliste ? Comment est-ce qu’on évalue ce qui est possible ou impossible, et sur quelle échelle temporelle ? Je pense que la réponse ne coule pas de source. C’est encore plus criant par la notion d’extrême, quelle est le repère de la « modération », étant donné que les « modérés » d’une époque peuvent être considérés comme radicaux quelques décennies plus tard ? (par ex la FI est classée aujourd’hui à « l’extrême gauche » parfois alors que le programme n’est pas plus ambitieux que la gauche parlementaire du milieu du XXe, et souvent moins !). Du coup j’ai tendance à éviter le terme extrême ou extrémiste et à regarder plutôt les conséquences, les valeurs et le projet défendu, quelle que soit la perception d’un mouvement à l’échelle de la société ou dans les médias. Après bon, j’en arrive à cette conclusion après des années de questionnement bien sûr… Sinon pour te répondre plus concrètement, le projet de société varie un peu selon les tendances politiques : certaines tendances communistes révolutionnaires vont axer l’essentiel de leur action sur le fait de recréer une conscience de classe dans les milieux ouvriers et travailleurs-euses plus largement en prévision d’une prise de pouvoir collective (donc le fonctionnement concret de la société défendue reste peu développé car on va considérer dans cette perspective qu’on pourra se poser la question une fois qu’on sera en mesure de créer cette société). D’autres vont davantage développer les grands axes de la société qu’on voudrait, et valoriser davantage les actions « préfiguratrices », qui consistent à expérimenter des aujourd’hui ce qu’on voudrait voir généralisé demain. C’est le cas de l’UCL par ex dont je suis membre. Si tu veux une idée plus précise de ce qui est défendu, le manifeste vient juste d’être publié : http://www.alternativelibertaire.org/?-Manifeste-union-communiste-libertaire-

        C’est un peu long parce que l’idée est justement de développer à la fois ce qui est défendu sur le fond, et comment on pourrait y parvenir. Je suis en tout cas d’accord sur la nécessité de ne pas être seulement dans la contestation 🙂

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  6. Merci pour ces pistes !
    Peut être à ajouter, d’aller dans des lieux militants. ZAD, collectifs auto-gérés, cantines, etc. Ca rejoint un peu l’idée de participer ponctuellement à des évènements mais pas tout à fait je trouve parce que c’est y aller alors qu’il n’y a pas forcément de lutte à ce moment-là, ou d’évènement. De mon côté, ça m’a aidée à rencontrer des personnes militantes, à déconstruire pleins de mes préjugés, à dévorer les info-kioskes, trucs comme ça. Le pas avant celui d’agir dans des luttes.
    Voilà.
    J’ai rencontré aussi récemment des personnes de l’UTTA (Union des travailleuses et travailleurs anti-autoritaires) et je voulais savoir si yavait des liens avec l’UCL ou pas.
    Merci et bonne journée
    Clémence

