Pour une médecine indépendante, bienveillante, et fondée sur des preuves.

Il y a quelques jours est parue une tribune, signée par des médecins, réclamant que les pouvoirs publics et l’Ordre des médecins interviennent pour mettre fin à la promotion par les médecins eux-même de thérapies invalidées scientifiquement.  Face à ce manifeste qui réclame clairement l’interdiction de certaines pratiques assimilées à des « fake médecines », on a vu poindre de nombreuses et vives réactions indignées, parfois même violentes verbalement. Et pour cause, l’homéopathie par exemple est particulièrement répandue en France et prescrite par de nombreux médecins. C’est l‘occasion pour moi d’expliciter ma position sur le sujet (un article garanti sans aucun scoop, si vous traînez par ici depuis un moment). Je ne suis pas médecin, je n’exerce aucune profession médicale, je n’ai pas fait d’études en lien avec cette pratique (je n’ai même pas fait S au lycée). La posture que j’exprime ici est fondée à la fois sur ma mise en pratique des outils de l’esprit critique, et sur une position politique. Je peux la résumer de la façon suivante : je soutiens sincèrement le message fondamental des signataires et leur lutte pour une médecine fondée sur les preuves scientifiques, je me sens solidaire de la démarche. Il y manque toutefois pour moi des aspects clés du débat qui, je pense, renforceraient le propos. Si les auteurs.trices ont leurs propres raisons de ne pas les aborder dans une tribune qui s’adresse moins aux patients eux-mêmes qu’au monde médical et aux décideurs, nous nous devons de le faire ailleurs.


Vous avez peut-être eu le temps de lire cette tribune dans les jours précédents, ou vous venez de l’ouvrir à la lecture de mon introduction… Vous pourrez alors constater la chose suivante : il s’agit d’une tribune volontairement clivante et qui ne mâche pas ses mots, puisque son intention est de faire réagir le monde médical sur des évolutions préoccupantes et pas nécessairement de faire preuve de pédagogie envers les patients qui apprécient les thérapies dénoncées (il y a d’autres espaces pour cela). Il est de ce fait difficile de la mobiliser dans une discussion avec des tenants de ces thérapie, sans prendre le risque de tendre rapidement la discussion.  Si je peux comprendre humainement que certains se soient sentis froissés à la lecture de termes comme « charlatans », je considère cependant que le texte n’est pas insultant en lui-même, au contraire de nombreuses réponses… Surtout, le site internet offre de nombreuses explications et des sources solides. D’un point de vue scientifique et éthique, la tribune est légitime, et comme les auteurs.trices le soulignent, cohérente avec le code de déontologie de la médecine. Pour la suite de cet article, je vais m’appuyer sur un extrait des requêtes formulées par cette tribune, requêtes adressées à l’Ordre des médecins et aux pouvoirs publics :

« Exiger de l’ensemble des soignants qu’ils respectent la déontologie de leur profession, en refusant de donner des traitements inutiles ou inefficaces, en proposant des soins en accord avec les recommandations des sociétés savantes et les données les plus récentes de la science, en faisant preuve de pédagogie et d’honnêteté envers leurs patients et en proposant une écoute bienveillante. »

Cette revendication, à laquelle j’adhère évidemment sans réserve, m’intéresse particulièrement. Elle contient en effet des éléments que la tribune n’explicite pas ou peu. Je ne ferai pas le procès de la tribune ici, comme je le mentionnais plus haut je pense en effet que les auteurs.trices avaient de bonnes raisons de ne pas vouloir traiter davantage de ces aspects : ne pas se disperser, avoir des requêtes claires et précises vis-à-vis des autorités, centrer le propos sur la question de la médecine fondée sur les preuves. On l’a dit, le texte vise à faire bouger les lignes au sein du monde médical sur la question des pratiques non éprouvées scientifiquement, pas à engager une discussion sympathique avec des utilisateurs.trices de thérapies dites alternatives. C’est en revanche l’objectif de ce blog que d’engager des discussions à petite échelle sur ces questions. C’est pourquoi j’avais envie de creuser un peu la question des « traitements inefficaces » d’une part, et celle de la « pédagogie, de l’honnêteté et de l’écoute bienveillante » d’autre part. En trame de fond, ma position est la suivante : si on veut s’attaquer sérieusement à la question des thérapies « alternatives » non fondées scientifiquement et combattre leur influence dans le monde médical, il nous faut nécessairement nous pencher sur les questions de l’indépendance médicale et de la relation de soin.

Parmi les traitements inefficaces ou déconseillés par les recommandations les plus récentes, on ne trouve pas seulement des traitements « alternatifs »

Un exemple concret en est la liste de médicaments à écarter publiée annuellement dans la revue indépendante Prescrire… liste qui contient des médicaments bien connus comme le Voltarène ou le Rhinofluimicil, mais aussi des traitements prescrits dans le cadre de thérapies anticancéreuses, par exemple. Je vous laisse découvrir ça. Selon les cas, ces médicaments sont soit inefficaces au vu des données scientifiques les plus récentes, soit présentent une balance bénéfices/risques défavorables. Or nombre de médecins en prescrivent encore spontanément. C’est ainsi que cette semaine, amenée à consulter un médecin pour une rhino-pharyngite carabinée qui a conduit à un arrêt de travail, je suis repartie avec un traitement de cheval sans avoir percuté à temps pour refuser le fameux Rhinofluimicil à la pharmacie… Bon il y avait aussi bien trop de médocs par rapport à ce que nécessitait l’état d’un patient déjà en voie d’amélioration il me semble, mais c’est une autre question : j’ai la chance de pouvoir me reposer plutôt que de me bourrer de médicaments pour reprendre le boulot au plus vite. En tout cas, si j’essaie une seconde de me mettre à la place d’un patient lambda, qui a peu le loisir de s’informer sur ces questions, voilà l’impression générale fréquente : une prise en charge ultra-rapide même si le ou la médecin reste généralement souriante et sympathique, une compréhension souvent très floue de ce qu’on a (est-ce un virus, autre chose?), une forte médication dont on ne comprend pas toujours tout non plus, et qui s’avère parfois injustifiée du point de vue scientifique… Rajoutons à ça les accessoires de bureaux aux couleurs de labos pharmaceutiques dans beaucoup de cabinets, la vague connaissance de l’existence de « visiteurs médicaux », et les ingrédients sont réunis pour une défiance envers l’institution médicale qui n’est pas à imputer entièrement à des manoeuvres de la part des promoteurs de thérapies « alternatives ». Ce n’est pas forcément la faute des médecins eux-même, il n’empêche, sans réponses proposées à ces questionnements, le tapis rouge est déroulé à nombre de pratiques douteuses. Et pointer l’incohérence scientifique de celles-ci voire leurs dangers risque de ne pas suffire, même si c’est nécessaire.

L’indépendance médicale est une condition pour une pratique éthique et rigoureuse sur le plan scientifique.

Dans un livret réalisé en 2015 par des étudiants en médecine sur la base de celui édité par l’OMS, on peut lire en introduction la phrase suivante : « les conflits d’intérêts constituent un risque sanitaire, ils ne relèvent pas que d’une question morale ». Je trouve le propos particulièrement percutant (il est évidemment étayé par la suite du texte). Le livret commence par synthétiser les moyens d’influence de l’industrie pharmaceutique les plus communs  : divers cadeaux, repas ou voyages,  campagnes de communication ciblées, influence de « leaders d’opinion » rémunérés par l’industrie… Est-ce que cela a quelque chose à voir avec le Rhinofluimicil qui me reste sur les bras ? Tout de même, oui. Même si le choix des médicaments prescrits n’est (heureusement) pas toujours le fruit d’influences directes, d’autres biais entrent en jeu : on va suivre les recommandations d’experts qui ne sont souvent pas tout à fait indépendants, ou ceux de collègues qui sont moins regardants que nous, prescrire celui qu’on a reçu gratuitement comme échantillon et qu’on a bien en tête… ou encore plus simplement, le médicament le plus connu, celui qui nous vient à l’esprit comme une évidence. Tellement évident que le lien entre la pathologie et lui devient automatique, et qu’on ne va pas retourner vérifier tous les ans où en est l’état des connaissances sur le sujet. Il faut dire que la pratique de la médecine est fatiguante et chronophage, et les médecins n’ont pas systématiquement le temps nécessaire à ces vérifications. C’est ce que souligne le livret, mais on peut noter cependant que des revues comme Prescrire et des associations comme le Formindep mâchent une partie du travail pour ceux qui veulent bien consulter ces ressources. Se rajoute à tout ça l’inertie de l’habitude.

Alors bien sûr, il y a une grande différence entre cette situation et ce qui est pointé dans la tribune : une thérapie comme l’homéopathie est purement et simplement invalidée en dehors de son effet placebo, tandis que la prescription de médicaments moins efficaces que d’autres ou présentant trop d’effets secondaires n’invalide pas pour autant les méthodes scientifiques qui permettent de mettre les médicaments au point. Toutefois, dans les deux cas, des données scientifiques sont ignorées, avec des risques pour les patients.

Le choix de l’indépendance n’est pas sans coûts pour les médecins : des consultations plus longues pour expliquer la légèreté de la prescription ou le choix d’un médicament ancien, des revenus moindres. C’est pourtant fondamental, et le site FakeMed souligne d’ailleurs dans une réponse de la FAQ relative à l’encadrement par les médecins des thérapies alternatives qu’ « un médecin doit également pouvoir dire que certains problèmes ne nécessitent pas de traitement. ». Soit j’ai eu vraiment peu de chance jusque là (possible !), soit on en est encore loin… Plus embêtant encore peut-être, j’ai déjà entendu ou lu des médecins expliquer que leurs consultations étaient peut-être expéditives mais qu’au moins elles étaient fondées sur des preuves scientifiques et que c’est ce qui importait le plus. Voire même assimiler le besoin d’écoute et de compréhension des maux à des formes de caprices de la part des patients, et de surenchérir : ils ne sont peut-être pas contents, mais au moins ils sont soignés… Honnêtement, j’ose espérer que cela constitue une minorité de médecins : que la profession ne permette pas actuellement de faire mieux que cela, c’est possible et je le comprends, qu’il faille s’en contenter, je ne le pense pas. Je suis profondément convaincue que la qualité de la relation de soin et le temps qui y est accordé représente une large partie du problème, notamment parce que nous avons de bonnes raisons de penser que c’est une motivation importante pour se tourner vers des thérapies alternatives.

Quid de la pédagogie, de l’honnêteté et de l’écoute bienveillante ?

Je passerai plus rapidement sur ces aspects qui ont déjà été en partie abordés à travers les paragraphes précédents. La question de l’honnêteté est multiple : elle peut concerner l’efficacité réelle d’un traitement, mais la transparence sur les liens d’intérêt des médecins n’en fait-elle pas partie, elle aussi ? À ce titre, une pratique honnête et transparente de la médecine doit pouvoir impliquer une capacité de la part du médecin à justifier la démarche qui préside à ses choix (à défaut de les expliquer tous chaque fois ce qui n’est pas toujours possible !) : voilà pourquoi je vous prescrit ce médicament-là, en revanche pas celui-ci car bien que son nom soit familier, ses risques secondaires sont trop importants. Et pas non plus de l’homéopathie, car vous vous en tirerez aussi bien en laissant le temps faire son œuvre et en vous reposant. Honnêteté et pédagogie sont nécessairement liées : si on commence à expliquer à un patient pourquoi on ne lui prescrit pas la même chose que d’autres, on s’expose à des questions devant l’éventuel désarroi de la personne. Réexpliquer toujours les mêmes choses n’est pas toujours drôle, tout le monde n’est pas un pédagogue dans l’âme. Mais à l’heure où les institutions médicales perdent la confiance des patients, il n’y a pas d’autre choix que de donner des gages d’honnêteté et cela nécessite parfois un peu plus de temps. Quant à la bienveillance, le mot est galvaudé et peut rapidement agacer des praticiens qui n’ont pas le sentiment d’être les bourreaux de leurs patients ! Et pourtant, il y en aurait des choses à dire sur la nécessité d’une écoute bienveillante qui ne s’en tienne pas à des voeux pieux… Sans revenir dessus en détails, nous avons eu assez de témoignages de maltraitances médicales pour qu’il apparaisse clairement que bien des choses doivent bouger dans le milieu médical (pensons aux jugements cassants que reçoivent souvent les femmes chez les gynécologues, ou encore à la grossophobie ambiante).  Comment s’étonner du succès de thérapies certes complètement invalidées du point de vue scientifique, mais qui proposent aux patients des consultations personnalisées, réalisées par des thérapeutes attentifs, patients, doux, dans des salles accueillantes, et qui durent parfois une demi-heure, parfois une heure, parfois plus ?


Conclusion : que faire de notre côté ?

S’adresser aux pouvoirs publics et à l’Ordre des médecins comme le fait la tribune contre les « FakeMed » a le mérite de frapper un grand coup médiatique. Il serait en effet souhaitable que ces autorités cessent de fermer les yeux sur certaines pratiques, d’autant que cette indulgence légitime aux yeux de nombre de personnes l’utilisation des thérapies concernées (l’homéopathie en premier lieu, mais pas seuement). Cependant, du côté des patients, toutes les critiques vis-à-vis du monde médical ne sont pas des fantasmes : l’influence des industries pharmaceutique est réelle et les blagues récurrentes des sceptiques sur « BigPharma » ne vont pas résoudre le problème. De même, la question de la relation de soin est fondamentale.  Ces inquiétudes, ces critiques doivent être entendues d’urgence : c’est la seule solution pour court-circuiter l’influence de pratiques pseudo-scientifiques qui jouent sur ce rejet. Aborder ces problématiques de front est pour moi la seule option politiquement cohérente et efficace sur le long terme. Mais alors, que faire ?

  •  S’informer sur les outils qui permettent d’évaluer l’efficacité des thérapies qu’on nous propose. Certains aspects sont délicats à appréhender comme la question de la définition de l’effet placebo.
  • Questionner ses médecins si on en a le courage : sur les traitements qu’ils nous prescrivent par exemple, sur leur avis concernant les « visiteurs médicaux », sur leur opinion concernant l’homéopathie, etc.
  • Chercher un médecin près de chez soi qui soit adhérent du Formindep (on peut les trouver sur leur site et d’après les infos récentes que j’ai pu avoir, la recherche devrait être facilitée à l’avenir)
  • Enfin, et ce n’est pas le moindre de ces aspects, être solidaire des luttes des personnels médicaux pour obtenir des moyens permettant de travailler dans des conditions acceptables. Si les professionnels libéraux peuvent parfois être confrontés à des difficultés dans leur pratique (avec des journées de travail très importantes), la pratique en milieu hospitalier devient un calvaire… et le nombre de dépression et de suicides est inquiétant. La défense d’une médecine de qualité, basée sur les preuves et bienveillante, est largement mise à mal lorsque les services publics de santé subissent des attaques de cette ampleur.

Je ne résiste pas à l’envie de clore cet article en vous proposant la lecture de ce pdf sur la question de la médecine et de ses alternatives. La dernière page propose quelques pistes d’actions en tant que patients… Et Richard Monvoisin de conclure : « Je hasarde donc un vœu : qu’on prenne l’efficacité de la médecine scientifique, et la douceur de la prise en charge des techniques douces, et qu’on créé une troisième voie, efficace et douce, mais aussi vraiment alternative : celle du combat pour des services publics de santé efficaces, égalitaires, mutualistes, patients, et délivrant une information fiable, contrôlable et indépendante des industries. »


Vous êtes médecin, vous voulez réagir ? Les positions exprimées sur certaines thérapies vous étonnent  ? 

L’espace des commentaires est là pour ça.

 

38 réflexions sur “Pour une médecine indépendante, bienveillante, et fondée sur des preuves.

  1. C’est un article très intéressant, et je te rejoins sur tous les points que tu as cités. Je m’intéresse aussi aux pratiques alternatives (hors homéopathie, qui ne « m’emballe pas »), parce que je trouve qu’il y a un plus grand intérêt dans ces pratiques à trouver la cause, qu’à traiter le symptômes (là où la médecine générale m’agace grandement, peut-être est-ce simplement parce que la majorité des médecins ne fait plus cet effort, ou n’a plus le temps – ce qui n’est pas une excuse, même si c’est compréhensible).

    Je fais partie de ces femmes qui se sont pris des remarques des médecins sur leur poids (alors que je ne suis pas très grosse), pour, au final, trouver que le souci de santé que j’avais ne venait pas de là. J’ai été ballottée des mois à cause d’un souci de santé à l’estomac, uniquement parce que les médecins n’ont pas pris le temps de simplement me demander « comment vous sentez-vous ? »… car mon souci de santé venait de ma grosse dépression, et je ne pensais pas que ça pouvait créer ça dans mon corps.
    Donc oui, je suis pour une médecine plus bienveillante, pour des médecins plus à l’écoute, qui prennent le temps de considérer la personne qu’ils ont en face en PATIENT, et pas comme un ignorant qui ne sait pas détailler ses sensations, face à qui il faut avoir un comportement « supérieur », de dieu tout puissant.

    Par ailleurs, je suis pour que la médecine allopathique et les pratiques alternatives avancent main dans la main, en toute complémentarité. C’est d’ailleurs pour cela que j’apprécie le médecin généraliste sur lequel j’ai eu la chance de tomber : soigner sur une base allopathique, scientifique, sans surmédicamenter, et tout en s’ouvrant aux alternatives pour soulager des maux mineurs, ou des effets secondaires de la médecine allopathique.

    Enfin, j’ajouterai que si les médecins (là encore, je dis « médecins » de manière générale, je sais bien qu’il y a un grand nombre de médecins qui n’entrent pas dans cette généralité) prenaient vraiment le temps pour s’informer dans des domaines qui touchent la santé (l’alimentation, par exemple ! combien de médecins hurleraient « vous allez mouriiiiiir de malnutritioooon » si je leur dis que je suis végane, par exemple ?), ça réglerait pas mal de choses aussi…

    Bon, désolé pour ce commentaire décousu, il sort un peu du fond de mon petit coeur. Mais voilà mon avis sur la question 😉

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    1. Il n’est pas si décousu ! Merci d’avoir pris le temps de venir partager ici ton ressenti. Je pense effectivement que normalement les médecins doivent s’intéresser aux causes, il n’y a aucune raison de ne pas le faire, c’est le principe même de la médecine. Pour moi en fait il ne devrait pas y avoir d’un côté ce qu’on qualifie parfois d’ « allopathie » et de l’autre des « alternatives » : si ce sont des traitements efficaces pour soigner ou soulager un patient, alors ils font partie intégrante de la médecine. Mais c’est vrai qu’à l’heure actuelle beaucoup de pratiques dites alternatives affichent clairement une démarche plus « globale » qui s’intéresse par exemple au mode de vie (comme la naturopathie), et vu le contexte il est logique et compréhensible que cela les rendent populaires.