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  7. Hello! J’ai été lire l’article sur les petits gestes du coup je peux essayer formuler mes impressions. J’avoue que la nouvelle (documentée avec chiffres cette fois) sur l’insuffisance des actions individuelles, même très poussées, est un méchant coup au moral alors que peu de leviers sont aussi aisément accessibles et aussi concrets pour le particulier. De ma maigre expérience, le milieu associatif n’est pas toujours des plus efficaces car là encore, on peut s’apercevoir assez vite qu’au niveau collectif aussi ce sont toujours des « petits gestes » qui sont mis à l’oeuvre, on ne s’attaque pas aux sujets qui fâchent, par manque d’envie, manque de moyens, manque de temps et manque de personnes (ceci étant c’est très variable selon les associations, mais avons-nous le temps de faire le tour de ces dernières pour comprendre dans laquelle nous souhaitons agir?). Comme si on ne pouvait pas venir à bout du système autrement qu’en détricotant par minuscules morceaux le système alors que nous n’avons hélas plus le luxe du temps face aux diverses urgences actuelles. Quant à l’aspect projet politique, il semble faire hélas partie de l’hypothétique, et en tant que simple citoyenne, je me pose la question de l’efficacité d’un autre système qui n’a jamais été essayé et dont je ne sais rien au final: c’est le saut dans le vide. Evidemment il faut le courage de se lancer et d’essayer, mais avons-nous même le luxe là encore de pouvoir essayer? De se planter? Et de recommencer? Et par quels moyens efficaces et immédiats? Même si je crois aux initiatives à l’échelle locale, tant en social qu’en écologie ou en politique, ces initiatives doivent être perceptibles, montrer des résultats parce que sans perception des réussites on ne sera pas enclins à se battre et on baissera les bras. Il faut « motiver les troupes » avec du tangible et du réel. Est-ce que les divers projets politiques pour un nouveau système et de nouveaux modes de vie peuvent le garantir? Non. C’est probablement pour ces mêmes raisons que la plupart des gens ne se lanceront pas en politique et on peut difficilement les en blâmer après autant d’années d’abus et de désillusions.
    Il y a aussi d’autres raisons en dehors de la charge mentale, du temps libre, c’est que toutes les professions ne peuvent pas se permettre d’être ouvertement favorables à, mettons, une chute du capitalisme. Des secteurs comme la banque, les assurances, les fournisseurs d’énergie etc. Les employés (pas que dans ces secteurs) ne souhaitent pas perdre leur travail ou en tout cas ne pas prendre des risques sans avoir un soutien: or, qui va payer leurs emprunts, leurs impôts, et tant d’autres dépenses s’ils se font renvoyer? Comment définir des priorités favorables à l’environnement ou au social dans des situations pareilles? (Le fameux « fin du mois » contre « fin du monde »). Dans ces cas se positionner en politique me semble extrêmement compliqué. Peut-être qu’un effondrement fera que malgré tout, des licenciements ou du chômage technique seront bien réels: que prévoir donc dans ce cas? Faut-il attendre (ou provoquer) une nouvelle crise pour qu’il y ait une révolte voire une révolution? Qui va prendre en charge les chômeurs?
    Dans le cas de la consommation, on est d’accord qu’il faudrait la diminuer drastiquement. Concrètement, là encore, cela signifie moins ou pas de travail: à l’heure actuelle rien n’est prévu pour soutenir financièrement ces pertes, ou revoir la distribution du temps de travail. C’est un sujet qui revient constamment, quand on parle de baisser la consommation, qui est pris pour un crime: c’est la mort des commerçants, des agriculteurs, etc c’est ce qu’ils ressentent et ce n’est actuellement pas acceptable pour eux parce qu’ils n’ont aucune garantie derrière. Je pense que tant qu’un parti politique n’aura pas la solution à ce problème et ne communiquera pas dessus, il n’y aura pas de réel investissement des citoyens pour la politique. Et je ne suis pas différente à ce niveau que d’autres personnes, même si j’ai le luxe de disposer de temps pour me rapprocher de structures porteuses d’initiatives et que je me sens très concernée par l’état de notre pays et de notre planète. Clairement, j’ai pas envie de X cataclysmes, j’ai pas envie de vivre dans un monde sans vie animale ou végétale (autre que nous) et dans des conditions épouvantables. Mais malgré tous tes judicieux conseils, j’avoue que cela reste « nébuleux » (sans mauvais jeu de mots 😉 ) et je pense que je ne suis hélas pas la seule à le percevoir ainsi. Je me sens à un tournant et trouver LA solution percutante (politique ou autre) ne saute pas aux yeux et c’est proprement effrayent. Nous sommes des prisonniers.
    Désolée pour la longueur et pour le côté très décousu, ce sont des pensées un peu en vrac. Le sujet est complexe et j’ai bien du mal à structurer tout ça, je pense que tu comprendras. Merci pour tous tes conseils. Il va falloir que je dégage du temps supplémentaire pour étudier tout ça.

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    1. Merci pour ton commentaire, je te réponds plus en détail tout à l’heure ! Mais je peux dire d’emblée que je suis d’accord pour l’associatif, certaines formes d’action collective visent en fait à promouvoir…. Des solutions individuelles, ou peu ambitieuses. Et sinon, sur la question du projet politique, je pense qu’on n’a de toute façon jamais la garantie de réussir, quel que soit le projet. Et pourtant il faut bien aller quelque part ! Donc autant y aller avec un projet qui colle le plus possible à nos valeurs et qui nous semble le plus cohérent et ambitieux, de mon point de vue.

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    2. Comme promis, je reviens pour répondre sur quelques points intéressants que tu soulèves !

      J’ai déjà dit que j’étais d’accord sur le milieu associatif, on y trouve des types de collectifs et d’actions très variées, des dynamiques contrastées, et parfois pas mal de désillusions… en tout cas je me suis assez éloignée des associations écolo ou humanitaires qui m’avaient attirées il y a quelques années (je vais pouvoir dire ans bientôt, hum). Mais certaines font malgré tout un boulot fondamental, je pense à La Cimade et l’Anafe sur la question des droits des migrants par exemple… Cela dit, tu poses la question « mais avons-nous le temps de faire le tour de ces dernières pour comprendre dans laquelle nous souhaitons agir? ». Je pense que c’est un point fondamental : nous n’avons pas toutes et tous les mêmes moyens, la même disponibilité non plus pour s’engager, et parfois on a d’autres urgences au quotidien et on doit se maintenir à flot avant de penser à aider ou s’engager dans un projet collectif. C’est pour ça que j’essaie de prendre soin de ne pas tomber dans la culpabilisation inverse des personnes qui ne feraient « que » de petits gestes dans leur vie quotidienne.

      Ensuite tu poses la question « Quant à l’aspect projet politique, il semble faire hélas partie de l’hypothétique, et en tant que simple citoyenne, je me pose la question de l’efficacité d’un autre système qui n’a jamais été essayé et dont je ne sais rien au final: c’est le saut dans le vide. Evidemment il faut le courage de se lancer et d’essayer, mais avons-nous même le luxe là encore de pouvoir essayer? »
      Ma réponse est assez simple : nous n’avons pas le choix, on doit se lancer. Rien ne sera pire que de ne pas défendre de projet du tout. Sachant que les projets défendus aujourd’hui sont des horizons, on sait pertinemment que si un mouvement de masse se développe, ces projets politiques seront amenés à évoluer, en prenant en compte d’autres réalités, l’évolution du contexte, peut-être des choses auxquelles on avait insuffisamment pensé… et c’est normal, rassurant même, ça veut dire qu’on ne poursuit pas aveuglément un projet dogmatique mais qu’on est capable de l’interroger aussi. De toute façon, d’ici à ce qu’on soit capable de mettre en place et défendre un autre modèle, on doit mettre notre énergie dans le fait de renforcer les contre pouvoirs existants et les espaces de résistance (syndicats, espaces autonomes, collectifs politiques), et d’aller à la rencontre des gens susceptibles de nous rejoindre, de recréer un espoir et une motivation « avec du tangible et du réel » comme tu dis.

      Je pense qu’il faut justement aller contre l’idée qu’on « se lancerait en politique » comme une activité externe, presque une carrière. L’action politique doit précisément partir de ce que vivent les gens, concrètement, au quotidien, de ce qu’ils subissent de difficile, des façons dont ils pourraient se défendre ensemble (que ce soit des conditions de travail inacceptables, des licenciements, le logement, des projets qui menacent l’environnement local etc). On doit bâtir à partir de ça, montrer que tous ces enjeux individuels et locaux ne sont pas des îlots isolés, mais qu’il y a une même logique à l’œuvre dans toutes ces menaces, et qu’on doit y faire face ensemble… c’est un sacré défi, c’est certain.

       » Il faut « motiver les troupes » avec du tangible et du réel. Est-ce que les divers projets politiques pour un nouveau système et de nouveaux modes de vie peuvent le garantir? Non. C’est probablement pour ces mêmes raisons que la plupart des gens ne se lanceront pas en politique et on peut difficilement les en blâmer après autant d’années d’abus et de désillusions. » Effectivement, difficile de les blâmer, mais comme je disais, il faut défendre le fait qu’il ne s’agit pas de « se lancer en politique » comme certains élus ou membres de gouvernement, mais qu’il s’agit de s’organiser pour se défendre et construire ensemble. Et il me semble que l’expérience montre que ces solidarités se créent à travers l’action, à travers une grève qui rassemble des personnes qui se parlaient peu, à travers la résistance à un projet qui affecte un quartier ou une région… Aucun projet sur le papier ne peut garantir que les promesses seront tenues effectivement, c’est pourquoi il ne faut pas croire dans des promesses sur papier, mais bien regarder ce qui se fait concrètement, qui soutient les luttes et comment, et y participer soi-même, me semble-t-il. Pour ça, il y a toute une confiance à reconstruire dans notre capacité d’action, c’est sans doute le plus difficile. Mais ça vaut le coup ne serait-ce que pour remporter quelques batailles 🙂

      Quant aux secteurs de la banque, de la finance etc, sincèrement je pense que ça ne sert pas à grand chose de s’adresser aux personnes qui y travaillent si ce n’est pour les inciter à interroger leur position. Mais je ne pense pas que c’est avec eux qu’on va pouvoir agir en priorité… Par contre je ne m’inquiète pas du tout pour ce que tu pointes : s’ils en viennent à perdre leur boulot, c’est qu’on sera déjà en train de changer de système, donc je vois mal une situation où ça arrive sans qu’on ait pu l’anticiper ! Si ça arrive, ce sera une conséquence d’une transformation déjà en cours, pas l’inverse.