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  2. Bien d’accord. C’est intéressant vois-tu, car ma mère est anti-vaccins, pro homéopathie et pro psychanalyse, et alors que j’ai pu me défaire des croyances envers l’homéopathie et les vaccins, celle envers la psychanalyse ne part pas… en fait, mon sujet de thèse (si j’arrive jusque là^^) ce serait celui-ci « les concepts psychanalytiques qui empêchent la pensée » et la question de qu’est-ce qui tient sur le plan épistémologique? au début, je pensais que certains concepts avait été repris à la psychiatrie du 19e, ce qui pourrait expliquer certains archaïsmes, mais j’en suis un peu revenu… le problème, c’est surtout que la théorie psychanalytique n’est jamais historicisée, ce qui renforce la vision d’un magma informe sans fil directeur, et le fait que tout serait sorti de la tête de Freud (alors que… des tas de savants sont attentifs à leurs rêves, il reprend l’idée de la circulation du fluide dans l’hypnose et il l’individualise et le renverse pour en faire la libido, qui va du bas vers le haut et non l’inverse:vision évolutionniste darwinienne. Il reprend la bisexualité de Fliess son correspondant aimé, il reprend la pulsion de mort de Stekel, un de ses élèves, il écrit Totem et tabou contre Jung et les archétypes, tout seul il aurait pas pu faire grand chose. Le fantasme de l’auto-engendrement théorique est bien là^^ et souvent on projette sur freud notre propre rupture avec le 19e siècle, comme si le temps s’annulait et qu’il était notre contemporain)

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    1. Je trouve que la psychanalyse est plus difficile à appréhender pour le coup et je me sens moins à l’aise sur le sujet… Il y’a aussi une différence majeure, c’est qu’elle n’a pas toujours de prétention scientifique ou thérapeutique, ça dépend des courants, des personnes… Mais en tant que médecine elle semble quand-meme mise à mal. Merci pour ta contribution en tout cas ! Pas toujours facile de prendre de la distance avec des croyances de longue date

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  3. Moi y a un truc que j’ai remarqué chez les médecins, qui me révolte, c’est qu’ils sont prêts à TOUT pour facturer des actes (des opérations). Ils insistent et manipulent les patients qui sonnés, et manquant de fait de discernement, font une confiance aveugle à leurs médecins. C’est comme ça que ma grand-mère de 84 ans, s’est fait posé un Pace-maker à son insu. 84 ans ???? C’est plus l’heure de poser un Pace-maker ! Et puis, j’ai pleins d’autres cas dans mes proches d’opérations « forcées » ou menaçantes : si vous ne faites pas cette opération, vous allez crever. Et puis avec une seconde opinion, un médecin plus à l’écoute de son fameux serment d’Hypocrite ira contredire son confrère.

    Bref, ton article fût très intéressant en tout cas !

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    1. Oui la maltraitance médicale est autant une réalité que l’existence de médecins qui se battent contre ça (dont le célèbre Martin Winckler vers qui j’ai mis un lien à un moment)… Deux visages de la médecine, espérons qu’on oublie l’un d’eux au bout d’un moment. Merci de m’avoir lue 🙂

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    2. Je ne sais pas si c’est très répandu ou pas mais c’est allé assez loin pour une copine à moi : détection de cellules cancéreuses sur le col de l’utérus (ou dedans). C’est allé au-delà de la biopsie pour au final révéler…un faux positif. 6 mois plus tard, ça a été mon tour…pour au final être aussi un faux positif. C’était dans le sud-est : je me suis demandé, vraiment, si c’était les cellules du col de l’utérus ou si c’était les (nombreux) médecins qui se pressent sur la Côte-d’Azur qui exagéraient…

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      1. Pour les dépistages c’est vraiment compliqué, il y a des erreurs statistiques que les médecins ne maitrisent pas forcément, et rien que le choix de faire ou non une biopsie, ou de proposer ou non un dépistage devient vite un casse-tête… (d’ailleurs les campagnes qui incitent au dépistage systématique à partir d’un certain âge font débat)

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  4. en effet, même indépendamment des courants doctrinaux, très peu de psychanalystes soutiendraient que la psychanalyse est une science… sur la « fureur de guérir » (il me semble que l’expression est de freud, à vérifier) c’est marrant, parce que la personne parmi les psychanalystes élèves de freud qui y était le plus attaché, Sandor Ferenczi, est également l’élève de freud qui, de mon point de vue, a produit les élaborations les plus riches et pertinentes: on lui envoyait toutes les personnes considérés comme « non analysables » ou « difficiles » de fait, la notion de redoublement du trauma (enfant abusé non cru par les adultes) celle de la sidération psychique lors d’un viol, du clivage corps/esprit qui se poursuit après une agression, de l’enfant devenant psychiatre de ses parents (ou de son agresseur) viennent de Ferenczi. Mais la totémisation des têtes de gondole (freud, lacan) empêche de s’intéresser à tous les autres moins connus…
    Sinon, mon détachement de la croyance à l’homéopathie a été très simple: quelques vidéos de débunkage, un article, et hop! je devais pas être très attaché à cette idée finalement 🙂

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    1. Pareil pour moi, c’est quelque chose que j’ai déconstruit assez vite mais ce n’était pas une croyance très engageante pour moi

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    2. Comme je te disais, je connais très mal ces aspects de la psychanalyse donc je préfère ne pas me prononcer là dessus précisément, mais je crois que la question de fond est de savoir si c’est une approche reproductible et dont on peut tester les prétentions (il ne devrait pas y avoir plus de difficulté à le faire que pour n’importe quelle théorie). Je ne sais pas si ça a été fait pour celles que tu évoques, j’ai tout au plus quelques notions sur le freudisme mais c’est tout

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  5. Désolée si mon commentaire est en double ou triple mais j’ai un bug sur mon ordinateur et c’est très frustrant d’écrire un commentaire sans savoir s’il a été publié ou non eheh

    Ton article et ton point de vue étaient vraiment très intéressants et je te rejoins complètement sur les points que tu as énoncés.
    Dans la médecine alternative sont concernées également de nombreuses pratiques telles que la sophrologie, ou l’hypnose. Ces pratiques agissent par le biais de la psychologie (notamment de l’inconscient) . Et en matière de psychologie, psychiatrie, cognition et cerveau humain en général, on est loin d’en connaître assez. Difficile de juger ce qui est efficace ou non lorsqu’on manque encore de données sur notre propre corps.

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    1. Je ne le vois qu’une fois donc ça doit être bon ! L’hypnose est un cas un peu à part, même si c’est une thérapie qui fait l’objet de pas mal de fantasmes, il y a des pratiques rarionnelles, scientifiques de l’hypnothérapie. Par exemple Jérémy Royaux qui animé le podcast Scepticisme scientifique, est hypnothérapeute et essaie d’ailleurs de déconstruire les idées reçues sur le sujet. Et sinon, je ne crois pas que le fait que des therapies aient des aspects psychologiques nous empêche de les évaluer… Justement les psycho thérapies sont évaluées elles aussi. Même si certains mécanismes ne sont pas entièrement compris, on peut quand-même avoir une idée du fait que ça change ou non l’état de patients 🙂

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  6. Coucou 🙂 Ton article est passionnant et très bien écrit. Tu as lu mon article sur mon blog donc tu connais mon « affection » pour ces médecines parallèles. Ce qui me gène dans cette tribune c’est la demande d’interdiction. Ne pourrait-on pas laisser les gens décider en connaissance de cause ? Bien sûr on pourra me répondre que tout le monde n’est pas au même niveau d’information. Soit. Dans ce cas il faut une fois de plus éduquer. Rappeler que la médecine traditionnelle reste impérative et prioritaire.

    D’ailleurs plutôt que médecine alternative je parlerais plutôt de médecine « complémentaire ». Dans mon cas par exemple, je ne suis pas parvenue à tomber enceinte après presque 1 an d’essai. Tous les bilans médicaux sont bons rien à signaler. Il faut juste laisser le temps au temps. Quel mal cela peut-il me faire que de faire de l’acupuncture ou bien de prendre de l’homéopathie. Même si cela n’est peut être que du placebo j’ai l’impression de faire quelque chose, d’être active dans cette démarche et de ne pas juste m’en remettre au destin. Psychologiquement cela m’aide.

    Je pense que chacun à un regard différent sur ces médecines parallèles. Bien évidement leur efficacité n’a pour certaines jamais été prouvée scientifiquement mais je ne suis pas sûre que les interdire n’apportera que du bon.

    En revanche quand j’entends certaines personnes substituer les vaccins par de l’homéopathie ou soigner des maladies graves par de l’acupuncture là non ! Comme toujours il suffit peut être d’éduquer un peu plus les mentalités.

    Au plaisir de te lire. A bientôt 🙂

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    1. Merci pour ta réponse ! Je pense qu’il faut bien définir ce qu’on pense avoir compris par « interdiction »… Si j’ai bien compris, il s’agit de rendre impossible pour les médecins diplômés d’exercer ces thérapies au titre de leur activité de médecin. En revanche, ça ne signifierait pas forcément une interdiction complète de la commercialisation des produits par exemple, mais les médecins ne pourraient pas participer à leurs promotions, et bien sûr cela ne serait plus remboursé comme c’est parfois le cas. Je pense que cette position est justifiée du point de vue des signataires par le fait que sinon, on laisse passer l’idée que cette thérapie est ok et scientifiquement pertinente « puisque mon médecin me la prescrit ». Le problème est le même avec les pharmaciens d’ailleurs, mais ils n’ont pas encore signé de tribunes (il faut dire que c’est un marché assez juteux pour eux, les produits homéopathiques, Fleurs de Bach etc^^) ! Après s’il s’agissait d’une interdiction complète, je ne la soutiendrais pas non plus car je pense effectivement que ça ne règlerait pas les soucis de fond, tout en braquant encore davantage ceux qui utilisent ces thérapies ou les exercent. Si on ne s’intéresse pas aux causes profondes, c’est parfois pire que tout (c’est un peu l’idée de mon article d’ailleurs, de suggérer qu’il faut aller vers les racines de la situation, se questionner sur les causes).

      Je pense aussi, par ailleurs, que l’effet placebo est quelque chose dont on peut bénéficier, et je comprends tout à fait ce que tu dis quand tu parles du sentiment d’être actif, de prendre soin de soi etc. Ce n’est pas forcément un problème ! Ce qui l’est, c’est de faire croire que c’est autre chose, ou que l’efficacité est due à des prétentions scientifiques alors que ce n’est pas le cas. Finalement, c’est une question de transparence en fait. A partir du moment où on a ces infos, ensuite, on peut jouer avec ces effets et en bénéficier (je ne sais pas si tu as lu le pdf que je mets en conclusion, mais ce point est abordé… et j’en ai aussi parlé dans la rubrique Esprit critique du blog, avec un article sur l’effet placebo).

      Encore une fois merci de m’avoir lue, et j’espère qu’on aura de nouveau l’occasion d’échanger ! A bientôt

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  7. Article hyper intéressant, encore une fois et je te rejoins sur pas mal de points.
    Il devient complètement évident que la bienveillance devrait être au centre de toutes les prises en charge médicales (des expériences où on m’a jugée, dévalorisée et ignorée, j’en ai à la pelle…).
    Je suis personnellement, en tant que grande cagneuse du dos et angoissée de nature, confrontée aux deux types de médecines dans mon quotidien.
    Ce qui me dérange énormément dans cette tribune, c’est ce qui me semble être une certaine arrogance de la part des signataires. Ils voient la médecine comme un joyeux monde manichéen, fait de noir et de blanc, alors que la réalité est, à mon humble avis, plutôt grise.
    Je n’ai pas spécialement de problème avec les médecins « traditionnels », j’en ai rencontré beaucoup qui étaient à l’écoute et de bon conseil. Je sais qu’ils font un métier difficile, qu’ils sont confrontés à des chieurs toute la journée et qu’ils ont des horaires impossibles. J’ai aussi parfaitement compris que la situation n’était plus tenable dans les hôpitaux, que beaucoup craquent et se tuent (dans tous les sens du terme, malheureusement) à essayer de nous soigner correctement.
    Mais j’en ai aussi rencontré d’autres, qui refusent de reconnaître qu’ils sont partiaux dans leurs prescriptions – souvent beaucoup trop abondantes, qui se « prennent pour Dieu le père » et prétende parfois savoir mieux que toi ce qui se passe dans ton corps, sans prendre une seconde pour t’écouter…Concernant mes problèmes de dos, j’ai entendu ABSOLUMENT TOUT ET N’IMPORTE QUOI de la part de différents médecins traitants, ce qui m’a donné la large impression que personne ne maîtrise grand chose, finalement. Le seul qui me soulage vraiment est mon ostéopathe, lui même kinésithérapeute. Il s’intéresse en profondeur aux causes de mon mal, thérapie pourtant balayée d’un revers de main par mon généraliste qui m’a dit texto « de toute façon, rien de tout ce qu’il vous fait n’est prouvé scientifiquement ».
    Pour la psychothérapie, je trouve que le raccourci est vraiment gros, quand on sait toutes les écoles que cela regroupe. Peut-être que certains courants sont discutables, mais certainement pas tous.
    Pour ce qui est du Reiki et de la sophrologie, j’ai longtemps été suivie par une praticienne maître Reiki qui m’a pratiquement sauvé la vie, qui m’a ouvert les yeux sur mon droit au bonheur et a considérablement atténué mes crises d’angoisse (alors que j’avais fini par m’abrutir de cachets). Idem pour ma psy actuelle, également sophrologue qui m’a sortie d’une spirale infernale de culpabilisation et a été pour beaucoup dans ma « renaissance » de l’année dernière.
    Je pratique la méditation plusieurs fois par semaine et je réalise avec stupeur que c’est considéré comme une médecine non-conventionnelle et donc potentiellement couvert par la tribune. C’est personnellement d’une très grande aide pour gérer les accès de colère qui peuvent m’atteindre quand je me sens vulnérable.
    Je crois qu’il n’y a pas forcément de réponse scientifique à tout et j’adore l’idée que dans un avenir plus ou moins proches, les médecines conventionnelles et alternatives pourront marcher main dans la main, sans se tirer systématiquement dans les pattes, avec l’écoute et l’empathie au centre de toute démarche.
    Je n’ai cependant jamais eu l’impression de me « soigner » en faisant appel à une médecine alternative, c’est plus pour moi une manière de panser mes plaies mentales, qui parfois vont jusqu’à me faire du mal physiquement.
    La publication de cette tribune est une bonne chose au sens où certaines personnes sont persuadées que les médecines alternatives peuvent remplacer les médecines conventionnelles. C’est, à mon avis, une erreur totale de croire ça. Il doit y avoir une place pour les deux, toutes proportions gardées.
    *Mais qu’on l’arrête bon sang* 😛
    Bref, je stoppe là, je pourrais blablater des heures !!!
    Encore merci pour ton article
    Très belle journée

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    1. Tu mets le doigt sur un truc intéressant je trouve, c’est que le flou de la définition des médecine « alternatives » pose souci… Si on ne sait pas exactement ce qui est ciblé, à part l’homéopathie qui revient souvent, ça n’aide pas à y voir clair. De ce que j’ai compris, cela cible vraiment les théories pseudo scientifiques qui font appel à des concepts particuliers et prétendent pouvoir expliquer leur efficacité avec des mécanismes précis qui sont invalidés par les études scientifiques : ça recouvre donc l’homéopathie ou les fleurs de Bach, probablement une partie de l’ostéopathie, une partie aussi des thérapies dites énergétiques… Mais pas forcément l’hypnothérapie par exemple, et pas forcément la méditation qui ne représente pas une théorie à elle seule (c’est plutôt un outil, une pratique). Je trouve aussi vraiment intéressant ce que tu soulignes par rapport au fait que tu différencies ton mieux être lié à ce type de thérapies d’un soin médical. C’est sûrement ce que la tribune veut pointer de manière plus abrupte, le fait qu’on ne doit pas faire croire que c’est équivalent

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      1. On est bien d’accord, ce n’est pas équivalent tout simplement parce que ce n’est pas la même chose. Je comprends parfaitement les médecins fatigués de se heurter à toujours plus de méfiance et à voir les gens brandir des médecines alternatives comme des solutions miracles à tout…Il est vrai que beaucoup de gens ne font pas la distinction entre les deux et mettent tout sur un pied d’égalité. Je crois que c’est une erreur. Après, aux individus de se forger leurs propres croyances (on ne peut pas convaincre tout le monde) et aux médecins d’essayer faire de la pédagogie sans « froisser » systématiquement leur interlocuteur.rice. Bref, ya du boulot 😉

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      2. Toute la difficulté est ensuite dans le fait de forger ces avis avec les outils adéquats. Les institutions ont aussi un rôle à jouer là dedans, quand un médecin généraliste prescrit de l’homéopathie comme n’importe quoi d’autre et qu’à la pharmacie c’est aussi présenté sur le même plan que le reste, ce n’est ni honnête ni transparent. On devrait être clair sur le fait que rien dans les données scientifiques existantes ne laisse penser que ces granules (qui coûtent super cher au kilo…) ont une efficacité autre que celle de n’importe quel placebo. Et là pour le coup on est loin du compte. Comme tu dis, y’a du boulot 🙂

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  8. Coucou 🙂

    Tu avais raison en postant sous mon article sur l’homéopathie, nos points de vue se rejoignent !
    Il y a vraiment un point hyper intéressant je trouve, c’est le fait d’avoir l’impression d’être pris en charge. Et oui, ce sont les médecins traditionnels qui ont amené cet engouement envers l’homéopathie à mon sens. Lorsqu’on ressort frustré d’un RDV, avec l’impression que nos maux sont pris à la légère, clairement on a envie de tester autre chose. Et le point positif des homéopathes et cie, c’est vraiment le temps accordé aux patients. ça joue énormément !

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  9. Ton article est très intéressant et je te rejoins sur de nombreux points. En revanche de mon côté, je ne vais pratiquement jamais chez mon médecin. (En dehors de certificat médical pour les compétitions) car bizarrement je n’ai pas confiance. Pour moi tout ce qui les intéresse c’est d’enchaîner leurs patients afin de faire du chiffre et de vendre des medoc recommandés par des industries qui leurs promettent de jolie primes (ou cadeaux). J’espère cependant qu’ils ne sont pas tous comme ça mais ayant plutôt une bonne santé je me contente de ça et jusque ici ça me va 😊

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    1. Oh oui bien sûr qu’il y a des médecins qui ne fonctionnent pas comme ça, c’est un des points que je n’ai peut-être pas souligné dans l’article, mais justement sur le site du Formindep par exemple tu peux trouver les noms des médecins près de chez toi qui refusent tout lien avec les industries par exemple 🙂 Et sur les réseaux sociaux, de nombreux médecins parlent de leur métier, et c’est souvent très touchant. Par contre, en effet je suis rarement malade moi aussi, et je ne vais chez le médecin qu’en cas de réelle nécessité 🙂

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  10. Ce qui me parait finalement le plus intéressant, c’est l´inquiétude que génèrent ces thérapies alternatives chez une partie du monde médical. J’ai, pour ma part, vécu de très mauvaises expériences avec des médecins qui croyaient un peu trop à la toute-puissance de leur pratique. Je ne m’en suis pas pour autant coupée de la médecine allopathique mais j’ai appris à ne pas déifier le « sachant ». J’ai aussi depuis toujours eu recours aux thérapies alternatives tout en sachant exercer un esprit critique me permettant de me protéger d’éventuels abus. Comme pour les médecins. Je suis toujours très gênée quand on considère que la science est un filtre nécessaire et suffisant pour valider ou disqualifier toute chose. Est-il si difficile d’admettre qu’il existe des choses que nous (même les scientifiques, et oui!) ne comprenons pas ? Est-il aussi impossible d’admettre que chacun est libre de ses choix, aussi étranges puissent-ils paraître? Je n’ai pas de chiffres mais, pour avoir travaillé en soins palliatifs, je n’ai pas l’impression que tant de gens basculent totalement vers les médecines naturelles en cas d’affections graves. A moins de ne plus avoir d’autre recours. Elles sont très souvent utilisées à titre complémentaire. La sacro-sainte protection du patient contre lui-même serait alors un argument marginal et les véritables motivations des médecins réfractaires pourraient être toutes autres. Aurais-tu lu des études à ce sujet?