      Pour les chômages et licenciements, ben ça arrive déjà mine de rien. Et on est déjà en crise, c’est omniprésent depuis des décennies avec des poussées régulières comme en 2008 mais dont on ne sort jamais vraiment… Là dessus il me semble qu’on peut agir dès maintenant, en se mobilisant pour un début de transition dans certains secteurs : ça peut consister à exiger la fin de certaines productions ou activités très polluantes tout en soutenant massivement les personnes qui y travaillent en exigeant de manière tout aussi ferme leur réinsertion immédiate dans des secteurs utiles socialement (c’est une piste, ensuite selon le contexte ça peut prendre différentes formes).

      Dans tous les cas, ce n’est pas la baisse de la consommation qui va menacer directement les commerçants, je pense que c’est surestimer l’impact que peuvent avoir nos gestes de consommation individuels ! c’est plutôt des déplacements qui ont lieu jusqu’à présent : les petits commerçants pâtissent bien plus du développement d’Amazon et des Drives que de la baisse de la consommation… et la plupart du temps, les commerçants en question vendent des choses relativement utiles, comme les agriculteurs qui nourrissent tout le monde sans être très considérés. Ce qui les menace actuellement c’est bien plus le système économique déjà en place que la perspective d’une transition environnementale et sociale me semble-t-il (exemple : si on avait la possibilité d’évaluer les besoins, de stopper certaines importations et exportations, et qu’on améliorait la gestion des stock pour éviter les gâchis incroyables qui ont lieu actuellement, la plupart des agriculteurs pourraient vendre directement et plus localement, et auraient des marges plus importantes qu’actuellement avec les intermédiaires… on peut aussi penser par ex à créer davantage de coopératives et d’exploitations collectives plutôt que le modèle poste 1945 de l’exploitation individuelle tenue en couple, avec des couples croulant sous les dettes).

      (Je continue dans un autre commentaire ^^)

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    3. « Je pense que tant qu’un parti politique n’aura pas la solution à ce problème et ne communiquera pas dessus, il n’y aura pas de réel investissement des citoyens pour la politique.  »

      Tout d’abord, les études en sociologie politique et sociologie électorale en particulier soulignent que les citoyens ne font pas forcément des calculs aussi rationnels sur les solutions les plus convaincantes… donc le problème n’est pas forcément à chercher dans le fait que les partis n’aient pas les bonnes solutions (d’ailleurs certains n’en ont pas du tout et sont à la tête de plus en plus d’États… on vote avant tout pour des valeurs, parce qu’on sent que tel ou tel parti semble s’adresser à nous, pour quelques mots d’ordre centraux, ou pour s’opposer à autre chose). Le peu d’investissement politique, déjà ça dépend comment on le définit bien sûr, mais il a des causes multiples. Il naît en partie de la délégation de la politique en soi (« c’est leur boulot, ils sont élus pour ») et du fait qu’on ne soit jamais sollicités en dehors de ces périodes d’élection où on délègue, il peut naître du découragement et de l’écœurement même vis à vis du système en place, d’un fatalisme difficile à combattre… ainsi que d’aspects matériels dont on a déjà discuté : peu de temps, de disponibilité mentale, d’énergie (+ la confiance dans sa capacité à changer les choses, individuellement et collectivement).

      Ceci dit, des personnes investies il y en a pas mal, mais les formes d’engagement changent : moins de personnes dans le militantisme traditionnel (partis, syndicats), mais beaucoup de gens sont investis dans des associations au niveau local, là où ça a un sens pour elles (même si une partie de ces assos sont peu ou pas politisées). Bien sûr moi j’aimerais qu’on transforme cette énergie en organisation politique, mais on peut quand-même constater que bien des gens ne restent pas les bras croisés et défendent des causes qui leur sont chères… et avec ces personnes, c’est important d’aller discuter de ça je pense !

      Voilà, en tout cas on ne va pas trouver LA solution percutante dans le sens d’un projet politique parfaitement cousu, à transposer tel quel, c’est certain. Et c’est pas une mauvaise chose. On n’a pas d’autre choix que de construire ça nous-mêmes à partir de notre force collective, des intérêts communs qu’on a à défendre, en nous nourrissant des expériences passées…

      (à ce propos, je prends volontiers ton avis sur le manifeste de l’UCL qui tente de répondre un peu à ces questionnements, bien que le Projet de société communiste libertaire s’y attelle avec plus de précision)

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      1. Merci pour toutes réponses. Pfiou! Ya de quoi faire. Je me « lance » à peine dans cette voie question infos sur la politique en général donc je ne pourrai pas te formuler un avis de suite pour le manifeste, le temps de tout lire à tête reposée et laisser mûrir. Après, je suis à la rue aussi sur certains aspects de gestions politique dans des tas de domaines, c’est tellement complexe! Ça et tout ce qui touche à l’écologie. D’ailleurs parmi mes lectures, il y a un livre sur la Political ecology 😉 Merci encore!