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    1. Merci pour ton commentaire, je reçois beaucoup de témoignages assez similaires sur des vécus difficiles avec des médecins, c’est aussi pour cela que je tenais à écrire cet article, pour clarifier ma position sur ces aspects étant donné que je parle régulièrement d’esprit critique, et donc que je suis assez largement dans une démarche de diffusion de la méthode scientifique (même si ça ne se réduit pas à ça). Je vais essayer de rebondir sans trop m’étaler (^^) aux différents points que tu soulèves.

      « Je suis toujours très gênée quand on considère que la science est un filtre nécessaire et suffisant pour valider ou disqualifier toute chose. Est-il si difficile d’admettre qu’il existe des choses que nous (même les scientifiques, et oui!) ne comprenons pas ? » Si je comprends bien, et dis moi si je me trompe du coup, il y a deux aspects dans ton interrogation : tu considères que la validation scientifique n’est pas le seul critère pour évaluer une thérapie d’une part, et d’autre part tu soulèves l’idée que le fait qu’on ne comprenne pas certains phénomènes ne doit pas suffire non plus à les délégitimer. Je vais résumer rapidement mon avis sur ces aspects : d’après les infos dont on dispose aujourd’hui, en réalité, ces thérapies alternatives sont largement expliquées scientifiquement, et aucun mécanisme ne relève vraiment d’un mystère que la méthode scientifique n’aurait pas résolu. Soit on a pu identifier des mécanismes précis qui soulèvent des pistes thérapeutiques plus ambitieuses, ou qu’on pourrait mieux utiliser (par exemple l’hypnothérapie), soit on a conclu que ce n’était rien d’autre qu’une somme d’effets contextuels, ce qu’on appelle généralement l’effet placebo. Bien sûr ça ne signifie pas que la science sache tout sur toi, loin de là, d’autant plus qu’elle choisit ses sujets et que de larges domaines sont insuffisamment explorés ! Mais pour les thérapies concernées par cette « affaire Fakemed » ce n’est pas le cas, c’est exploré depuis longtemps. Donc d’une certaine manière, elles ont déjà fait l’objet d’une validation scientifique, mais ça ne valide pas leurs théories, seulement leur capacité à produire efficacement ces effets contextuels… Mais ça pose alors d’autres questions : est-ce qu’il ne faudrait pas alors en informer le patient, pour qu’il sache que les bénéfices qu’il est susceptible d’en tirer n’ont rien à voir avec les théories échafaudées ? Faut-il rembourser des soins qui reposent sur un effet placebo ? Il faut en minimum en discuter sérieusement… A titre personnel, c’est vraiment la transparence qui me préoccupe, la possibilité pour le patient de comprendre comment sont évaluées les thérapies, et à quoi correspondent celles qu’on lui proposent. Après, il faut affiner au cas par cas selon les thérapies en question.

      Ensuite, c’est vrai, chacun est libre de ses choix. Mais alors on doit fournir le maximum d’efforts pour que ces choix se fassent en connaissance de cause, ce qui n’est absolument pas le cas si un pharmacien vend (cher vu les produits) homéopathie, fleurs de bach ou autre en assurant l’acheteur de leur efficacité, un business lucratif qui n’est pas vraiment le socle d’un choix éclairé… Et reconnaître que chacun peut faire ses choix thérapeutiques indépendamment de la validation ou non de leur efficacité, c’est une chose, mais ça n’implique pas forcément qu’on doive mettre ces thérapies sur le même plan, les rembourser, et les intégrer aux programmes médicaux des hopitaux.

      Sinon, pour finir, je suis d’accord sur le fait que la plupart des gens utilisent de telles thérapies en complément et que les cas de grandes dérives sont heureusement rares. Néanmoins, ils existent quand-même, et il y a tous les ans des cas graves de bébés malades soignés uniquement par homéopathie qui arrivent aux urgences, ou des personnes atteintes de cancer qui refusent tout soin alors que leurs chances de guérir étaient élevées, par exemple.

      « La sacro-sainte protection du patient contre lui-même serait alors un argument marginal et les véritables motivations des médecins réfractaires pourraient être toutes autres. Aurais-tu lu des études à ce sujet? » Je ne suis pas sûre de comprendre exactement ce que tu veux dire, tu chercherais des études sur quoi exactement ?

      Merci encore de venir donner ton avis et d’alimenter la discussion !

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  11. Il était temps que je lise cet article ! Très très intéressant. ce que tu dis est d’une justesse (tout à fait juste) !

    « un médecin doit également pouvoir dire que certains problèmes ne nécessitent pas de traitement. » Comme je suis d’accord, combien de petites maladies n’ont absolument pas besoin d’un médoc chimique pour partir à la même vitesse que si nous en avions pris un, voire toute une boite en quelques jours…
    Tu dois connaitre un peu mieux mon avis maintenant étant donné que je suis une futur naturopathe (youhou), mais je suis d’accord avec toi quant à l’homéopathie. Je ne m’avance pas dessus car je ne l’ai personnellement jamais testé. J’ai cependant entendu de très bons retours dessus de certaines de mes amies qui ont des allergies ou autres désagréments. Mais, même à l’école de naturo, certains se demandaient si cela marchait réellement ou si ce n’était tout simplement pas que l’effet placebo.

    Deuxième point qui est très intéressant que tu abordes, c’est la question de prendre beaucoup plus de temps avec les clients. J’ai été vraiment dégoûtée par beaucoup de médecins, de la façon dont ils recevaient, dont c’était expeditif et sans aucune explication. Ou alors les explications étaient dans leur jargon, c’est à dire à l’époque, incompressibles pour moi..

    Quant aux médecines alternatives, que dire 🙂 Pas plus tard qu’hier j’ai testé pour la première fois le magnétisme avec un magnétiseur (logique) car mon coeur me faisait mal depuis plusieurs mois et plusieurs tests de cardio n’avaient rien trouvé. Et pour l’instant, je n’ai plus aucune douleur, je respire même beaucoup mieux (on pourra en discuter en message privé si tu veux, c’était intéressant !)
    Je me suis énormement soignée avec des soins énergetiques et médecines naturelles ces dernières années (j’ai dû aller une fois en trois ans chez le médecin pour finalement ne pas prendre le médicaments qu’il m’avait prescrit pour un simple rhume… )
    J’aborde ce sujet car j’entends beaucoup « scientifiquement », et je pense que tout est scientifique jusqu’à un certain point mais que encore aujourd’hui il y a certaines choses que nous ne pouvons pas complètement expliquer et pourtant il y a des résultats très encourageants !

    Je rêve que le monde de demain travaille en harmonie entre médecine moderne (surtout du côté des opérations, c’est impressionnant), et médecine naturelle afin de ne pas tout tourner autour du chimique, qui souvent, (pas toujours), nous fait plus de mal que de bien alors qu’on aurait pu trouver une alternative entièrement naturelle et sans effets secondaires.

    Des bisous ! Et merci de partager ces belles pensées (importantes !)

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    1. Chouette que tu sois passée pour en discuter ! Tu peux regarder la (très longue, hum) réponse que j’ai faite à Lili, le commentaire juste au dessus… Car elle soulevait des points assez similaires, surtout sur l’aspect « il y a des choses qu’on ne peut pas complètement expliquer », que je nuance justement (la plupart des thérapies qu’on évoque ici sont largement expliquées, ce qui ne doit pas empêcher d’explorer et de vérifier ce qui ne l’a pas été : l’hypnothérapie par exemple est souvent décrédibilisée, mais Jérémy Royaux, qui est un grand militant sceptique, est hypnothérapeute et défend une pratique rationnelle… donc ce n’est clairement pas sur le même plan que l’homéopathie par exemple). Je crois que ce qui ressort de tous nos échanges, c’est qu’en tout cas on est d’accord sur le fait qu’on doit aller vers des réformes assez profondes des institutions médicales… le tout médicamenteux et les ordonnances « automatiques », c’est un problème. Et là on retombe sur des questions politiques, toujours : pour envisager de tels changements, il faut un rapport de force, il faut se mobiliser, etc. Surtout dans un contexte où les moyens sont de plus en plus réduits en milieu médical, et où le personnel craque, forcément

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  12. Pas plus tard que cette semaine, j’ai soigné mon rhume à coup d’huiles essentielles, inhalations, infusions avec du miel, soupe au légume…le naturel j’y crois mais sans convictions affirmées non plus. J’ai été agréablement surprise de la vitesse à laquelle tout cela m’a soulagée…comparé aux médocs chimiques. Je n’avais pas le temps de trouver un médecin (je venais d’aménager dans une nouvelle ville et ma mère me conseillait vivement d’aller chez le médecin). Donc, oui, je suis d’accord, ce serait bien qu’il y des réformes permettant d’éviter les abus des deux côtés (conventionnel et « alternatif »). Rien à voir mais ça me fait penser à un escroc en revanche, qui fait des vidéos Youtube (Jérémy Casanova ?). Il préconise une alimentation crue et que des aliments alcalins…en soit l’idée n’est pas bête, mais que du cru…o_O…tout cela pour vendre des extracteurs de jus à 300 euros l’appareil XD

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    1. Il faut dire que pour les rhumes et autres mots bénins, comme tu le soulignes, il s’agit juste de soulager… Pas toujours besoin d’ibuprofene et de paracetamol (d’autant qu’on consulte souvent au pic du rhume, donc ça va s’arranger rapidement après !). A partir de là, chacun a ses petits trucs pour se soulager et prendre soin de soi, à commencer par le fait de se reposer et de prendre du temps pour soi… Finalement l’arrêt de travail est probablement l’ordonnance la plus utile dans ces cas là, mais on a tellement intégré la « valeur travail » bien souvent qu’on stresse rien qu’à l’idée de rater une journée pour se reposer, et c’est mal vu. Pour la personne dont tu parles, je pense que tu fait référence à Thierry Casanovas du mouvement Regenere ! Il est beaucoup critiqué depuis quelques années après une période de forte popularité, je suis assez soulagée d’ailleurs de voir que ça a fini par mettre la puce à l’oreille à beaucoup de monde

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  13. Bonjour

    Je suis d’accord avec vous que le texte n’est pas insultant mais il est, de mon point de vue, particulièrement agressif et arrogant.

    Vous écrivez : « il s’agit d’une tribune volontairement clivante et qui ne mâche pas ses mots, puisque son intention est de faire réagir le monde médical sur des évolutions préoccupantes ».
    La question que je me pose et qu’un confrère ami m’a aussi évoqué, est de savoir si aujourd’hui pour se faire entendre il faut être violent ?
    Cela sous entend qu’aucune critique, qu’aucune argumentation ne sera prise en compte si elle est courtoise et respectueuse de son interlocuteur.
    Il semble bien, qu’en effet, seule la violence permet de se faire entendre et aussi d’espérer modifier les décisions de ceux qui sont au pouvoir.
    Pour prendre un exemple du domaine de la santé, aucune action, aucune lettre ouverte, n’a fait bouger « d’un iota » la décision de rendre obligatoire 11 vaccins en France et cela malgré les interrogations que cela peut susciter.

    Même en médecine, cette tribune montre que seule la violence peut faire bouger les choses. Je le déplore car pour moi, l’exercice de la médecine et du soin ne peut être qu’empathique.
    Mais il semble que le milieu médical est globalement maltraitant et donc qu’il soit violent n’est que l’expression de ce qu’il est réellement même si nous connaissons tous des médecins bienveillants.

    « D’un point de vue scientifique et éthique, la tribune est légitime, et comme les auteurs.trices le soulignent, cohérente avec le code de déontologie de la médecine. »
    Expliquer que l’homéopathie n’a pas de preuves aujourd’hui de son efficacité, est en effet factuel.
    Mais cette tribune est-elle pour autant légitime ?
    Est-elle également éthique et déontologique ?
    A la lumière de la plainte des homéopathes contres les signataires de cette tribune et au motif de violation de la déontologie, il semble que cette déontologie médicale soit interprétée de façon très différente par les signataires de cette tribune et les médecins homéopathes.
    Ces événements montrent qu’il y a, pour le moins, un problème avec le code de déontologie médicale et pour aller plus loin avec une institution comme le Conseil de l’Ordre des médecins. Pour ma part, du fait des incohérences de cette institution ( n’avons nous pas appris qu’elle avait protégé pendant de nombreuses années des médecins violeurs qui se trouvent aujourd’hui derrière les barreaux ?) je « milite » pour sa suppression comme François MITTERRAND l’avait proposé dans ses propositions de 1981. Mais il semble que sur ce point je sois minoritaire.
    Pourtant cette histoire d’homéopathie mais aussi d’autres médecines « alternatives » pointe du doigt l’institution ordinale.
    Pour terminer sur ce sujet, appeler au respect de la déontologie médicale, c’est aussi ne pas demander « Ne plus autoriser à faire état de leur titre les médecins ou professionnels de santé qui continuent à les promouvoir. ». S’appuyer sur un article du code de déontologie en ignorant un autre c’est faire preuve de ce que l’on nomme un biais de confirmation, voire de sélection, ce qui est problématique pour des médecins qui se veulent « scientifiques ».

    « En trame de fond, ma position est la suivante : si on veut s’attaquer sérieusement à la question des thérapies « alternatives » non fondées scientifiquement et combattre leur influence dans le monde médical, il nous faut nécessairement nous pencher sur les questions de l’indépendance médicale et de la relation de soin. »
    Je suis à 100 % d’accord avec vous.
    C’est d’ailleurs un des reproches majeurs que je fais à cette tribune et à ses signataires : est-ce que la prescription homéopathique est le sujet le « plus grave » qui touche notre médecine aujourd’hui ?
    La réponse est évidemment non.
    Mais quand je soumets les signataires à cette question, la réponse est invariablement la suivante : il fallait bien commencer par un sujet et ils ont choisi les médecines alternatives et l’homéopathie, expliquant qu’ensuite ils s’attaqueront aux autres « problématiques ». J’ai du mal à croire cette réponse.

    Dans le paragraphe que vous concluez ainsi « il n’empêche, sans réponses proposées à ces questionnements, le tapis rouge est déroulé à nombre de pratiques douteuses. Et pointer l’incohérence scientifique de celles-ci voire leurs dangers risque de ne pas suffire, même si c’est nécessaire. »
    Sur ce point je suis d’accord avec vous.
    Vous abordez par ailleurs dans ce paragraphe, un des fonds du problème de cette tribune : laisser penser que les médecins qui s’opposent à l’homéopathie et aux médecines alternatives, soignent de façon rigoureusement « scientifiques ».
    Aujourd’hui, la médecine moderne est une médecine de « l’action ». Il faut « faire ».
    Je vais même aller plus loin, ne pas faire est souvent considérer comme une faute.
    Or aujourd’hui, comme vous le signalez, nombre de médicaments prescrits quotidiennement posent problèmes. Et je ne parle pas des médicaments pour les maladies chroniques et cancéreuses qui eux aussi interrogent mais c’est un autre débat.
    Le médecin tire sa légitimité de médecin en prescrivant, du moins c’est le cas du médecin français qui dans 91 % des cas prescrit des médicaments à la fin de sa consultation alors que le médecin hollandais ne le fait que dans 67 % des cas.
    Notre formation est quasiment exclusivement orientée vers la prescription médicamenteuse, au point que nombre de médecins considèrent qu’ils n’ont pas fait un acte médical s’ils n’ont pas prescrit.
    C’est aussi le cas de la très grande majorité des patients qui s’indignent si vous ne prescrivez rien, même en expliquant que votre pathologie est virale et qu’elle guérira donc seule. Mais il existe nombre de médicaments symptomatiques ( qui n’ont aucun influence sur la guérison) que vous citez d’ailleurs dans votre article et que la revue Prescrire pointe du doigt.
    Pour votre information, un nombre très important de médecins considèrent que suivre les recommandations de la revue Prescrire, c’est être un « Ayatollah » de la médecine !!!
    Donc un médecin pour justifier de sa « toute puissance » médicale, est tenu de prescrire un médicament, sous entendu un médicament qui a fait la preuve de son efficacité.
    Mais combien de médicaments allopathiques ont vraiment la preuve d’une réelle efficacité qui va au-delà du risque ? C’est encore un autre débat qu’occulte cette tribune en se focalisant sur l’homéopathie.

    Vous abordez ensuite, le problème de l’indépendance des médecins.
    Ce problème est capital.
    Hélas, cela ne concerne pas un minorité de médecins mais au contraire une très large majorité.
    Elle est d’autant plus large que nombre de médecins nient l’influence dont ils font l’objet.
    Il est caractéristique d’entendre des propos offusqué des médecins quand on aborde avec eux le sujet.
    Dans les médias, il est symptomatique de voir des professeurs agrégés de médecine se défendre violemment d’être influencé par les laboratoires pharmaceutiques alors qu’ils le sont quasiment tous.
    A propos de cette tribune, un petit nombre de ses promoteurs a eu les « honneurs » des médias.
    Avez vous noté quelque part, leurs déclarations de liens d’intérêts ?
    Moi je ne l’ai vu nulle part.
    Or la loi leur en fait obligation quand ils s’expriment dans les médias, même si sur le sujet les médias ne leur demandent que rarement.
    Donc appeler au respect de l’éthique et de la déontologie alors que l’on ne respecte pas la loi sur les liens d’intérêt, cela me pose problème.