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      2. Je sais que c’est difficile (et perso j’ai pas réussi à éviter ça), mais je pense qu’il faut aussi sortir de l’idée selon laquelle on devrait avoir une « expertise » pour avoir un avis… bien sûr on a des choses à apprendre, se mettre à militer et se confronter aux réflexions politiques ça demande une sorte de formation. Mais on peut aussi avoir des retours pertinents à faire spontanément, et d’ailleurs l’objectif devrait être l’accessibilité de ces textes et que les discussions aient lieu, pas seulement au sein des milieux militants ! Cela dit, c’est bien de prendre son temps aussi et de digérer ces info, je fonctionne comme ça aussi 🙂 je pense que l’essentiel, c’est de commencer à agir dans tous les cas, et de se former parallèlement. A bientôt !

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  8. Article très intéressant.

    Pour ma part, comme j’habite pour le moment en Amérique Latine, je n’ai pas eu l’occasion de m’engager dans des assos, qui sont encore assez peu développées là où j’étais. Quand je reviendrai en Europe par contre, j’espère pouvoir le faire.

    J’aimerais rajouter un commentaire, parce que depuis mon « exil latino », j’ai eu le temps d’observer l’évolution de la conscience écologique en France. Et même si les gens se rendent de plus en plus compte des enjeux environnementaux, j’ai aussi l’impression que les Français sont très divisés. Autour de moi, j’ai vraiment des extrêmes, avec d’un côté « france insoumise » et de l’autre droite dure (pour résumer très brièvement).

    Or, ces deux groupes ne se rencontrent jamais, au contraire j’ai l’impression qu’ils s’éloignent de plus en plus. Donc je me méfie un peu de la politique parce que j’ai l’impression que c’est davantage un facteur de division que de cohésion. Je me sens plus attirée par les initiatives locales, que je vois comme plus inclusives.

    En tout cas merci pour ces pistes bien utiles quand, comme moi, on ne sait pas vraiment quelle direction prendre. Je vais continuer de parcourir ton blog, qui m’a l’air rempli de choses intéressantes !

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    1. Ah aussi, j’ai oublié quelque chose. Si j’ai développé une conscience écologique, c’est essentiellement grâce à mon frère qui fait partie de DGR France (Deep Green Resistance). Il s’agit d’une communauté écologiste radicale. Je ne partage pas tous leurs avis, mais tu devrais y jeter un coup d’oeil, ils ont notamment des ressources intéressantes sur leur site https://www.partage-le.com/

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      1. On m’a justement invitée récemment à un groupe FB de discussion là dessus ! Je trouve le phénomène intéressant aussi, mais je ne partage pas non plus tous leurs avis et certaines positions des militants me mettent très mal à l’aise voire m’indignent (j’ai déjà croisé des propos transphobes…). Je ne sais pas si tu connais mais ce blog devrait t’intéresser, l’autrice bosse aussi aux Editions libres et ils publient les bouquins de DGR : http://www.bibliolingus.fr/

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    2. Je pense que la FI c’est loin d’être le plus « extrême » à gauche, mais je vois ce que tu veux dire. Ceci dit, est-ce qu’éviter le conflit permet vraiment de le résoudre ? Ce n’est pas le fait de s’intéresser aux enjeux politiques ou de militer qui crée ces divisions, c’est la société elle-même qui est divisée ! Donc je pense que ça se joue dans l’autre sens, c’est en prenant conscience des phénomènes de domination, des inégalités etc, qu’on se mobilise (ou pour défendre ses intérêts, personnellement ou collectivement). Les initiatives locales ne sont pas toujours plus inclusives, ou alors c’est qu’elles portent sur des enjeux très consensuels. Mais ce sont des trucs à cogiter sur le long terme, je te dis ça de manière super assurée aujourd’hui, mais autant te dire qu’il y a quelques années j’aurais été bien en peine de donner un avis. Il faut prendre le temps de se construire son opinion sur ces questions 🙂 Merci à toi d’avoir contribué à la discussion !

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