    « Mais à l’heure où les institutions médicales perdent la confiance des patients, il n’y a pas d’autre choix que de donner des gages d’honnêteté et cela nécessite parfois un peu plus de temps. Quant à la bienveillance, le mot est galvaudé et peut rapidement agacer des praticiens qui n’ont pas le sentiment d’être les bourreaux de leurs patients ! « 
    Dans votre dernier paragraphe vous abordez bien ce que la médecine devrait être : pédagogique, bienveillante, attentive, respectueuse.
    Or force est de constater, que même s’il existe des médecins qui le sont, nombres d’entre eux ne le sont pas.
    Je peux vous dire que j’hallucine quand je lis les tweets de la majorité de mes confrères ( dont beaucoup sont des signataires de cette tribune) : mépris, arrogance, paternalisme, moquerie des patients, violence etc.
    Exerçant la profession de médecin, je sais par le témoignage de mes patients que ces comportements sont loin d’être l’exception et d’ailleurs la presse s’en est fait l’écho.
    Mais comment cela se peut-il ? Alors que c’est antinomique du soin.
    Il y aurait un long débat à faire sur le sujet mais je vous livre certaines pistes :
    La sélection en médecine qui fait plus la part belles aux « bachoteurs » qu’aux « empathiques »
    La formation médicale à l’hôpital où l’on nous explique qu’il faut être « insensible » si l’on veut pouvoir faire ce métier.
    L’apprentissage de la toute puissance médicale où le médicament est roi et peut tout.
    L’on nous apprend que nous sommes, nous médecins les « seigneurs » de l’exercice du soin.
    Par ailleurs, on ne nous apprend pas à écouter le patient mais au contraire à lui imposer notre vision du monde. Qui plus est le patient est « infantilisé » car nous médecin savons alors que les autres ne savent rien.
    Les médecins qui passent 5 minutes par patients, voyant des dizaines et des dizaines chaque jours, gagnent beaucoup d’argent et donc dans une société qui valorise l’argent et la possession, ces médecins possèdent la reconnaissance sociétale.
    Faire une médecine « humaine » c’est voir peu de patients et leur donner du temps, à 25 euros le prix de la consultation « contrainte », c’est faire des médecins bienveillants, pédagogiques, attentifs, respectueux, des médecins « pauvres » et méprisés par la société.

    Je ne crois donc pas que s’adresser aux pouvoirs publics et à l’Ordre soit la solution.
    On ne doit pas attendre la solution des problèmes auprès de ceux qui ont eux-même créés les problèmes.
    Je crois que les choses ne pourront changer que dans un grand mouvement de patients, une révolution.
    Mais je pense que tout cela est utopique et que tout cela va continuer.
    Enfin, si cette tribune pose une bonne question : quid des médecines alternatives, je ne peux pas m’empêcher de me poser la question « à qui profite un tel mouvement » ?
    Mais là aussi, poser cette question pourtant importante, c’est s’attirer les foudres des signataires et de leurs soutiens.

    Pour terminer, cette tribune est comme vous l’écrivez « clivante » et donc « exclue » ceux qui ne sont pas d’accord avec eux donc les pratiques alternatives.
    Or c’est de la complémentarité que l’on a besoin dans le soin et non de l’exclusion, et cela d’autant plus que personne ne détient la vérité.
    Or ces signataires, par cette tribune, « militent » pour être les seuls médecins « autorisés » à pratiquer la médecine qui est la leur, à l’exclusion de toutes autres.
    C’est pour moi inacceptable, raison de mon opposition à cette tribune.

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    1. Bonjour,

      Je voudrais tout d’abord vous remercier infiniment pour le temps que vous avez pris afin de rédiger ce commentaire. Sa lecture m’a énormément intéressée, et si cela vous convient, j’aimerais partager le texte sur ma page facebook : ce n’est pas si souvent qu’on a l’occasion d’avoir des échanges qui sortent d’une binarité conflictuelle et vont un peu plus loin qu’une logique de pour/contre concernant l’homéopathie et autres thérapies dites alternatives. Je dois dire que cela fait du bien ! Par ailleurs, étant tout à fait extérieure au monde médical bien que je m’y intéresse à titre personnel, il est particulièrement important pour moi d’avoir accès à ce type de point de vue, directement issu de la pratique médicale.

      Concernant la violence de la tribune, je suis bien en peine de prendre position de manière très claire, car j’imagine que notre perception de ce qui est violent ou non peut changer. Je reconnais que le ton n’était pas tendre, et je pense effectivement qu’il aurait été possible de formuler des critiques autrement, mais je pense que la volonté était de polémiquer et d’obtenir une couverture médiatique. Vous en pointez quelques conséquences négatives, si je devais en trouver une plus positive, c’est que j’ai observé beaucoup d’échanges sur le sujet, et que cela a soulevé chez certains des questions qu’ils ne se posaient pas. Cela étant, ces bénéfices auraient peut être pu être obtenus avec un autre format (difficile à dire maintenant).

      Je me pose quelques questions à la suite de votre texte :

      – En premier lieu, ne pourrait-on pas imaginer en lieu et place de l’Ordre des médecins un autre type d’institution, plus démocratique peut-être, qui pourrait éditer des rapports, mener des enquêtes auprès des médecins, faire le bilan des pratiques, donner des recommandations et statuer sur des questions de déontologie ? Ou pensez vous que ce rôle serait finalement redondant avec d’autres institutions déjà existantes ?

      Un second point : je comprends vos objections vis à vis du fait de demander l’exclusion de médecins de manière aussi frontale, on peut estimer que ce n’est pas la bonne manière de faire même si on reconnaît la pertinence des données scientifiques mobilisées (un peu comme pour la question de l’obligation vaccinale, défendre le principe vaccinal ne conduit pas automatiquement à défendre la loi). Mais j’ai quelques réserves concernant la formulation du besoin de « complémentarité » (« Or c’est de la complémentarité que l’on a besoin dans le soin et non de l’exclusion, et cela d’autant plus que personne ne détient la vérité. »). Une complémentarité entre quoi et quoi du coup ? Entre médecine « scientifique » et homéopathie (etc), probablement pas il me semble, je suis convaincue qu’il n’y a rien dans ces thérapies qui ne puisse être obtenu par des processus davantage fondée sur la littérature scientifique. Cela pose nécessairement la question, et de l’accompagnement des patients (puisque c’est cela, beaucoup, qu’on vient chercher auprès d’un homéopathe), et de la mobilisation des effets contextuels ou placebo dans la cadre thérapeutique (ce qui pose aussi la question de la relation au patient dans ces cas là, qui est compliquée par l’attente de se voir prescrire quelque chose comme vous le souligniez). C’est vrai, personne ne détient la vérité sur la façon dont devrait se faire la médecine clinique, je suis d’accord avec le fait qu’il est problématique de séparer les médecins en deux groupes, surtout en sachant que l’homéopathie est loin d’être le seul souci déontologique à régler ! Maintenant la question que je me pose, c’est comment faire pour ne pas sombrer pour autant dans une sorte de relativisme assez fréquent, qui consisterait à évaluer l’intérêt d’une pratique en fonction de la sincérité du médecin, de sa gentillesse… Même si personne ne détient la vérité, la balance penche quand-même parfois assez clairement d’un côté, donc je me demande vraiment : comment faire en sorte que ce qui est transmis dans les cursus de médecine, que ce qui est appliqué ensuite par les médecins, colle le plus possible aux connaissances scientifiques ? Je n’ai pas la réponse mais ça vaut le coup de se la poser je pense.

      Merci encore et très bonne journée à vous

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  14. Bonsoir

    J’apprécie tout autant que vous, la possibilité d’échanger et cela de façon « normale ».
    Il est tout aussi important pour un médecin d’avoir le « ressenti » de patient(e)s car vous avez une vision « de l’autre coté de la barrière » et cela est à mon sens particulièrement précieux.
    Nos échanges par l’intermédiaire de votre blog, sont publics et donc vous pouvez les citer comme bon vous semble. Le fait que malgré tout vous preniez la peine de le demander est pour moi de la politesse, voire de la courtoisie, ce qui est le plus étranger à notre société actuelle.
    Soyez en remerciée.

    Je ne sais pas si le ton de la tribune a permis de poser des questions qui ne se posaient pas jusqu’à présent.
    Ce qui est sûr, c’est que nous avons chacun notre façon d’appréhender les propos et écrits des autres et ce n’est pas parce que cette façon est différente, qu’elle est invalide.
    Mais le problème aujourd’hui est souvent que si l’autre pense différemment de soi, nous le percevons comme « fautif » alors qu’il n’est que « autre ». Mais la normalisation de notre société admet difficilement et peut-être de plus en plus, un pensée « autre ».

    Pour répondre à votre questionnement sur le Conseil de l’Ordre, il est clair que ceux qui n’en sont pas soumis, peuvent difficilement imaginer ce qu’il représente.
    Pour un médecin, le Conseil de l’Ordre est un outil de soumission .
    Le médecin n’est pas libre, comme tout citoyen, du fait de sa fonction de médecin.
    Vous avez peut-être en mémoire la menace sur les médecins qui s’opposent à l’obligation vaccinale, proférée par le président du CNOM, le Dr BOUET.
    Cette menace n’est pas anecdotique mais représentative de l’épée de Damocles que fait peser sur chaque médecin le conseil de l’ordre.
    Celui-ci est capable de vous interdire d’exercer, pour des motifs qu’il est seul juge et souvent dans la partialité la plus complète.
    Ainsi récemment, un médecin a été condamné à ne pas exercer et cela pendant 2 mois car il avait une liaison avec une patiente. Cela est venu aux « oreilles » du conseil de l’ordre car sa femme et un de ses « confrères » l’on dénoncé aux instances ordinales pour des motifs de vengeance personnelle. Cette liaison était parfaitement ignorée de son entourage professionnel ( ses patients) et strictement dans le cadre privé sauf qu’il a eu le tord de voir sa maîtresse dans son bureau de médecin. Il a été condamné pour des raisons morales de « respectabilité » de la fonction médicale. Il n’a pas fait appel de cette condamnation pour tourner la page.
    Et que penser du fait que le Dr CAHUZAC puisse continuer à exercer après sa condamnation? ( http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2018/08/05/97001-20180805FILWWW00015-un-medecin-veut-empecher-cahuzac-d-exercer.php)
    La partialité du conseil de l’ordre est connu de chaque médecin et il sait qu’il peut être condamné sous des prétextes « fallacieux ». Pourquoi croyez vous que nombres de médecins s’expriment sur les réseaux sociaux sous pseudonymes ? Moi même je ne m’exprimerais pas aussi franchement sans cela. Je sais déjà combien il est « dangereux » pour son exercice professionnel d’exprimer certaines critiques purement médicales.
    Cela étant dit, je ne vois pas l’intérêt d’une « justice d’exception » pour les médecins.
    Nos lois sont suffisamment larges pour ne pas en rajouter.
    Donc, pour moi la suppression du conseil de l’ordre sans son remplacement par aucune autre structure permettrait plus de liberté sans risque par ailleurs.

    Votre question sur la complémentarité est intéressante.
    Tout d’abord j’ai un désaccord avec vous sur les connaissances scientifiques en médecine.
    En fait, vous semblez croire que nos connaissances sont importantes là où moi j’ai le sentiment qu’elles sont minimales et surtout surévaluées.
    Notre ignorance est grande en ce qui concerne le fonctionnement du corps humain et l’intervention de la médecine.
    Il est clair que remplacer un cœur, un rein ou un foie est extraordinaire.
    Mais c’est l’arbre qui cache la foret.
    En nous ignorons la plupart des raisons qui font que nous sommes malades.
    Ainsi par exemple nous ignorons les causes physiologiques du diabète et son mécanisme d’action : quels sont les phénomènes qui interviennent dans notre corps pour que certains n’arrivent plus à gérer le sucre ingéré.
    En fait tous les traitements actuels n’agissent que sur les conséquences de la maladie diabétique : l’augmentation du sucre dans le sang. Aucune thérapeutique ne s’attache à la cause, car justement nous l’ignorons encore aujourd’hui.
    Partant de cette constatation, et de votre commentaire, qu’est ce que l’on met sous le terme « médecine » ?
    Si l’on met sous ce vocable, la prise en charge et le traitement des maladies chroniques et graves, il est clair que l’homéopathie n’est pas de la médecine.
    L’homéopathie pratiquée aujourd’hui ne s’attaque qu’aux maladies bénignes qui guériraient seules mais aussi souvent aux allergies et leurs conséquences ( le fameux terrain) et certaines maladies chroniques. Elle a donc un champ réduit.
    Elle est donc à la frontière avec la « vraie » médecine.
    C’est d’ailleurs ce que dénonce cette tribune : faire la part entre les médecins qui soignent vraiment et ceux qui ne le font pas.
    Mais la médecine n’est-ce que cela ?
    Pour certains médecins en particulier spécialistes hospitaliers mais aussi bien d’autres en ville, ce n’est que cela : pour faire simple : sauver la vie.
    Mais est-ce que tout un chacun s’adresse à un médecin, aujourd’hui, uniquement quand sa vie est en danger ? Non bien sûr. Alors que vient-il chercher ?
    Du soin, ce que les anglosaxons appellent le « CARE ».
    Et c’est bien là l’ambiguïté quand on parle de médecine ?
    Parle-t-on uniquement de ce qui sauve ?
    Ou le « care » a aussi sa place ?
    Mais dans ce cas, ne mélangeons pas.
    L’homéopathie, les médecine « alternatives » mais aussi l’écoute bienveillante, la psychothérapie, l’hypnose etc, c’est du « care » mais est-ce pour autant exclus du champ de la médecine ?

    Voilà donc pour répondre à vos interrogations et sur ma façon d’envisager le rôle d’un médecin.

    Il existe aussi une problématique qui n’a pas été évoquée mais qui apparaît en filigrane dans toutes ces problématiques : la surmédicalisation de la société et de la vie.
    Sur ce sujet et en lien avec notre discussion, je vous engage à lire le billet d’une patiente qui prend du recul sur le sujet et exprime un point de vue fort pertinent.
    https://martinebronner.wordpress.com/2018/04/01/fake-medecine-et-homeopathie-contre-la-construction-de-lhypocondrie-sociale/

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    1. Je vous en prie, je vais donc partager ça tout à l’heure, je pense que la lecture de l’échange intéressera quelques personnes !
      Merci pour vos précisions quant au fonctionnement du Conseil de l’ordre… Je vais réfléchir à ce sujet, je ne m’étais jamais posée la question en ces termes, et ça soulève des questionnements intéressants pour ma part (peut-être effectivement y’a-t-il assez avec d’une part des juridictions compétentes, et d’autre part des institutions médicales pour les rapports d’ordre scientifique).

      « En fait, vous semblez croire que nos connaissances sont importantes là où moi j’ai le sentiment qu’elles sont minimales et surtout surévaluées. » Effectivement je serais bien en peine de formuler moi-même une évaluation ! Mais peut-être déjà faudrait-il distinguer « connaissances médicales » (les connaissances scientifiques en mouvement et actualisées tous les ans) et « les connaissances des médecins » ? Je pense qu’il y a parfois un net décalage, quand on voit par exemple les conseils de certains gynécologues sur la contraception, le DIU pour les nullipares… très contradictoires avec la littérature scientifique la plus récente (et même moins récente parfois).

      « Qu’est ce que l’on met sous le terme « médecine » ? » C’est effectivement une question éthique et politique de taille ! Et je pense qu’on touche du doigt le sujet de fond oui, qu’est-ce que l’on veut faire rentrer dans le champ de la médecine… et quelles frontières sont identifiables ou non entre champ médical et champ du « soin » plus largement. C’est vrai que pour ma part, j’aurais tendance à plaider pour plus de soin dans le médical, mais cela implique aussi plus de temps, plus de moyens, des formations différentes, bref, définitivement, une question éminemment politique qui ne va pas se résoudre à coup de méta-analyses et autres revues d’études scientifiques:)

      Surtout, et c’est vraiment ce que j’essayais d’exprimer dans ce texte, je suis profondément convaincue que l’on peut mettre le « care » au centre de la médecine sans avoir recours à des théories complexes et invalidées comme celles qui sont revendiquées par les homéopathes. Nombre de psychothérapies n’ont pas besoin d’invoquer de tels échafaudages bancals, l’hypnothérapie le fait de moins en moins (Jérémy Royaux, qui est très actif dans la sphère rationaliste, est hypnothérapeute, aucune incompatibilité donc avec une démarche sceptique par exemple), et beaucoup d’autres approches « douces » et pas purement curatives pourraient et devraient être mises à profit. Mais effectivement, il faudrait déjà qu’elles soient proposées, pour pouvoir défendre l’idée qu’elles présentent les avantages de l’homéopathie (et pas seulement, pensons aux Fleurs de Bach vendues bien plus chères par ex!) sans présenter l’inconvénient de faire la promotion de théories invalides, et reposant même sur des formes de pensée « magique » qui font peu appel à l’autonomie et l’esprit critique des patients (cela dit, la médecine n’y fait pas beaucoup appel non plus et c’est au coeur du problème, on sera d’accord là dessus je pense).

      Merci beaucoup pour le lien, je suis allée lire et mettre un petit commentaire:)

      Je ne sais pas si vous aviez lu le texte que j’ai mis en lien dans l’article, mais j’avoue le poster souvent car j’aime beaucoup sa conclusion : https://cortecs.org/wp-content/uploads/2014/01/CorteX_LaTraverse3_medecines.pdf

      Si vous avez d’autres suggestions de lecture, c’est bien volontiers !

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  15. Bonsoir

    Vous avez raison, il y a un monde entre les connaissances médicales et les connaissances des médecins.
    Tout simplement parce que comme chaque humain, le médecin est guidé par ses croyances.
    Qui plus est, le médecin dans bien des cas, n’a même pas conscience que ce qu’il affirme tient plus de ses propres croyances que de connaissances réellement acquises ou du moins celles qui sont actuelles.
    Les exemples sont multiples.
    Par ailleurs, combien de médecins s’affirment indépendant alors qu’ils sont influencés, ce qui est le lot, là aussi aussi de chaque humain.
    Et fait, je résumerai le comportement médical à un manque cruel d’humilité.

    En effet, qu’est-ce que la médecine, qu’est-ce que le soin?

    Je crois que les médecins gagneraient grandement à s’intéresser à ce que l’on nomme les médecines alternatives et non à les rejeter.
    Les médecins ont une connaissance de la physiologie humaine et des maladies que les autres n’ont pas.
    En s’investissant et en s’appropriant ce que peuvent apporter ces thérapeutiques alternatives, ils permettraient sans doute de réduire le charlatanisme qui existe en dehors de la médecine et des médecins.
    Je pense que nombre de médecins qui pratiquent l’homéopathie en sont venus à cette thérapeutique car ils ne trouvaient pas dans la médecine allopathique de quoi « traiter » nombre de souffrances auxquelles ils devaient avoir à faire face.
    En attaquant si violemment la pratique de l’homéopathie, ces « 124 » et leurs soutiens ignorent totalement cette démarche.
    Exclure n’a jamais fait avancer « la science ». L’histoire nous le montre.
    Ce clivage est donc pour moi un très mauvais coup à l’exercice de la médecine.

    Je pense en effet qu’il ne faut se priver de rien quand on veut soulager la souffrance. Mais cela n’exclut pas l’évaluation et la réflexion sur ce que l’on fait.

    Non je n’ai pas encore lu le texte dont vous faites référence et qui est long. Je l’ai téléchargé et mis de coté pour le lire.

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    1. Je vous rejoins tout à fait sur ces points, la compréhension des motifs qui poussent à se tourner vers les médecines « alternatives », que ce soit en tant que soignant ou en tant que patient, est indispensable. À partir de là, on peut envisager de dire « moi aussi je suis pour une médecine douce, mais j’en propose une approche qui se soumette à l’évaluation scientifique » (arguments à l’appui), plutôt que « je demande à ce que toutes les personnes qui exercent l’homéopathie en tant que médecin ne puissent plus exercer au titre de la médecine »

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